septembre 26, 2020

Mercatoshow.com

Monde des nouvelles complet

avec l’affaire Moha La Squale, le metoo du rap?

Trois ans après la vague de #MeToo, et toutes les autres qui ont suivi, voici maintenant le monde du rap à son tour pris dans la tourmente.

L’auteur présumé s’appelle Moha La Squale. Il est l’une des nouvelles stars de la scène rap française, révélée en 2018 avec son premier album “Bendero“, plébiscité par le public (disque d’or, plus de 50 000 exemplaires vendus et clips montrant des dizaines de millions de vues sur Youtube) et par la critique.

Selon des informations révélées par plusieurs médias dont Point, “Six victimes, dont trois avec des identités connues“a déposé plainte lundi 7 septembre 2020 au commissariat du 9e arrondissement à Paris. Les trois autres devraient porter plainte à leur tour prochainement”, a indiqué à l’AFP une source.

Les plaignants, âgés de 23 à 28 ans, “fourni à la police des témoignages assez longs“et”les auditions se sont terminées ce matin tôt“, précise leur avocat Thibault Stumm.”Certains faits remontent à plus de deux ans, d’autres à quelques mois“, il ajouta.

L’avocat de Moha La Squale, Me Elise Arfi, n’a pas pu être joignable pour le moment. Moha La Squale n’a fait aucune déclaration. Il doit également être jugé en mars pour un refus aggravé d’obéir, outrage à une personne détentrice de l’autorité publique et rébellion. Il a été arrêté en juin à la suite d’un contrôle routier de routine, la police ayant constaté qu’il faisait l’objet d’un mandat de perquisition pour un «rodéo à moto» un mois auparavant.

Nominé aux Victoires de la musique 2019, cet artiste charismatique aux cheveux longs, passé par le Cours Florent, a été repéré avec des “freestyles” postés sur Facebook et YouTube, où on le voit rapper dans sa cuisine ou dans son quartier de “La Banane” »à Ménilmontant, dans le 20e arrondissement. Il a déjà raconté la rue, sa vie quotidienne et sa vie avant quand il était marchand et était en prison.

READ  Sophie Tapie mariée à Jean-Mathieu: premières photos à moto et fumée

#BalanceTonRappeur

Depuis plusieurs jours, le rappeur de 25 ans est visé sur les réseaux sociaux par des accusations de violences sexuelles et des menaces de la part de plusieurs jeunes femmes, dont certaines ont exprimé leur volonté de porter plainte. Les accusations ne sont pas restées confinées aux réseaux sociaux. Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour «violences», «agressions sexuelles» et «enlèvement».

Un autre rappeur a depuis été impliqué. Il s’agit du Belge Roméo Elvis, qui n’est autre que le frère de la chanteuse Angèle, connue pour son titre “Balance ton quoi”.

Sur le compte Instagram du rappeur, une jeune femme accuse la chanteuse de l’avoir agressée sexuellement et a lancé un hashtag, #balancetonrappeur. Dans un reportage publié mardi 8 septembre, la jeune femme partage les réponses qu’elle a reçues de la chanteuse, faisant actuellement la promotion du film Mandibules de Quentin Dupieux à la Mostra de Venise où il a joué son premier rôle au cinéma. Il lui répond: “Je veux m’excuser encore une fois pour ce qui s’est passé, c’était vraiment nul. Je n’ai vraiment aucune explication. J’étais juste de la merde sur place et j’ai mis plusieurs semaines à essayer d’oublier ce geste stupide”.

Copier le code

Sur les réseaux, sa sœur est interrogée par de nombreux internautes qui l’accusent de ne pas avoir «dénoncé» son frère compte tenu de ses engagements féministes, mais elle reçoit également beaucoup de soutien.

#MusicTooFrance: pour un suivi psychologique

Depuis mi-juillet, le collectif Music Too France a mis en ligne un formulaire sur les réseaux sociaux pour recueillir des témoignages d’agressions ou de harcèlement sexuel dans le monde de la musique. Il est disponible jusqu’au 30 septembre. Derrière cette initiative, se cache un “petit groupe qui préfère rester anonyme”. Cet appel a déjà été relayé par des artistes comme Chris, Pomme ou Camélia Jordana, indique France Info.

READ  Éliminé, Adrien regrette d'avoir "sous-estimé" ses adversaires

Composé de membres de l’industrie de la musique, Music Too France prépare cette action depuis plusieurs mois, en collaboration avec des avocats et deux associations, pour mettre en place un suivi juridique et psychologique si nécessaire. “A partir de ces informations, nous pourrons associer agressions et violences entre eux, commencer à dessiner des profils et recueillir des plaintes”, explique le collectif en son manifeste.

Voir cet article sur Instagram

«Aujourd’hui nous utilisons le hashtag #MusicToo pour insuffler une nouvelle vie à la liberté d’expression dans l’industrie musicale.» Nous (anonymes, comme vous), collectif à l’initiative de ce questionnaire, sommes issus du secteur musical. Certains d’entre nous ont quitté l’industrie il y a plusieurs mois ou années, d’autres y évoluent encore aujourd’hui. Une carrière parfois dangereuse, souvent toxique pour les femmes, pour la communauté LGBTQIA + et les personnes de couleur sous-représentées. Depuis plus d’un an, nous réfléchissons aux témoignages de nos amis, aux histoires d’agression sexuelle que tout le monde dans la communauté connaît mais dont personne ne parle. Et on voit l’impunité des agresseurs (professionnels aux postes clés, artistes omniprésents dans les médias) qui n’ont aucune raison d’arrêter leurs actions si personne ne parle. Il est temps que la peur change de camp. Sur notre formulaire google (lien dans la bio), jusqu’au 30 septembre, nous recueillons vos témoignages de violences basées sur le genre – atmosphères sexistes, dégradantes, sexistes – et sexuelles. Vous pouvez rester anonyme si vous le souhaitez, mais le moment est venu de nommer votre ou vos agresseurs. À partir de ces informations, nous pourrons associer les attaques et les violences, commencer à dessiner des profils et recueillir des plaintes. Nous travaillons avec des avocats et deux associations pour vous accompagner vers un suivi juridique ou psychologique si nécessaire. Dans certains cas, nous transmettons des informations aux médias qui souhaitent enquêter.

Une publication partagée par #MusiqueTooFrance (@musictoofrance) le

Avec cette initiative, Music Too France souhaite libérer la voix des victimes et briser l’omerta toujours présente dans l’industrie musicale française.

En octobre 2019, le collectif CURA a publié une enquête révélant qu’une artiste féminine sur trois a été agressée ou harcelée sexuellement dans l’industrie musicale française. 97% des groupes programmés par les grands festivals sont composés exclusivement ou majoritairement d’hommes, et que 88% des programmeurs de music-hall actuels sont des hommes, selon deux autres études (Fidèle et Ardoise).