décembre 4, 2020

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Comment Lilian Thuram a habilement guidé la carrière de son fils Marcus

Lilian Thuram suit de près les carrières de ses deux fils, Marcus et Kephren. – SPENCER JOHN / SIPA

  • Marcus Thuram pourrait bien fêter sa première sélection en équipe de France mercredi soir contre la Finlande en amical.
  • S’il ne doit sa sélection qu’à son talent et à son mérite, Marcus Thuram n’oublie pas combien son père Lilian a été précieux dans ses choix de carrière.
  • En effet, lui et son frère Kephren (OGC Nice) ont bénéficié des précieux conseils du papa depuis qu’ils étaient en âge de botter un ballon.

Sans aller jusqu’à parler de cafards, voyez Didier Deschamps appeler Marcus Thuram pour la première fois
en équipe de France, douze ans après la retraite internationale du père, nous vieillissons encore un peu. Pas seulement pour nous, d’ailleurs. Présent en conférence de presse mardi avant le match de Finlande (qui pourrait être l’occasion pour l’ancien Guingampais de fêter sa première sélection), Steve Mandanda se souvient: «J’ai eu la chance de jouer mon premier match avec Thuram à Grenoble, c’était contre Equateur en 2008, c’est sûr que cela ne me rajeunit pas! “.

Le voir atterrir à Clairefontaine avec un tel blason sur le maillot n’est évidemment pas anodin. «Mais on lui a l’habitude d’en parler», carrément deschamps. Cela ne lui fait pas de l’ombre pour autant, c’est sa vie, sa carrière ». Et si jamais Marcus Thuram avait encore des doutes, le coach tient à le rassurer: “S’il est là, ce n’est que grâce à son mérite”. Cependant, le papa n’est jamais loin. Avec son jeune frère Kephren, milieu défensif formé à Monaco et désormais titulaire à Nice, Marcus Thuram a pu bénéficier des conseils et de l’expérience de l’un des tout meilleurs défenseurs de l’histoire des Bleus. Le tout sans dépenser un seul kopeck, habile.

“Tout était centré sur le bien-être de Marcus”

Directeur sportif de l’AC Boulogne-Billancourt, Gilles Bibé se souvient de sa première rencontre avec Lilian Thuram, alors qu’il cherchait le club idéal pour lancer son enfant. «C’est un ami commun qui a fait le lien entre nous. Lilian est venue au club, on lui a montré les installations, on a parlé de notre projet. J’ai dû faire très attention à ce que je disais car on sentait déjà qu’il ne prenait pas à la légère la question du futur club de Marcus », rigole celui qui est toujours en contact régulier avec le 98 champion du monde.

“C’est quelqu’un de très attentif aux choix de carrière de ses enfants”, confirme Eric Hély, directeur du centre de formation de Sochaux au moment où l’attaquant a rejoint le Doubs. «Ce qui intéressait Lilian était de savoir où son fils allait être le meilleur, où on lui ferait le plus confiance, où il allait pouvoir progresser le plus. Tout était centré sur le bien-être de Marcus et sur le projet sportif, rien d’autre n’était impliqué, ni l’argent ni le prestige de tel ou tel club. «Il est vrai qu’à l’époque, outre Sochaux, Nantes, le PSG et Monaco sont également en ligne pour entraîner le fils.

Marcus Thuram a remporté le Gambardella en 2015 avec le FC Sochaux. – FRANCK FIFE / AFP

Mais Lilian Thuram connaît le métier. Ce n’est pas le genre de maison à céder aux fausses promesses des clubs, aussi prestigieux soient-ils. Ce qu’il veut, c’est quelque chose de concret, la seule directive étant le temps de jeu que nous pouvons garantir à son fils. «Quand il nous a quittés pour signer à Guingamp, poursuit Eric Hély, encore une fois il aurait pu aller dans des clubs plus haut de gamme, mais l’important pour Lilian à l’époque était que Marcus jouait. “

