septembre 22, 2020

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“Big Pharma, laboratoires tout-puissants”: gros profits, grands scandales

ART – MARDI 15 SEPTEMBRE À 20H50 – DOCUMENTAIRE

Novartis, Roche, Pfizer, Johnson & Johnson, Sanofi: ces cinq mastodontes de l’industrie pharmaceutique – respectivement deux suisses, deux américains et un français – sont communément surnommés «Big Pharma». Leur chiffre d’affaires annuel oscille, en 2019, entre 45 milliards et 70 milliards de dollars, soit des montants supérieurs au PIB de nombreux États. De quoi se sentir flotter très loin au-dessus de la loi. Surtout dans le contexte sans précédent d’une pandémie dont l’issue dépend de la commercialisation, par la même industrie pharmaceutique, d’un vaccin fiable et accessible.

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Ceux qui suivent l’actualité du secteur connaissent la plupart des cas évoqués dans le documentaire Big Pharma, laboratoires tout-puissants, réalisé par Luc Hermann et Claire Lasko. Comme celui de Daraprim, un médicament contre la toxoplasmose et le paludisme, dont le prix a bondi de 5400% en septembre 2015, sur décision de Martin Shkreli, gérant d’un fonds d’investissement spéculatif. Son cynisme est troublant. “Si je pouvais remonter le temps, j’aurais encore augmenté le prix”, déclare-t-il lors d’une audience publique, alors qu’il est accusé de fraude.

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Dans le même ordre d’idées, nous découvrons comment Novartis a réussi à imposer «son» Lucentis pour traiter la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), alors qu’il est quarante fois plus cher que l’Avastin produit par son concurrent et partenaire. Roche – à la fin d’une assez longue manifestation.

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Effets secondaires dangereux

Une autre pathologie, une autre pratique. Sovaldi de Gilead, médicament rare contre l’hépatite C, a d’abord été vendu 84000 dollars (70900 euros, pour trois mois de traitement) aux États-Unis, puis 42000 euros en Europe, avant qu’un générique de Mylan n’obtienne l’autorisation de commercialisation dans les pays en développement (80 euros) grâce, entre autres, , à l’arbitrage de l’ancienne ministre française de la Santé Marisol Touraine. Ce dernier intervient également dans le cadre de Kymriah (Novartis), thérapie génique prescrite aux jeunes atteints de leucémie et facturée 320 000 euros.

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Si le prix est un levier de la puissance des laboratoires, ce n’est pas le seul. Ils doivent également «fidéliser» leurs patients-consommateurs. L’un d’eux, Johnson & Johnson, est actuellement accusé aux États-Unis d’encourager la surutilisation potentiellement addictive d’un analgésique à base d’opioïdes. D’autres n’ont pas hésité à nier les effets secondaires dangereux de leurs produits. C’était le cas avec Laboratoires Servier avec le Médiateur, retiré du marché trente ans après sa mise en vente; ou de Depakine, antiépileptique de Sanofi prescrit aux femmes enceintes et responsable de troubles physiques et moteurs chez des milliers d’enfants. Parmi eux, le fils de Marine Martin, qui témoigne longuement de son combat.

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Si l’omnipotence de l’industrie pharmaceutique s’affirme au fil des rapports, certains changements semblent en cours: Martin Shkreli a été condamné en mars 2018 à sept ans de prison. Dans le cas de Dépakine, Sanofi a été mis en examen pour “Homicide involontaire” en août 2020 ; en septembre, l’Autorité de la concurrence a condamné Novartis, Roche et Genentech à une amende de 445 millions d’euros pour pratiques abusives dans le traitement de la DMLA.

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Big Pharma, laboratoires tout-puissants, de Luc Hermann et Claire Lasko (Fr., 2018, 90 min). Sur Arte.tv jusqu’au 13 décembre.