décembre 3, 2020

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Appel au boycott des produits français au Moyen-Orient: Paris lance une réponse

#Boycott_France_Products, #We_Love_Mohammad ou #WeHateFrancegovernment. Face à la multiplication des messages contre la France ce week-end sur les réseaux sociaux du Moyen-Orient, la France a riposté ce dimanche soir, exhortant les gouvernements des pays concernés à “arrêter” ces appels au boycott des produits français et à manifester auprès d’une “minorité radicale”. . Paris leur a également demandé «d’assurer la sécurité» des Français vivant sur leur sol.

Emmanuel Macron lui-même a répondu sur les réseaux peu après, sur Twitter et sur Instagram: «La liberté, on la chérit; l’égalité, nous la garantissons; fraternité, nous la vivons avec intensité. Rien ne nous fera reculer, jamais ». “Nous continuerons. Nous respectons toutes les différences dans un esprit de paix. Nous n’acceptons jamais les discours de haine et défendons un débat raisonnable”, a-t-il ajouté, y compris en arabe et en anglais.

Il y avait urgence: des membres du gouvernement seraient également «menacés», révèle une source au Quai d’Orsay, «plusieurs d’entre eux reçoivent des attaques dans l’ordre, notamment sur des comptes récemment créés sur Instagram».

Depuis plusieurs jours, le tissu brûle entre Paris et Ankara. Cette campagne en ligne se déroule alors qu’en Turquie, le président Recep Tayyip Erdogan a de nouveau attaqué Emmanuel Macron, mettant en cause sa “santé mentale” … Des attentats sans précédent qui font suite aux récentes déclarations du chef de l’Etat sur le “séparatisme islamiste” et l’hommage, ce mercredi , au professeur Samuel Paty, décapité par un terroriste islamiste après avoir montré à ses étudiants des caricatures du prophète Mahomet. Emmanuel Macron a alors promis de ne pas «renoncer aux caricatures» du prophète des musulmans.

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Cependant, le boycott “n’est pas une surprise”, explique une source au sein de l’exécutif. “Depuis le discours des Mureaux sur le séparatisme, un certain nombre de déclarations publiques et privées appellent à l’action contre Emmanuel Macron et la France”, révèle-t-elle. Par qui et pourquoi? Initiée vendredi sur les réseaux sociaux, cette mobilisation serait le résultat d’une «machine lancée par les réseaux turcs», explique une autre source au Quai d’Orsay, tandis que Franck Riester, ministre délégué en charge du Commerce extérieur dénonce des «actions privées».

Une campagne instrumentalisée par le président turc

Une thèse pondérée par Jean-Pierre Filiu, spécialiste du Moyen-Orient et professeur à Sciences-po Paris. Selon l’expert, la fronde est le résultat d’une «manipulation de la présidence turque» qui «a mobilisé tous ses réseaux, via le Qatar et les Frères musulmans, pour lancer une campagne de boycott soi-disant spontanée». […] en exploitant toute une série d’amalgames et d’intoxications diffusées sur les réseaux sociaux ». Parmi ces derniers, “des messages affirment que l’étude des dessins animés de Charlie Hebdo est devenue institutionnalisée, voire obligatoire, en France”, explique-t-il.

VIDÉO. Caricatures de Mahomet: les produits français boycottés, le portrait de Macron brûlé

«Le président Erdogan veut personnaliser son conflit avec Macron. On n’a jamais vu un chef d’Etat remettre en cause ainsi la santé mentale d’un autre chef d’Etat “, poursuit l’expert, diplomate en poste dans les pays arabes depuis vingt ans.” Erdogan a besoin d’un ennemi car il maintient dans son pays, et dans les crises du Moyen-Orient, une dynamique de guerre. Quand on s’oppose à la France, on grandit », poursuit-il.

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Pour Pascal Boniface, directeur de l’Iris (Institut des relations internationales et stratégiques), «Erdogan est un opportuniste. Il voit qu’il peut gagner en popularité avec cette campagne, chez lui et dans le reste des pays musulmans ». À quelle distance ? «Pour l’instant, cette campagne concerne très peu de pays. Mais on ne peut exclure que d’autres pays se joignent à cette campagne pour ne pas laisser à Erdogan le monopole de l’image de défenseur des musulmans. “

La campagne de boycott va-t-elle s’étendre?

Précisément, vendredi, dans la péninsule arabique, l’Université du Qatar a annoncé sur Twitter le report de la Semaine culturelle française suite à “l’attaque délibérée contre l’islam et ses symboles”. Depuis le début de la mobilisation, des personnalités en Iran, en Jordanie et au Koweït ont également dénoncé la publication des caricatures, tandis que l’Organisation pour la coopération islamique, organisme qui regroupe les pays musulmans, a déploré “les propos de certains responsables. […] susceptibles de nuire aux relations franco-musulmanes ».

Samedi, environ 200 personnes se sont rassemblées devant la résidence de l’ambassadeur de France en Israël. Et, dans la bande de Gaza, des manifestants ont brûlé des photos du président français.

Ce dimanche, au Maghreb, un défilé anti-France a rassemblé quelques dizaines de personnes dans la localité tunisienne d’El Kamour, aux portes du Sahara, tandis que le leader du parti islamiste algérien Front de la justice et du développement, Abdallah Djaballah , a appelé au boycott des produits français et a exigé la convocation de l’ambassadeur de France.

Au Maroc, le parti d’opposition Istiqlal (centre droit) a dénoncé “la persistance répétée à publier les caricatures insultant le prophète” ainsi que les “déclarations stigmatisantes de l’islam qui affectent le sentiment religieux commun des musulmans dans le pays. de la France. »Critiques reprises en substance par l’association marocaine Mouvement pour l’unicité et la réforme, branche religieuse du Parti de la justice et du développement.

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