Le désaccord avec l’entraîneur des U14

Tous ceux qui ont croisé le chemin du clan Thuram nous l’assurent, l’ancien défenseur de la Juve n’est pas du genre à se mettre le nez dans l’actualité des entraîneurs de ses enfants. Enfin, à quelques exceptions près tout de même. Gilles Bibé: «Il était là tous les samedis pour voir jouer Marcus. Il était très attentif aux choix de l’entraîneur. En 14, par exemple, il n’aimait pas la façon dont l’entraîneur a joué l’équipe, il n’avait pas la même philosophie de jeu que lui, et il a demandé que Marcus passe à 15 ans. Nous avons accepté, non pas parce que c’était Lilian Thuram qui a posé la question, mais parce que nous pensions aussi qu’il avait la capacité de jouer un cran au-dessus. “

A cette époque, les débats ne manquent pas entre Thuram et les éducateurs de l’ACBB. «C’est quelqu’un qui aime vraiment discuter du terrain, du rôle des joueurs, de leur positionnement. Il y avait des moments où nous n’étions pas du tout d’accord. Je me souviens qu’un jour, dans un match, le ballon était face à Marcus et Lilian voulait qu’il reste décentré pendant que nous lui demandions de rentrer. À l’époque, il était un jeune retraité du Barça et il est vrai que la philosophie de jeu était d’utiliser toute la largeur du terrain. Nous, avec nos jeunes, c’était différent, nous voulions essayer de garder un bloc serré. Mais il y avait évidemment du vrai dans ce qu’il disait. “

Le père négocie le transfert du fils de Sochaux à Guingamp

Un peu plus tard, lorsque le gamin a rejoint le groupe pro Sochalian, l’histoire se répète. “Ce n’est pas un interventionniste mais quand il a réalisé que la progression de Marcus risquait d’être bloquée, il n’a pas hésité à nous le dire, rembobine Hély. Lors de sa dernière année à Sochaux, il a constaté que Marcus n’avait pas assez de temps de jeu avec le Ils ont alors décidé qu’il était temps de partir. »

Lilian prend alors les choses en main. Président de Guingamp au moment de la signature de Thuram pour 600.000 euros, Bertrand Desplat confirme: «Nous voulions absolument l’amener à Guingamp car nous considérions qu’il avait un grand potentiel et que sa personnalité n’était pas du tout un handicap, contrairement à ce que le coach de Sochaux pensa à lui. Dans le cadre des négociations, j’étais en contact régulier avec Lilian. Il a joué un rôle très actif pour le faire sortir de là. “

Marcus Thuram a joué une saison à Guingamp sous les ordres de Jocelyn Gourvennec.
Marcus Thuram a joué une saison à Guingamp sous les ordres de Jocelyn Gourvennec. – FREDERICK FLORIN / AFP

Quand Thuram conseille Gladbach à son fils plutôt qu’à l’OM

A Guingamp, l’international aux 142 sélections continue de suivre le fils de très près, en passant par Jocelyn Gourvennec avec qui il a joué pour l’équipe de France Espoirs. «Nous avions de bonnes relations avec Lilian, je l’avais parfois au téléphone, pendant la semaine ou après les matchs, confirme l’actuel consultant de Canal +. J’aimais le tenir au courant de ce que faisait Marcus pendant les semaines d’entraînement, cela lui donnait des repères autres que les jeux. C’est quelqu’un que j’ai beaucoup vu derrière Marcus mais sans être omnipotent non plus. Il est juste un bon conseil car il connaît bien le football. “

C’est aussi à ce moment que la patte du père sur le fils est la plus visible. Desplat: «Quand il a voulu quitter le club, l’OM lui a offert des conditions un peu meilleures que celles offertes par Mönchengladbach, mais Lilian a pensé – et nous l’avons rejoint derrière parce qu’il avait très bien argumenté la chose – que le projet allemand était plus intéressant pour son fils, car Mönchengladbach et la Bundesliga étaient une excellente porte d’entrée vers le plus haut niveau. La suite lui a donné raison. “

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