A partir de 2022, un satellite franco-chinois pour observer la jeunesse de l’univers

, publié le jeudi 24 septembre 2020 à 20h48

La mission d’astronomie sino-française Svom, va scanner le cosmos à partir de 2022 pour débusquer les “sursauts gamma”, énormes rayons d’énergie libérés lors de la mort des étoiles et notamment des étoiles lointaines, permettant ainsi aux astronomes de remonter le temps jusqu’à la jeunesse de l’univers.

“Si nous parvenons à observer une étoile qui est très loin, nous pourrons remonter le temps, au moment de la constitution de l’univers peu après le Big Bang”, a expliqué jeudi Jean-Luc Atteia membre de l’Irap ( Institut de Recherche en Astrophysique et Planétologie) et responsable scientifique de la mission lors d’une conférence de presse au CNES (Centre National d’Etudes Spatiales) à Toulouse.

En juin 2022, une fusée Long March prendra le satellite Svom à 600 km de la base de Xichang dans la région du Sichuan.

Initialement prévu pour 2021, le lancement a eu quelques mois de retard en raison de “problèmes techniques” mais surtout de la pandémie qui a empêché les équipes françaises de se rendre en Chine, détaille François Gonzalez, le responsable du projet Svom.

Cette première mission spatiale entre la Chine et la France a été décidée “en 2006 dans le cadre d’un accord intergouvernemental lors du voyage de Jacques Chirac” en Chine, souligne le chef de projet.

L’objectif principal de la mission Svom (Space Variable Objects Monitor) est l’observation de “sursauts gamma”, de brèves émissions de rayonnement de très haute énergie, des phénomènes très lumineux qui se produisent lors de la mort d’une étoile.

READ  Pourquoi nos héros souffrent (aussi) de troubles psychiatriques

Ce satellite d’une tonne embarquera quatre instruments dont deux conçus par la France, le télescope ECLAIRs qui doit détecter et localiser les sursauts gamma, et le télescope MXT pour l’observation des sursauts gamma.

La mission et le satellite sont sous la responsabilité chinoise tandis que les instruments et les opérations au sol sont partagés entre la Chine et la France.

Le CNES sera maître d’ouvrage de la totalité de la contribution française d’un montant de 110 millions d’euros hors ressources humaines.

François Gonzalez concède que cette coopération «est particulière»: «Nous devons protéger notre savoir-faire et notre technologie», explique-t-il, précisant que les instruments français seront scellés et que les équipes du CNES participeront à leur montage sur le satellite.

«En 2010, le projet Svom a failli mourir», poursuit le chef de projet, expliquant que certains composants technologiques «classés comme sensibles avaient été jugés non exportables par les Américains qui définissent les règles du commerce international».

Ce satellite devrait également permettre de poursuivre les observations sur les ondes gravitationnelles. Ces distorsions de l’espace-temps, prédites en 1915 par Albert Einstein dans sa théorie de la relativité, ont été confirmées cent ans plus tard par l’observation.

Nous serions ravis de connaître votre avis

Laisser un commentaire

Mercatoshow.com