mars 6, 2021

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Engie renonce à un méga-contrat américain, sous la pression de l’Etat et des ONG

Le groupe Engie (ex-GDF-Suez) ne finalisera pas son contrat de 6,9 ​​milliards de dollars (5,9 milliards d’euros) d’importation de gaz naturel liquéfié (GNL) américain sur une période de vingt ans. L’entreprise d’énergie a confirmé à Monde, Mardi 3 novembre, fin des discussions commerciales avec le groupe NextDecade. Ce contrat était au cœur d’un bras de fer entre Engie et le gouvernement français, pour une fois discrètement aligné sur les positions des associations environnementales.

Fin septembre, en pleine bataille Suez-Veolia, le conseil d’administration a dû examiner les termes de ce méga-contrat, mais l’Etat, premier actionnaire d’Engie avec 23,6% du capital, a exprimé sa gêne. La fracturation hydraulique, qui extrait le gaz de schiste, est une pratique interdite en France. Le fait de les importer massivement par un groupe dans lequel l’État joue un rôle important aurait représenté une contradiction pour les pouvoirs publics – qui viennent de s’engager à ne plus fournir de garanties publiques de crédit à l’exportation pour les projets de gaz de schiste ou de pétrole.

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Le président du conseil d’administration d’Engie, Jean-Pierre Clamadieu, avait estimé en une entrevue à Mondedébut octobre, il fallait “Relativer” la portée de ce contrat. “Le conseil s’est posé un certain nombre de questions, dont celle de l’impact sur l’environnement: la réponse est complexe”, expliqua-t-il alors, tout en assurant que “Ce n’est pas un sujet de débat majeur avec l’Etat”.

“Risques de réputation”

Selon plusieurs sources, les représentants de l’Etat auraient menacé de voter contre le contrat s’il avait été présenté en conseil. Contacté, Bercy n’a pas répondu aux demandes de Monde. Au sein d’Engie, l’annonce de ce projet avait suscité de très fortes réticences, certains y voyant un contrat en contradiction avec l’image de champion de la transition énergétique que le groupe tente de construire.

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“C’est une révolution chez Engie, on ne prend jamais ce genre de risque à cause de la polémique sur le sujet en France”, s’est alarmé un très haut dirigeant de l’entreprise, qui a vu “Un mauvais signal”. Ce projet a alimenté les critiques de ceux qui accusent Jean-Pierre Clamadieu d’organiser un virage «gris», principalement axé sur les énergies fossiles. Une accusation fortement démentie au sommet du groupe, où l’on assure que ce contrat était déjà en négociation à l’époque de l’ancienne directrice générale Isabelle Kocher.

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