Avortement, immigration, Obamacare … “Tout pourrait être jugé par les conservateurs” avec la nouvelle juge de la Cour suprême Amy Coney Barrett

Sa nomination par Donald Trump est “un enjeu politique majeur”, estime le spécialiste et conférencier américain Jean-Éric Branaa.

La nomination de la juge conservatrice Amy Coney Barrett par Donald Trump à la Cour suprême des États-Unis est “un enjeu politique majeur”, explique le spécialiste des USA et maître de conférences à l’Université Assas-Paris II, Jean-Éric Branaa dimanche 27 septembre sur franceinfo. “Le calendrier [politique] accélère soudainement “, alors que l’élection présidentielle américaine se tient le 3 novembre, analyse l’auteur d’une biographie à paraître sur Joe Biden.

franceinfo: Sur quelle ligne se trouve la juge Amy Coney Barrett?

Jean-Éric Brana: Elle défend des idées très concurrentes. Elle fait partie de ces groupes qui veulent avoir une lecture littérale de la Constitution et qui pensent que Donald Trump a raison dans ce qu’il propose depuis quelques années, c’est-à-dire la mise en avant du programme républicain.

Sa nomination est-elle un moyen de défendre le deuxième amendement de la Constitution, à savoir le droit de porter une arme, comme le soutient le président américain?

C’est une réalité. D’ailleurs, l’année dernière, il y a eu une décision dans ce sens. Le juge Barrett a statué qu’une personne arrêtée ou libérée de prison mais n’ayant pas commis de crime de sang ne devrait pas se voir interdire de porter une arme, car cela n’était pas écrit dans la Constitution et qu’il n’y avait aucune raison d’ajouter cette clause lorsque la Constitution l’a fait. pas prévoir. Elle va très loin dans sa lecture très rigoureuse de cette Constitution.

Si sa nomination est validée, la Cour suprême sera composée de six juges conservateurs et de trois juges progressistes. Qu’est-ce que cela va changer pour les États-Unis?

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L’équilibre entre progressistes et conservateurs était maintenu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Nous avons toujours eu le même équilibre – 5 conservateurs ou progressistes contre 4 progressistes ou conservateurs – avec des positions assez centristes de la part de cette cour.

Cette fois-ci, nous allons avoir un swing très fort de la part des conservateurs, ce qui signifie que même John Roberts, l’actuel président de la cour, qui s’est comporté de manière très modérée jusqu’à présent, sera de nouveau ramené dans le giron des conservateurs parce qu’il sera noyé dans la masse. Jean-Éric Branaa, spécialiste aux USAvers franceinfo

Ce qui signifie des questions très problématiques comme celle de l’avortement, mais aussi la question de l’immigration sur laquelle ce juge a une lecture très rigoureuse qui ressemble à celle de Donald Trump, à savoir que la loi du sol n’est pas inscrite dans la Constitution. Il y a aussi la question de la santé qui arrive devant ce tribunal le 10 novembre, avec l’interrogatoire d’Obamacare. Tout cela pourrait être rejoué par les conservateurs et remanié complètement différemment, ce qui posera de réels problèmes à Joe Biden si, par exemple, il était élu président en novembre.

Le Sénat doit maintenant valider ou non cette nomination. Est-ce un vrai problème politique?

C’est un enjeu politique majeur et il est vrai que le calendrier s’accélère brusquement. A partir du 12 octobre, il y aura les premières auditions du président de la commission judiciaire du Sénat. Habituellement, il faut six à huit semaines pour qu’il y ait des premières auditions, donc on va vraiment très vite. Il y a même une date qui a déjà été annoncée pour le vote en plénière, pour sa confirmation formelle, qui serait le 29 octobre, soit quatre jours avant le vote présidentiel. Il reste à voir si maintenant les républicains vont s’en tenir à ce calendrier parce que les démocrates vont faire obstruction autant qu’ils le peuvent. Mais rappelez-vous que Donald Trump est dans ses droits pour cette nomination puisque la Constitution lui donne ce droit, qu’il est toujours président et qu’il n’y a donc pour lui aucune raison que cela se passe autrement.

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