septembre 23, 2020

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énorme marche de l’opposition à Minsk contre Loukachenko, qui refuse de céder

«Pars! » Effrayé par les manifestants pendant la “Marche pour la liberté”, réunie à Minsk le dimanche 16 août, cette injonction était destinée au président biélorusse Alexandre Loukachenko. Sous la pression des rues, ce dernier, dans le même temps, a une nouvelle fois rejeté les appels à de nouvelles élections devant ses partisans, qui se réunissaient également dans la capitale.

Marchant le long de l’avenue de l’indépendance dans le centre de la capitale biélorusse, portant des fleurs et vêtus de blanc, des dizaines de milliers de manifestants exigeant le départ de l’autocrate ont défilé au milieu de chants et de klaxons en direction du monument érigé à la mémoire des victimes de la Seconde Guerre mondiale . Alors qu’ils portaient à bout de bras le rouge et le blanc de l’opposition sur un gigantesque drapeau, non loin de là, M. Loukashenko qui avait demandé à ses partisans de défendre le pays, fit une apparition surprise.

“Si on fait ça, on va faire un tour”

C’est sur la place de l’Indépendance, quelques minutes avant le début de cette marche, qu’il a pris la parole devant plusieurs milliers de ses partisans: “Chers amis, je vous ai appelés ici non pas pour que vous me défendiez, mais parce que, pour la première fois en un quart de siècle, vous pouvez défendre votre pays et son indépendance”, dit-il, aux ovations.

Le président Alexander Lukachenko enlève sa veste avant de s'adresser à ses partisans à Minsk le dimanche 16 août.

Le président du Bélarus, 65 ans, a réagi à la volonté de l’opposition de tenir une nouvelle élection présidentielle: “Si nous faisons cela, nous allons faire un tour et nous ne reviendrons jamais”, prédit-il, face à ses partisans agitant le drapeau officiel rouge et vert, hérité de la période soviétique.

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S’exprimant depuis une tribune, entouré de gardes du corps, Alexandre Loukachenko a dénoncé la volonté, selon lui, de s’imposer au pays “Un gouvernement étranger”. À ses côtés se tenait son plus jeune fils, Nikolai Lukashenko, parfois présenté comme son successeur potentiel.

Les membres de l’élite rassemblent la protestation

La victoire d’Alexandre Loukachenko à l’élection présidentielle du 9 août a été considérée comme largement truquée, car la mobilisation en faveur d’une rivale inattendue, Svetlana Tikhanovskaya, 37 ans, a enflammé la Biélorussie avant le vote. L’adversaire est maintenant en exil en Lituanie, et a annoncé la création d’un comité pour organiser le transfert de pouvoir.

Des membres de l’élite ont depuis rallié la contestation: des journalistes de la télévision publique, généralement sous les ordres du pouvoir, des chercheurs et des hommes d’affaires, mais aussi un ancien ministre de la Culture, Pavel Latouchko. Dans une vidéo, l’ambassadeur biélorusse en Slovaquie, Igor Lechchenia, s’est dit “Choqué par les témoignages de torture et de passages à tabac”.

Répression violente

Rassemblement contre le président Alexander Lukachenko, à Minsk, le 16 août.

Après les élections du dimanche 9 août, les quatre premiers soirs de manifestations ont été réprimés par les forces anti-émeutes, tuant au moins deux personnes et en blessant des dizaines. Des hommages aux manifestants tués ont eu lieu ce week-end à Minsk et Gomel.

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Depuis jeudi, en réaction aux violences, la mobilisation s’est étendue: des chaînes humaines et des rassemblements d’opposition se sont multipliés dans tout le pays, tandis que des ouvriers d’usine emblématiques ont lancé des actions de solidarité.

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Ces grandes manifestations se sont déroulées sans arrestations, les autorités biélorusses ayant donné des signes de recul après les manifestations occidentales et annoncé la libération de plus de 2 000 des 6 700 personnes arrêtées.

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“L’aide complète” de Poutine

Sous pression, le président biélorusse a brandi samedi 15 août, le spectre d’une intervention russe, affirmant que son homologue Vladimir Poutine lui avait assuré, lors d’un entretien téléphonique, sa “Aide complète (…) pour assurer la sécurité du Bélarus » si ce dernier venait le lui demander. Dimanche, le Kremlin s’est déclaré prêt à fournir une assistance militaire, si nécessaire, en vertu du traité d’Union entre les deux pays et de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) composée de six anciennes républiques soviétiques.

Selon le président biélorusse, son pays fait face à une “Révolution des couleurs” (le nom donné par le Kremlin à plusieurs mouvements populaires, selon lui, soutenus de l’étranger qui ont conduit à des changements de pouvoir dans les pays de l’ex-URSS au cours des vingt dernières années), avec «Éléments d’interférence externe. “

L’Union européenne, pour sa part, a ordonné des sanctions contre des responsables bélarussiens liés à la fraude et à la répression électorales. “L’UE va maintenant lancer un processus de sanctions contre les responsables des violences, arrestations et fraudes liées aux élections”La ministre suédoise des Affaires étrangères, Ann Linde, a annoncé vendredi après une vidéoconférence avec ses homologues.

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Le monde avec l’AFP