décembre 1, 2020

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A Saint-Etienne (Loire), un hôpital privé au cœur de la deuxième vague du coronavirus

Alors que le département de la Loire continue de battre de tristes records sur le front des coronavirus, l’hôpital privé de Saint-Etienne tente également de faire face à de nombreux déprogrammes et à la multiplication des lits de réanimation. “Ce n’est que le début“confie un cadre de santé.

Depuis le 6 novembre, le département de la Loire répertorie 907 hospitalisations en cours en raison de Covid-19 (+5 en 24 heures), dont 95 en soins intensifs. Après l’hospitalisation, 1 830 patients sont rentrés chez eux. À la même date, 477 personnes sont décédées à l’hôpital depuis le début de l’épidémie. Le taux d’incidence continue d’augmenter, avec 1 128 cas pour 100 000 habitants, ainsi que le taux d’occupation des lits de soins intensifs avec le chiffre record de 134% (ce taux correspond au nombre de lits de réanimation occupés par des patients atteints de Covid-19 sur la capacité de réanimation initiale).

A l’hôpital privé de Saint-Etienne, un début de débordement

Tant que nous avons une avance dans les lits nous sommes sereins“: face à une deuxième vague épidémique qui frappe durement la métropole Saint-Étienne, Hôpital privé de la Loire a quadruplé sa capacité en soins intensifs et augmente le nombre de transferts de patients Covid vers d’autres régions, en attendant un pic annoncé à la mi-novembre.

Dans les salles dédiées aux soins intensifs, le souffle des appareils d’oxygénation pulmonaire, moins invasif pour les patients que l’intubation, rythme la matinée avec un tempo trompeusement calme.

Alors que Véronique Angénieux, responsable de l’unité de soins, met en garde contre les croisements intergénérationnels pour éviter la contamination des personnes à risque, un homme de 34 ans entre en réanimation. Masque à oxygène sur le nez, il est entouré d’une nuée d’infirmières en blouse bleue qui lui parlent sans cesse alors que son lit à roulettes est poussé vers ce qui deviendra sa chambre. L’homme sourit douloureusement mais son visage fatigué reflète la saturation dont il souffre. “Il est jeune, il doit passer le bonnet“, glisse le professionnel.

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Ce n’est que le début

Depuis deux semaines, le taux d’incidence approche les 2 000 cas pour 100 000 habitants dans l’agglomération de Saint-Étienne, selon les données fournies par Santé publique France, le chiffre le plus élevé du pays. Au HPL (Hôpital Privé de la Loire), principale structure d’accueil des patients les plus sérieux après le CHU de Saint-Étienne, la vague monte inexorablement. L’établissement, qui a été relativement épargné au printemps avec 26 décès dus au Covid-19, en a déjà enregistré une trentaine depuis un mois. “Et ce n’est que le début“, prévient un cadre.

Pour gérer le flux de patients Covid, le nombre de lits de réanimation est passé de 8 à 35, dont 22 dédiés aux patients Covid. Les transferts ont eu lieu depuis la mi-octobre, d’abord vers les villes d’Auvergne-Rhône-Alpes moins touchées comme Clermont-Ferrand, puis mercredi vers les régions de l’Arc Atlantique. “Le but n’est pas de se retrouver dans une situation où l’on doit choisir de prendre tel ou tel patient, dans une période de tension maximale. Il faut donc faire de la place“, analyse Benoît Crémilleux, anesthésiste en réanimation au HPL.”Même si nous avons préparé“sur ce retour du virus,” sans les transferts de patients, nous aurions explosé en vol “, a déclaré Jean-Baptiste Séblain directeur général adjoint de l’établissement.

Nous voilà

Côté équipe, une vingtaine de soignants bénévoles sont arrivés ces derniers jours en provenance d’établissements du groupe Ramsay Santé situés dans des zones plus épargnées par la deuxième vague, comme Bourg-de-Péage (Drôme) ou Bayonne (Pyrénées-Atlantiques). Dès l’été, un tutorat entre infirmières a également été mis en place au HPL afin de former aux gestes pratiqués en réanimation pour les professionnels travaillant habituellement en salle d’opération ou en ambulatoire. L’improvisation due à la surprise de la première vague a fait place à une préparation méthodique face à un ennemi identifié.

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Un réanimateur décrit la résurgence de l’épidémie dans la Loire comme “une marée montante“perçu vers la mi-août, annonçant”une houle de sol propulsée début octobre“. Lorsque cela est”il fallait rassembler tout le monde et se dire que c’est tout, nous y sommes»Précise Mme Angénieux, saluant la disponibilité des soignants. Le cadre de santé encadre près de 150 infirmiers et soignants affectés principalement aux patients Covid, un chiffre qui a triplé en quelques semaines. Des praticiens des spécialités déprogrammées au sein de l’établissement sont également venus soutenir le médecins.

Myriam Mehenni, une infirmière de 23 ans qui a connu la première vague, sait ce que signifie le retour du virus: “il va falloir le prendre sur soi, être confronté à des patients isolés“. Les visites interdites pendant plusieurs semaines dans les unités Covid impliquent”devoir réconforter des familles, qui au téléphone sont parfois anxieuses ou en larmes parce qu’elles ne peuvent pas être avec leurs proches», explique la jeune femme qui voit son horizon bloqué par l’épidémie jusqu’à la fin de l’année.

Chez HPL, vampirisé par Covid, seules les urgences oncologiques et chirurgicales ont été maintenues. (Avec AFP)