septembre 22, 2020

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Au Mali, les militaires au pouvoir promettent des élections générales

Les militaires qui ont pris le pouvoir au Mali et ont poussé le président Ibrahim Boubacar Keïta à démissionner ont déclaré, dans la nuit du mardi 18 au mercredi 19 août, qu’ils voulaient mettre en place un “Transition politique civile” conduire à des élections générales dans un “délai raisonnable”.

Plus de trois heures après l’annonce par le président Keïta de sa “Décision de tout quitter [ses] les fonctions “, au terme d’une journée de mutinerie qui s’est transformée en coup d’État militaire, des hommes en uniforme sont apparus sur la chaîne publique ORTM. Il était alors 3 h 40, heure locale.

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“Nous, les forces patriotiques réunies au sein du Comité national pour le salut du peuple, avons décidé de prendre nos responsabilités devant le peuple et devant l’histoire”, a déclaré celui qui a été présenté comme le porte-parole de l’armée, le colonel-major Ismaël Wagué, chef d’état-major adjoint de l’armée de l’air. “Notre pays, le Mali, sombre jour après jour dans le chaos, l’anarchie et l’insécurité par la faute des hommes en charge de son destin”, a accusé l’officier.

“Jeter les bases d’un nouveau Mali”

Il a dénoncé le “Patronage politique” et “Gestion familiale des affaires de l’Etat”, aussi bien que “Mauvaise gestion, vol et arbitraire”, Justice “En décalage avec les citoyens”, une “L’éducation nationale patauge” ou les massacres de villageois, les “Terrorisme et extrémisme”.

“La société civile et les mouvements sociopolitiques sont invités à se joindre à nous pour, ensemble, créer les meilleures conditions pour une transition politique civile menant à des élections générales crédibles pour un exercice démocratique à travers une feuille de route qui jettera les bases d’un nouveau Mali”, ajouta le colonel major. Il a appelé les organisations internationales et sous-régionales à “Appui au bien-être du Mali”.

” Le [mission de l’ONU] Minusma, la force [antidjihadiste française] «Barkhane», le G5 Sahel [qui regroupe cinq pays de la région], la force Takuba [un groupement de forces spéciales européennes censées accompagner les Maliens au combat] restent nos partenaires “, il a aussi dit. “Tous les accords conclus” sera respecté, a-t-il dit, affirmant que l’armée était “Attaché au processus d’Alger”, l’accord de paix signé en 2015 entre Bamako et les groupes armés du nord du pays.

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“Nous ne sommes pas férus de pouvoir, mais nous tenons à la stabilité du pays, qui nous permettra d’organiser des élections générales dans un délai raisonnable pour permettre au Mali de se doter d’institutions fortes”, a également déclaré Ismaël Wagué.

La CEDEAO annonce la fermeture des frontières avec le Mali

Ces déclarations sont intervenues des heures après une pluie de réactions internationales. L’organisation régionale de l’Afrique de l’Ouest, la CEDEAO, a condamné dans la soirée l’action de “Militaire putschiste”. Organisation “Nie catégoriquement toute forme de légitimité aux putschistes et exige le rétablissement immédiat de l’ordre constitutionnel”, déclare le communiqué de presse. Elle “Demande une libération immédiate” du président malien et «De tous les fonctionnaires arrêtés».

CEDEAO «Suspendre» Le Mali de tous ses organes de décision ” avec effet immédiat “. Elle << Décide de la fermeture de toutes les frontières terrestres et aériennes ainsi que de la cessation de tous les flux et transactions économiques, commerciaux et financiers entre [autres] Pays membres de la CEDEAO et Mali ». Une visioconférence des chefs d’État de la CEDEAO sur “La situation au Mali” se tiendra jeudi sous la présidence du chef de l’Etat nigérien Mahamadou Issoufou, a annoncé la présidence du Niger, qui préside actuellement la CEDEAO.

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Auparavant, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé à la “Libération immédiate et inconditionnelle” du président malien et “Restauration immédiate de l’ordre constitutionnel”. Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunira mercredi en urgence sur la crise au Mali, à la demande de la France et du Niger.

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Avant la démission du président Keïta, le président français Emmanuel Macron avait exprimé “Son plein soutien aux efforts de médiation actuels de la CEDEAO”, selon l’Elysée. Le chef de l’Etat “Suit de près la situation et condamne la tentative de mutinerie en cours.”

Une crise politique cachée

La mutinerie a éclaté mardi matin dans la garnison militaire de Kati, près de Bamako. Les soldats ont ensuite fraternisé avec les manifestants qui réclamaient la démission du président depuis des mois. Puis ils ont arrêté le président Keïta et son Premier ministre Boubou Cissé à Bamako.

Le Mali fait face depuis des mois à une grave crise sociopolitique qui inquiète la communauté internationale. Une coalition hétéroclite d’opposants politiques, de chefs religieux et de membres de la société civile a multiplié les manifestations pour exiger le départ du président Keïta, accusé de mauvaise gestion.

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Le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques du Mali (M5-RFP), qui mène la manifestation, avait refusé jeudi dernier une rencontre avec le président Keïta, posant notamment comme préalable la fin de la “répression” contre ses militants. Le week-end du 10 juillet, une manifestation réclamée par le Mouvement du 5 juin avait dégénéré en trois jours d’agitation meurtrière.

Le monde avec l’AFP