décembre 3, 2020

Mercatoshow.com

Monde des nouvelles complet

Agression contre un prêtre orthodoxe à Lyon: une revanche amoureuse à l’origine de la tragédie

Le mystère entourant la tentative de meurtre visant le père Nikos est sur le point d’être résolu. Une semaine après les coups de feu dont Nikolaos Kakavelakis, un prêtre grec orthodoxe de 52 ans, a été victime devant son église du 7e arrondissement de Lyon, un suspect est en garde à vue. Selon des sources concordantes, cet homme de 40 ans de nationalité géorgienne, Giorgi P., a été interpellé vendredi à son domicile du 1er arrondissement de Lyon par des enquêteurs de la police judiciaire. Son compagnon, un Russe de 35 ans, est également entendu librement.

Selon nos informations, l’homme a admis être l’auteur de l’attaque et évoque une vengeance privée liée à l’adultère: son compagnon aurait été la maîtresse du prêtre Nikolas Kakavelakis. Il affirme néanmoins qu’il n’avait pas l’intention de tuer la victime. Le 31 octobre, au milieu de la menace terroriste maximale suite à l’attaque de la Basilique de Nice (Alpes-Maritimes), un homme vêtu de noir avait en effet ouvert le feu avec un fusil de chasse scié deux fois sur le Père Nikos, blessant gravement son foie, avant de fuir et sans émettre aucune menace ou réclamation. La victime n’était pas vêtue de vêtements traditionnels et fermait l’église. Le parquet national antiterroriste n’a pas saisi les faits concernant ces éléments et la personnalité de la victime, qui avait déjà eu de nombreux différends avec la communauté orthodoxe locale et était connue pour sa vie personnelle agitée.

Le prêtre est sorti de son coma et a entendu

Selon ses déclarations en garde à vue, Giorgi P. dit s’être débarrassé de l’arme sur les quais de la Saône, dans le 1er arrondissement de Lyon. Les enquêteurs de la PJ de Lyon sont en train de vérifier ce point. Lors de la perquisition de son domicile, ils ont trouvé une autre arme, mais ce n’était pas celle utilisée pour le crime. Le suspect était déjà connu de la police pour des infractions de conduite sans permis et de possession illégale d’une arme.

READ  la loi très controversée "Marché intérieur" adoptée en deuxième lecture au Parlement britannique

Des policiers ont été mis sur la piste d’un litige privé après avoir interrogé Nikolaos Kakavelakis cette semaine. Le pasteur grec, en poste depuis les années 2010 à Lyon comme recteur de la paroisse grecque orthodoxe de l’Annonciation de la Mère de Dieu, est sorti mardi du coma après avoir été opéré. Entendu à l’hôpital, il a spontanément évoqué avec la police la thèse d’un acte commis par «un mari jaloux» d’une de ses conquêtes. «Le prêtre est très concentré sur la chose sexuelle, il est très entreprenant avec les femmes», explique une source proche de l’enquête. La police a alors réussi à identifier Giorgi P. Lors de sa garde à vue, la compagne du tireur présumé affirme ne pas connaître les intentions criminelles du Géorgien mais a confirmé sa relation adultère avec la victime.

La piste de la vengeance d’un moine écartée

Dans un communiqué publié ce samedi après-midi, le procureur de la République de Lyon, Nicolas Jacquet, a confirmé nos informations, faisant référence à la garde à vue d’un suspect “qui s’avère être le mari d’une femme qui a maintenu une liaison avec la victime”. ” L’ouverture d’une enquête judiciaire est envisagée dès la fin de la garde à vue », a précisé le magistrat.

Parallèlement à cette piste, la PJ de Lyon avait écarté la thèse d’un règlement de compte lié aux différends entre le père Nikos et un ancien fidèle de l’Église orthodoxe de Lyon. Ce moine, qui était candidat aux législatives sous le label Debout la République! dans le Rhône en 2017, avait ces dernières années accusé la victime de détournement de fonds et de comportement autoritaire. Il avait également été condamné pour diffamation contre le prêtre pour ses propos. Les deux hommes ont également eu des affrontements dans le lieu de culte, nécessitant l’intervention de la police. Le nom de ce fidèle avait également jeté au pâturage sur les réseaux sociaux, notamment par Jean-Luc Mélenchon.

READ  l'organisation du parquet national des finances interrogée

Cependant, l’enquête révèle que le moine avait un alibi pour le jour de l’agression. Il a été entendu comme simple témoin lundi par la police. Nikolaos Kakavelakis devait quitter son poste très prochainement et n’avait pas célébré de messes depuis un mois.