octobre 28, 2020

Mercatoshow.com

Monde des nouvelles complet

5G: un risque sanitaire qui reste à prouver

7

La 5G arrive et les préoccupations croissantes quant à son impact sur la santé. Portées sur la scène politique par les Verts, ces craintes sont pour la plupart infondées. Explications avec deux spécialistes des vagues …

La 5G arrive et c’est effrayant. Considérée comme absurde par beaucoup, cette nouvelle technologie promet des vitesses spectaculaires et des latences minimales. Grâce à l’utilisation de nouvelles ondes, situées à 3,5 et 26 GHz, il pourrait bouleverser le monde des objets connectés avec l’apparition de voitures connectées, de lampadaires connectés, d’abribus connectés … Un monde totalement connecté qui subirait un multiplication des ondes circulant dans l’air. De quoi faire peur. En réponse, l’Agence Nationale des Fréquences (ANFR) a étudié cette fameuse exposition aux vagues et a compilé ses résultats. dans un rapport. Et ils sont clairs. La 5G ne nous exposera pas plus aux ondes hertziennes que la 4G, et les niveaux reçus seront bien en deçà des normes fixées en France. Bref, les experts sont clairs: “Il n’y a pas de quoi s’inquiéter“.

En conclusion de son rapport, l’ANFR s’assure que “l’augmentation de l’exposition due à la seule 5G (3,5 GHz) resterait modérée, du fait des antennes à faisceaux orientables. La contribution moyenne de la 5G (3,5 GHz) est ainsi de 1,36 V / m en extérieur et de 0,76 V / m en intérieur.“. Actuellement, les taux d’exposition moyens en 4G seule sont de 1,1 V / m en extérieur et de 0,6 V / m en extérieur. Valeurs extrêmement éloignées des seuils définis en France, situés entre 31 et 61 V / m, selon les fréquences utilisées , indiquant une absence d’effet biologique ou sanitaire. Il faudrait une exposition 30 à 60 fois plus élevée pour atteindre ces niveaux, et même les points atypiques, moments où l’exposition augmente fortement, restent très loin (de l’ordre de 6 V / m). “Ces résultats ne sont pas surprenants et sont finalement en ligne avec ce que les spécialistes attendaient, il n’y aura pas d’augmentation significative des niveaux d’exposition.», assure Sébastien Point, président de la section rayonnements non ionisants de la Société française de radioprotection.

READ  Apple doit s'inquiéter! Tout le monde va se déchirer!

La 5G moins nocive que la 4G

Il faut également ajouter que la superposition des champs électriques, mesurés en V / m dans l’étude ANFR, n’aggravera pas la situation. “Les champs électriques s’additionnent assez mal, explique Sébastien Point. Ainsi, au centre de 10 sources produisant 1 V / m, le champ résultant ne portera pas l’exposition à 10 V / m mais la placera à 3 V / m“. L’arrivée de nouveaux objets connectés ne devrait donc pas provoquer une explosion d’exposition. D’autant que la 5G se distinguera de la 4G grâce à”faisceaux d’ondes orientables“. Là où une antenne 4G asperge une grande zone dans l’espoir de trouver une réponse, l’antenne 5G cible son interlocuteur et envoie les ondes uniquement dans sa direction. De cette façon, la zone affectée reste minime. Et n’utilisez pas le son. Le smartphone sera assez pour ne pas être ciblé par les antennes.

Allant encore plus loin dans sa réflexion, l’ANFR a simulé une exposition à un réseau “Optimisé 4G, (…) avec conversion de la plupart des émetteurs 2G et 3G vers la technologie 4G et augmentation concomitante de la puissance pour augmenter les débits disponibles“. Dans ces conditions, l’exposition moyenne de la 4G grimpe à 1,8 V / m en extérieur et 1 V / m en intérieur. Des valeurs bien supérieures à la 5G seule.”Le scénario «4G optimisé» met en évidence qu’un éventuel retard de la 5G n’aurait pas pour effet de stabiliser l’exposition du public au niveau actuel, explique le rapport de l’ANFR. Elle s’accompagnerait en effet d’une augmentation significative de l’exposition dans les zones denses, pour permettre au réseau 4G de tenter de supporter une partie de la croissance attendue du trafic.“.

