mars 1, 2021

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En cas de recomposition totale, l’économie française est-elle vraiment en danger de s’effondrer?

L’inquiétude monte. Alors qu’Emmanuel Macron doit s’exprimer, ce mercredi 28 octobre, à 20 heures, pour annoncer de nouvelles mesures destinées à stopper la flambée de l’épidémie de Covid-19 en France, l’option d’un recentrage n’apparaît pas plus tabou. Et certains mettent en garde contre ses conséquences économiques: “Si on reconfine complètement comme on l’a fait en mars, ce n’est pas −10% de récession que l’on risque, c’est un effondrement de l’économie”, a protesté le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux . Du côté de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), on parle aussi d ‘«effondrement de l’économie française».

Vrai ou faux ? Deux économistes, Anne-Sophie Alsif, chef économiste au Bureau de l’information et des prévisions économiques (BIPE, cabinet de conseil), également membre du think tank BSI Economics, et Mathieu Plane de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), réponds nous.

Les conséquences d’un confinement seraient désastreuses

VRAI. «Lors de la première vague, l’enfermement a été un désastre pour l’économie, estime Matthieu Plane. Nous perdions 2 milliards d’euros par jour d’activité économique. C’est 60 milliards en un mois! Cette fois, en cas de reconfinement total, comme en mars, ce serait cataclysmique! Parce que les entreprises, et en particulier les très petites et moyennes entreprises, sont beaucoup plus fragiles qu’au printemps. Ils ont accumulé 50 milliards d’euros de pertes et la plupart n’ont pas retrouvé leur niveau d’activité d’avant la crise. «Leur taux d’endettement est également très élevé», poursuit-il. Cela fera très mal. “Mais à partir de là pour dire que tout risque de s’effondrer …” Parler d’un effondrement de l’économie reste exagéré, tempère Anne-Sophie Alsif. Car il est très probable que les mesures de soutien de l’État, telles que le chômage partiel ou l’exonération de charges, se poursuivent. Selon elle, une reconfiguration en novembre permettrait également d’éviter – économiquement – les fêtes de fin d’année. «Rien que pour le commerce de détail, décembre représente entre 20% et 30% du chiffre d’affaires annuel», précise-t-elle. S’il y a un réel rebond de la consommation en décembre, cela en vaut la peine. “

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L’emploi sera touché dans tous les secteurs

FAUX. Contrairement au premier lock-out, le secteur manufacturier serait beaucoup moins touché, car les matières premières en provenance de Chine ne seront pas bloquées. «C’est important, car dans le secteur manufacturier, une fois les emplois supprimés, il est beaucoup plus difficile de les recréer», explique Anne-Sophie Alsif. Dans les services, comme dans l’hôtellerie et la restauration, l’emploi se reconstruit beaucoup plus rapidement. Néanmoins, la situation des TPE et des PME est critique. «Les très petites entreprises ont obtenu un peu d’oxygène au printemps grâce au prêt garanti par l’Etat (PGE)», se souvient-elle. Mais ces liquidités, qu’ils n’ont souvent pas pleinement utilisées, ne suffiront pas à couvrir les besoins en cas de deuxième confinement. Si les ménages ne pourront plus consommer, ils seront pris à la gorge. »Selon elle, il ne fait aucun doute: une reconfiguration entraînerait la fin de l’année et le début de 2021 des faillites d’entreprises en cascade. Avec des milliers de nouveaux chômeurs.

L’Etat devra mettre encore plus la main dans le portefeuille

VRAI. “C’est certain, lâche Mathieu Plane. Aujourd’hui, pour éviter les faillites en cascade, l’Etat doit supporter les coûts fixes des entreprises trop endettées pour les payer: les loyers, le coût des machines, des équipements, des véhicules de transport, etc.” Les loyers, étudiés depuis plusieurs semaines à Bercy, n’ont pas encore été décidés. Pour limiter le montant de ce nouveau chèque, une solution existe. Alors qu’un projet de loi de finances rectificative 4 est déjà à l’ordre du jour pour compléter l’enveloppe du fonds de solidarité, une redistribution sur les 100 milliards d’euros du plan de relance pourraient être examinés. “S’il faut financer le chômage partiel en urgence, le gouvernement pourrait, par exemple, reporter la baisse des taxes à la production”, note Anne-Sophie Alsif.

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La dette publique ne sera plus soutenable

FAUX. «Les comptes sont déjà dans le rouge…, déplore Anne-Sophie Alsif. Avec une dette de 115 points de PIB, si l’on grimpe à 120 ou 130%, cela ne changera pas la donne. «Surtout si nous nous comparons à nos voisins italiens, dont la dette avoisine dangereusement les 160 points de PIB. “Le rebond aura lieu, de toute façon, en 2021 et encore plus en 2022”, espère-t-elle. Attention cependant, car «l’argent magique est limité, s’inquiète Mathieu Plane. Si l’Etat supporte les pertes des entreprises, il faudra finalement rembourser la dette. Et il n’y a pas de miracle: ce sera aux ménages de le faire. “