décembre 3, 2020

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comment naviguer parmi les indicateurs

Comment évaluer les effets du recentrage? Comment juger de la situation sanitaire en France? Entre le nombre de contaminations, le taux d’incidence, le taux de positivité, les hospitalisations: chaque jour nous sommes confrontés à des chiffres qui ne sont pas toujours faciles à interpréter. Décryptage pour essayer de voir plus clairement.

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1. Nombre de cas positifs par jour

“Cela ne signifie pas que ces personnes ont été emmenées dans les 24 heures”

Un embouteillage fin octobre-début novembre dans le reporting des données quotidiennes sur le nombre de contaminations nous a rappelé la prudence avec laquelle lire les chiffres. Un “incident” informatique identifié le 28 octobre au niveau de l’AP-HP (Assistance Publique – Hôpitaux de Paris) dont les serveurs centralisent les données de tous les laboratoires en France, a conduit pendant quelques jours à “une sous-estimation des indicateurs” , rendant impossible l’interprétation ponctuelle du nombre de cas positifs.

Comment ça fonctionne ? Chaque jour, l’agence Santé publique France publie un certain nombre de nouveaux cas confirmés de Covid-19 dans les dernières 24 heures mais “cela ne veut pas dire que ces personnes ont été prélevées dans les dernières 24 heures”, explique-t-elle. Les résultats peuvent être enregistrés avec quelques jours de retard et correspondent à des tests en laboratoire plusieurs jours plus tôt, donc à une contamination encore plus précoce. “Le délai de rapport des tests peut dépasser 9 jours dans certains cas”, prévient l’agence de santé sur le site data.gouv.fr.

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C’est pourquoi le décompte hebdomadaire des tests positifs des deux dernières semaines publié tous les jeudis par Santé publique France conduit à des résultats différents et permet d’avoir plus de recul.

A noter que pour l’instant cet indicateur ne prend pas en compte les résultats des tests antigéniques rapides, notamment autorisés pour le dépistage ciblé (maisons de retraite médicalisées, universités, etc.) ainsi que pour le diagnostic des patients symptomatiques sans facteurs de risque. Selon Santé publique France, ils devraient être intégrés dans la base de données à partir du 15 novembre.

Dans tous les cas, ces données ne reflètent que le statut des tests positifs, une image nécessairement très incomplète des contaminations réelles, car une grande proportion de personnes touchées par Covid-19 ne développent pas de symptômes et ne subissent pas nécessairement de test.

2. Positivité et taux d’incidence

Le taux de positivité mesure le pourcentage de cas positifs par rapport au nombre de tests. Intérêt principal: ne pas se contenter d’un nombre brut de nouveaux cas, qui peuvent augmenter ou diminuer car il y a plus ou moins de tests.

Mais là aussi, méfiez-vous des préjugés. Ce chiffre “ne représente pas la fréquence du portage du virus dans la population française, mais le portage dans la population testée”, qui compte plus “des personnes symptomatiques et des personnes de contact symptomatiques”, prévient l’épidémiologiste Catherine Hill.

Le taux d’incidence donne le nombre de nouveaux cas détectés sur sept jours pour 100 000 habitants. Encore une fois, nous ne mesurons que ce que nous testons.

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3. Admissions à l’hôpital et aux soins intensifs

Pour analyser cette seconde vague, les données sur les hospitalisations et les services de réanimation permettent une comparaison fiable avec le printemps, lorsqu’il n’y avait pas de tests.

Les indicateurs sur les hospitalisations et les admissions aux soins intensifs sont “le reflet de la situation épidémique” d’il y a deux semaines, a expliqué Olivier Véran, ministre de la Santé en septembre. Une à deux semaines: c’est le temps supposé entre le moment où vous êtes infecté et l’aggravation des symptômes.

“Nous avons une semaine d’incubation, une semaine de symptômes – à quel point nous allons guérir ou pas – et quand nous ne guérissons pas et n’entrons pas en soins intensifs, cela prend une semaine supplémentaire”, la spécialiste des maladies infectieuses Karine Lacombe résumait en début de semaine.

Selon tous les experts, une baisse des hospitalisations pendant plusieurs jours peut donc être interprétée comme une baisse de la circulation du virus une à deux semaines plus tôt.

4. Le taux de reproduction

Le «R effectif» correspond au taux de reproduction estimé du virus, c’est-à-dire à l’estimation du nombre moyen de personnes qu’un patient infecte. Il est calculé à partir du nombre de tests positifs, de visites aux urgences ou d’hospitalisations pour Covid-19.

S’il est supérieur à 1, cela signifie que la tendance est à la hausse du nombre de cas. Si le R est inférieur à 1, “l’épidémie est en déclin”. Mais comme le précise Santé Publique France, c’est “un indicateur de la dynamique de transmission du virus environ 1 à 2 semaines auparavant (y compris le temps entre la contamination et le test, et le fait que le calcul est effectué sur une période de 7 jours. ) “.

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Dans ses bulletins, l’agence appelle à ne pas interpréter ces données «isolément», mais à les mettre en perspective «avec les autres données épidémiologiques disponibles».

5. Le nombre de décès

Santé publique France indique chaque jour le nombre de décès à l’hôpital de patients atteints de Covid-19, y ajoutant, mardi et vendredi, les décès dans les maisons de retraite médicalisées.

Ces chiffres n’incluent pas les décès à domicile, estimés à près de 1 900 entre le 1er mars et le 31 mai, selon des données encore provisoires de l’Inserm fin août.