Un seul effet prouvé, l’effet thermique

Pour obtenir ces résultats, les équipes de l’ANFR ont travaillé dans le 14ème arrondissement de Paris avec des simulations réalisées en partenariat avec le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment. “Ces niveaux d’exposition ne sont pas surprenants, car in fine les fréquences à 5G (3,5 GHz), on les connaît bien, assure Yves Le Dréan, enseignant-chercheur à l’Institut de recherche en santé, environnement et travail (IRSET). Ils sont proches de ce que propose le Wi-Fi (positionné à 2,45 GHz et 5 GHz; NDLR) et ont été beaucoup étudiés.“.”Aujourd’hui, il existe une base de connaissances assez large pour dire que les conditions d’exposition aux ondes de téléphonie mobile ne présentent pas de risque pour la santé, poursuit Sébastien Point. Scientifiquement parlant, le seul effet santé prouvé est un effet thermique. Les vagues font tourner ou vibrer les molécules d’eau, ce qui se réchauffe. Mais cet effet n’apparaît que lorsque l’on dépasse largement les limites normatives et, comme le confirment les mesures de l’ANFR, on en est très loin.“. Et même s’il y avait un effet biologique,”Cela ne veut pas dire que cela va se transformer en effet santé, poursuit Yves Le Dréan. Quand nous courons, nous haletons. C’est un effet biologique, mais pas sur la santé, cela ne met pas la santé en danger.

READ  un forfait de 100 Go à seulement 9,99 € / mois

Innocuité totale difficile à prouver

En revanche, les études concernant les ondes millimétriques 5G (26 GHz) sont beaucoup plus rares. Ils peuvent être comptés “presque sur les doigts d’une main“Selon Yves Le Drean. Pour rappel, c’est ce deuxième type de 5G qui promet les vitesses et les latences les plus spectaculaires. Mais cela ne veut pas dire que”que l’on ne sait rien du sujet, poursuit l’enseignant-chercheur. Nous connaissons les ondes proches, à 40 GHz, et leurs effets sont soit nuls, soit très faibles. Par extrapolation, les 26 GHz doivent être très proches dans les conséquences“. Surtout que les ondes millimétriques ont un pouvoir de pénétration extrêmement faible.”La vague ne pénètre pas dans les organes internes et doit être absorbée par la peau“, ajoute Yves Le Drean.”Le moindre obstacle arrêtera l’onde millimétrique, un vêtement mouillé l’arrêtera», Précise Sébastien Point. Globalement, les effets thermiques de la 5G seront encore moins fréquents que ceux de la 4G.

Malgré toutes ces bonnes nouvelles, les experts nous rappellent qu’il ne faut pas revendiquer la victoire trop vite. “Le moratoire appelé à attendre une étude qui démontrerait l’innocuité totale est un piège car comme on ne peut jamais exclure en principe l’existence d’un cas particulier, explique Sébastien Point. La science ne peut démontrer une absence totale d’effet, alors n’attendez pas une grande étude qui exclut définitivement tous les risques possibles. Mais la réalité est que la grande majorité des études indiquent une absence de risque pour la santé.“.”Notre seule question concerne le long terme, précise Yves Le Drean. Malheureusement, à ce sujet, nous n’avons pas encore assez de recul pour avoir des preuves“. En fait, il n’existe actuellement que des études épidémiologiques, permettant de suggérer des corrélations entre des zones très denses dans les télécoms et l’apparition d’un cancer du cerveau. Ce n’est pas pour autant une relation de cause à effet, celles-ci pourraient être causées par des facteurs externes. Enfin , les deux experts s’accordent à dire “pas besoin de s’inquiéter de la 5G“.

READ  Razer dévoile un nouveau PC, une chaise et un étui Blade Stealth

La peur ancestrale de la technologie

Alors d’où viennent toutes ces voix qui contestent les ondes? D’autres études. “Il existe de nombreux articles qui montrent des risques biologiques, mais ils sont souvent contestables, à la fois par leur méthodologie, mais aussi par la faible reproductibilité de leurs résultats.“, maintient Sébastien Point. En 2018, l’étude réalisée par le National Toxicology Program a fait grand bruit, avançant”preuve claire«l’effet cancérigène des ondes télécoms chez les rongeurs. Mais cela s’est finalement révélé controversé en raison des faiblesses des procédures suivies par les auteurs.Anses avait compilé en 2011 toutes les études identifiant les effets nocifs des ondes, et peu d’entre elles avaient été réalisées selon les règles de l’art. “Enfin nous revenons à une peur ancestrale de la technologie», regrette Yves Le Drean.