octobre 31, 2020

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Création d’un euro numérique: les Européens consultés dès ce lundi

Le futur euro numérique doit-il prendre la forme d’une carte bancaire? Être utilisable sans Internet ni électricité? Offrir un seuil garantissant l’anonymat du paiement tel qu’autorisé en espèces? Être libre? Toutes ces questions font partie de la grande consultation publique lancée ce lundi en ligne par la Banque centrale européenne (BCE) et dont Le Parisien – Aujourd’hui en France avait connaissance. Au total, une dizaine de questions spécifiques adressées aussi bien aux particuliers européens qu’aux acteurs financiers. Leur objectif? Sondez les attentes et les craintes vis-à-vis de cette possible monnaie virtuelle.

Si en France, l’euro numérique est encore peu connu, il en est autrement dans d’autres pays du Nord notamment. «En Suède, essayez de payer votre café avec une petite monnaie, le serveur va s’énerver ou au mieux vous prendre pour une personne étrange, le paiement virtuel est devenu tellement courant», commente un proche de l’institution de Francfort.

Une décision politique dans les 18 à 36 mois

Cette consultation de trois mois devrait déboucher au printemps sur une décision politique des banques centrales de la zone euro. Si leur «go» est donné, le projet d’un e-euro pourrait se concrétiser d’ici 18 à 36 mois «L’idée de créer une monnaie numérique ayant le même niveau de confiance qu’un billet de banque est intéressante», souligne le député européen Gilles Boyer ,

Concrètement, plusieurs scénarios sont sur la table mais il semble peu probable que cet e-euro se libère des banques. Émis par la BCE, il serait géré par les banques nationales – comme elles le font déjà pour les paiements en espèces, par carte bancaire et par chèque – éventuellement par la création d’un compte spécifique adossé au compte courant principal du client.

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Pour la BCE, il est urgent de réagir. C’est un fait: la demande de cash est en baisse depuis plusieurs années en France comme en Europe. Cette érosion ne fait qu’augmenter en cette période de pandémie Covid-19 même si aucune transmission du virus par pièces ou billets de banque n’est prouvée. Et le récent relèvement du plafond des paiements par carte sans contact à 50 euros devrait encore accélérer le virage.

Une question de souveraineté monétaire

Mais sa motivation principale est ailleurs. Seule autorisée à frapper de la monnaie dans la zone euro, la BCE a tout lieu de s’inquiéter de l’émergence de monnaies virtuelles publiques ou privées. «L’argent est souveraineté et les initiatives privées sont parfois incontrôlables», ajoute Gilles Boyer. Dans sa mire comme celle de l’institution, le lancement prochain de Libra, la monnaie virtuelle du patron de Facebook Mark Zuckerberg, mais aussi d’autres crypto-monnaies aux valeurs fluctuantes.

«C’est un sujet hautement politique car si on laisse les acteurs privés s’emparer de la monnaie, il y a un fort risque que la BCE perde son pouvoir de régulation monétaire au profit d’acteurs guidés par la seule logique de marché», explique l’économiste Abdelkader Slifi, professeur à l’Université Paris-Dauphine, qui estime que la BCE suit “une stratégie défensive pour rattraper Libra” qui pourrait bien capter de nombreuses transactions numériques à sa sortie. Pour ralentir son déploiement en Europe, les ministres des Finances français, allemand, italien, espagnol et néerlandais ont adopté début septembre une nouvelle réglementation très stricte sur toute monnaie virtuelle, sans exclure son éventuelle interdiction.

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