janvier 20, 2021

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“Crazy camp boogie”: le maire de Givors insulté, Darmanin dit “dégoûté”

«Quatre pages de calomnie, de haine raciale et de menaces. «Vendredi matin, le maire (divers de gauche et écologiste) de Givors (Rhône), Mohamed Boudjellaba, a eu la mauvaise surprise de recevoir une longue lettre anonyme de menaces et d’insultes à son encontre. Les abus racistes qu’il a vivement dénoncés sur les réseaux sociaux.

«J’ai reçu hier matin en mairie une lettre abjecte, qui n’a qu’une seule vocation: m’intimider, par des insultes racistes et des menaces de mort», témoigne-t-il sur son compte Facebook.

Dans la lettre, longue de quatre pages, menaces et insultes se succèdent: “Craquez-vous, le camp bougnoule si vous ne voulez pas brûler comme une merguez”; “Nous savons toujours comment utiliser une mitrailleuse”; “Et la guerre que vous allez avoir éclatée”; “Vous feriez mieux de sortir le plus vite possible car vous savez à quoi ça ressemble à une bombe dans une maison, ça fait boum”, détaille l’élu, en poste depuis juin dernier.

Mots «méprisables» et «insupportables»

En réponse, le maire de la commune de la banlieue lyonnaise assure qu’il a décidé de porter plainte et entend adresser une lettre d’alerte au parquet et au préfet de quartier. «Avec mon équipe, nous avons fait du vivre ensemble et de la lutte contre l’incivilité une priorité. Il exige que chacun de nous n’ignore jamais de tels mots. Que les auteurs de ces lignes soient informés: nous ne céderons pas à la haine », promet le conseiller municipal.

Sa rivale communiste, Christiane Charnay, a condamné une lettre «infâme» en soutenant le conseiller municipal, tout comme son concurrent du Rassemblement national Antoine Mellies qui a jugé la lettre «inacceptable».

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Sur Twitter, le préfet de la région Auvergne Rhône-Alpes a également condamné “avec la plus grande fermeté les propos abjects” à l’encontre de Mohamed Boudjellaba. «Le racisme et toutes les formes de discrimination n’ont pas leur place dans notre République», assure-t-il à son égard.

Dimanche après-midi, c’est le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, qui a exprimé son soutien au maire, se disant «dégoûté» par ces «propos racistes insupportables». «Attaquer un élu, c’est attaquer la République. La haine n’a pas sa place dans notre société, nous ne lâcherons rien », a insisté le ministre.

«Quatre pages de dégoût non signé. Une enquête est ouverte pour retrouver cet anonyme et le traduire en justice », a tweeté le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti, adressant son soutien à son« compatriote »maire de Givors.