octobre 25, 2020

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Coronavirus et pratiques obsolètes au cœur de la baisse historique du PIB au Japon

La pandémie de Covid-19 et les pratiques commerciales dépassées ont contribué à la chute spectaculaire du produit intérieur brut (PIB) du Japon entre avril et juin. Il s’est effondré de 7,8%, soit 27,8% d’une année sur l’autre, selon des données préliminaires publiées lundi 17 août par le gouvernement.

Comme celle des autres pays développés, l’économie japonaise se trouve dans une ” mauvais état “, a reconnu le ministre de la Revitalisation économique, Yasutoshi Nishimura, qui a promis de tout faire pour “Mettez le Japon sur la voie de la reprise”. La consommation des ménages a reculé de 7,8% et les exportations de 18,5% au deuxième trimestre. Dans ce contexte, M. Nishimura souhaite “Soutenir l’emploi par les subventions et la consommation privée”.

La baisse dépasse les estimations qui prévoient une contraction de 26,3%. Le PIB japonais n’a jamais connu une telle baisse depuis ses premières compilations en 1955. La troisième économie mondiale fait moins bien que la Corée du Sud, dont la baisse du PIB n’a pas dépassé 3,3%, et que la Chine, où la baisse était de 3,2% .

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Pratiques obsolètes perpétuées

L’archipel, qui comptait le 16 août 56 214 cas et 1 103 décès de Covid-19, n’a pas recouru au confinement généralisé de la population, se limitant à un << état d'urgence >> entre le 16 avril et le 25 mai, exigeant ses citoyens, sans y obliger eux, de rester chez eux et de restreindre leurs mouvements, en attendant une reprise progressive.

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La crise a surtout mis en évidence les limites de l’abénomique, de la politique économique promue par le Premier ministre, Shinzo Abe, et s’est focalisée sur trois «flèches»: une relance budgétaire, une politique monétaire ultra-accommodante et des réformes structurelles. Cependant, si les deux premières flèches étaient tirées, la troisième restait dans le carquois. Si bien que le Japon a connu, entre fin 2012 et octobre 2018, soixante et onze mois d’expansion, sans vraiment corriger les maux structurels dont il souffrait.

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Le gouvernement, comme beaucoup d’entreprises, n’a donc pas opéré le passage au numérique qui aurait pu contribuer à créer le cercle vertueux d’une consommation soutenue alimentant la croissance. La pandémie a révélé des pratiques désuètes qui ont ralenti, voire compliqué, leurs procédures. En témoigne l’utilisation du sceau pour valider l’arrivée et le départ du bureau, ainsi que pour «signer» un document officiel, voire enregistrer une modification, qui nécessitait la présence physique de son titulaire. Les entreprises ont tenté de maintenir cet usage en organisant le transport, entre les domiciles des cadres, des documents à tamponner. Les salariés ont multiplié leurs allers-retours pour valider leur feuille de présence.

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