Edouard Balladur sera jugé par la Cour de justice de la République du 18 janvier au 19 février

L’heure du jugement est venue. Plus de vingt-cinq ans après les faits, l’ancien Premier ministre Edouard Balladur sera jugé du 18 janvier au 19 février par la Cour de justice de la République (CJR) dans le volet financier de l’affaire Karachi, pour des soupçons de financement secret de sa campagne présidentielle de 1995, ont annoncé des sources judiciaires jeudi 27 août.

M. Balladur, 91 ans, est licencié pour “complicité dans l’abus des biens de l’entreprise” et “dissimulation” de ces crimes. Son ancien ministre de la Défense, François Léotard, comparaîtra à ses côtés pour «complicité» devant le CJR, juridiction controversée et seule habilitée à juger les infractions commises par des membres du gouvernement dans l’exercice de leurs fonctions.

L’ancien Premier ministre et ex-candidat à l’élection présidentielle de 1995 avait contesté jusqu’au bout sa saisine du CJR, mais la Cour de cassation a rejeté ses derniers recours en mars, ouvrant la voie à ce procès.

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Dans l’aspect financier mais non gouvernemental de la tentaculaire affaire Karachi, le tribunal correctionnel de Paris a sévèrement sanctionné le 15 juin les anciens proches d’Edouard Balladur, pour leur rôle dans un système de commissions cachées sur les contrats d’armement avec l’Arabie saoudite et le Pakistan.

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Pour les juges correctionnels, certains des proches de l’ancien premier ministre ne pouvaient ignorer “Origine douteuse” les fonds versés sur le compte de la campagne présidentielle de 1995 et provenant de rétrocommissions illégales. Le tribunal correctionnel a estimé qu’entre 6 et 10 millions de francs avaient atterri illégalement sur le compte de campagne de M. Balladur.

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Thèse non confirmée

L’affaire Karachi doit son nom à l’attaque du 8 mai 2002, qui a fait 15 morts, dont 11 employés français de la Direction des chantiers navals (ex-DCN) qui travaillaient à la construction de l’un des sous-marins Agosta. vendu au Pakistan.

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Depuis 2009, l’enquête antiterroriste explore la thèse – non confirmée – des représailles à la décision de Jacques Chirac, tombé amoureux d’Edouard Balladur à l’élection présidentielle de 1995, d’arrêter le paiement des commissions dans ces contrats après son élection. Entendu cinq fois par les juges d’instruction, M. Balladur a assuré qu’il n’était pas “Je n’ai rien informé de l’existence de commissions, de rétrocommissions”.

Avant Edouard Balladur et François Léotard, huit personnes – dont Jean-Jacques Urvoas, Christine Lagarde, Charles Pasqua ou encore Ségolène Royal – étaient jugées par la Cour de justice de la République, une cour mi-judiciaire mi-politique critiquée pour la lenteur de sa procédures et la clémence de ses jugements, et dont l’existence est suspendue.

Depuis 1999, le CJR a acquitté trois anciens ministres, condamné trois autres à des peines avec sursis et reconnu deux coupables tout en les exemptant de peine.

Le monde avec l’AFP

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