octobre 20, 2020

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Covid-19: pourquoi Emmanuel Macron parlera à nouveau

L’instruction a été transmise aux cabinets ministériels vendredi dernier. Soyez discret le matin en début de semaine. Cette fois-ci serait celle du couple exécutif. Jean Castex, tout d’abord, lundi matin sur France Info. Puis Emmanuel Macron sur TF1 et France 2, mercredi soir, une soixantaine d’heures plus tard. Bien sûr, il n’y a “rien d’incompatible”, argumente l’entourage du chef de l’Etat, tandis que Matignon évoque “un concours de circonstances”. Ça previent. Que le président de la République ne parle qu’à trois jours d’intervalle après son premier ministre n’a rien de commun.

Un pas de deux comme offensive, alors que les points chauds s’accumulent sur les plans sanitaire, économique et sécuritaire – «C’est multifront» souffle un conseiller ministériel. Mais au risque de dupliquer, voire d’alimenter le sentiment que «personne n’écoute Castex» en tant qu’ancien communicateur du gouvernement juge. «Si Macron parle, il redescend dans l’arène. Mais il a pris Castex justement pour gérer le magasin », observe un conseiller ministériel.

“On monte d’un cran, on monte dans la solennité”

Ce lundi, l’entretien avec le Premier ministre, prévu à l’occasion de ses cent jours à Matignon, n’a donné lieu à aucune annonce. Sinon l’arrivée le 22 octobre d’une nouvelle version de l’application StopCovid – rebaptisée “Télécovid” dans un bordereau. “De quoi se souvient-on?”, S’interroge un député LREM. Un durcissement du ton face à une “forte deuxième vague” de l’épidémie de coronavirus (le Premier ministre, dixit), qui donne forme à ce que Matignon appelle “la réponse graduée “.

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“Il ne peut plus y avoir de détente”, a prévenu Jean Castex, pour qui “les Français considéraient un peu trop vite, malgré les discours que nous faisions, que ce virus avait disparu”. Le Premier ministre n’a pas l’intention de s’arrêter là, se réservant la possibilité de voyages ou de nouveaux discours sur ce thème. Il tiendra également, ce mardi soir à Matignon, une réunion de travail centrée sur la situation sanitaire et étendue aux ministres concernés mais ne participant pas au Conseil Défense. Rencontre dont il compte désormais faire une réunion hebdomadaire. Voilà pour l’ambiance à la veille des vacances de Toussaint …

«On monte d’un cran, on monte dans la solennité, explique un conseiller de l’exécutif. Le Premier ministre prépare le terrain, prépare les esprits, à un tour de vis du président. »Qu’en est-il des nouvelles mesures coercitives? La question était en discussion au sommet de l’Etat, mais rien n’a été décidé lundi. Un nouveau Conseil de défense doit se tenir ce mardi matin.

“Il y a un moment de gravité”

De quoi nourrir le suspense et redoubler d’attentes, avant l’entretien avec le chef de l’Etat qui “portera notamment sur la situation sanitaire et économique du pays” selon TF1 et France 2. Pourquoi parler maintenant? «Il y a un moment de gravité avec une épidémie multiterritoriale très forte, qui continue d’avoir des conséquences. Il faut donner une trajectoire, expliquer ce que signifie vivre avec le virus, expliquer que ça va durer longtemps », expliquons-nous à l’Élysée, en promettant« des annonces et un parcours ».

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Un proche résume: «Le président reprend la parole à un moment où nous avons un peu le vertige. Il donnera une perspective, parlera de la résilience des Français. “De quoi satisfaire ce parlementaire LREM, qui attend” une stratégie claire “jugeant que” au fond, ce qui a pesé sur le moral des Français, c’est une succession d’injonctions contradictoires “.

Besoin de parler, donc. Mais aussi pour être entendu. François Bayrou, haut-commissaire au plan, a noté récemment, en petit comité: «Le président a probablement remarqué que les expressions publiques n’ont pas atteint l’opinion publique en profondeur jusqu’à présent. Cependant, la gravité de la situation augmente. “