janvier 27, 2021

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Entre LVMH et Tiffany, c’est déjà fini

A peine engagé, déjà séparé. Le joaillier Tiffany et le géant du luxe LVMH renoncent à leur fusion. Le groupe dirigé par Bernard Arnault (et auquel appartient Le Parisien Today en France) ne se considère plus «en mesure» d’acheter la marque américaine «en l’état». En conséquence, ces derniers ont riposté en traduisant les États-Unis en justice.

L’engagement a fait la une des journaux en novembre dernier, lorsque le numéro un mondial du luxe a annoncé vouloir mordre la prestigieuse marque new-yorkaise pour le montant record de 16,2 milliards de dollars (13 milliards d’euros). La crise sanitaire en a décidé autrement.

Après avoir annoncé fin août qu’il reportait à fin novembre 2020 l’échéance de finalisation de l’opération, LVMH a annoncé mercredi avoir décidé de rencontrer son conseil d’administration “après une succession d’événements susceptibles d’affaiblir le ‘Tiffany transaction d’acquisition d’entreprise ».

Le groupe français évoque notamment «une lettre du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères (Jean-Yves Le Drian, NDLR) qui, en réaction à la menace de taxes sur les produits français formulée par les États-Unis, demande au groupe LVMH de surseoir l’acquisition de Tiffany au-delà du 6 janvier 2021 ».

“Nous n’avons d’autre choix que d’appliquer les termes de cette lettre”, qui “s’impose à LVMH”, a déclaré Jean-Jacques Guiony, directeur financier de LVMH, lors d’une conférence de presse.

Prix ​​d’achat trop élevé

Le prix d’achat du bijoutier, devenu trop élevé au vu des dégâts causés par la crise, est au cœur du problème. Comme l’explique un opérateur boursier sous couvert d’anonymat, alors que le cours de Tiffany s’éloignait des 135 dollars par action initialement attendus, LVMH avait sans doute «le sentiment qu’il était en droit de négocier une baisse. de prix “.

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Le titre, qui s’est dévissé de 11% sous le coup de cette annonce mercredi à Wall Street, évoluait déjà bien en dessous de ce prix mardi soir à la clôture (près de 122 dollars). “Nous n’avons jamais tenté de renégocier les termes de cette transaction”, a cependant assuré Jean-Jacques Guiony mercredi.

Le conseil d’administration de LVMH déclare avoir “pris acte de la demande de Tiffany de prolonger le délai de finalisation de l’accord du 24 novembre 2020 au 31 décembre 2020”. Il ajoute qu’il a «décidé de s’en tenir aux termes» de l’accord conclu en novembre 2019 prévoyant un délai de clôture de l’opération au plus tard le 24 novembre 2020, et «a noté que dans l’État, LVMH ne serait donc pas en mesure de finaliser l’opération d’acquisition de Tiffany & Co ».

Un tribunal du Delaware saisi

Tiffany a annoncé avoir saisi un tribunal de l’État du Delaware, accusant le groupe de Bernard Arnault d’avoir traîné les procédures réglementaires. «Nous regrettons d’avoir à prendre cette décision, mais LVMH ne nous a laissé d’autre choix que d’engager un contentieux pour protéger notre groupe et nos actionnaires», explique Roger N. Farah, président du conseil d’administration dans un communiqué. administration.

Tiffany affirme que LVMH n’avait pas, au 24 août 2020, adressé certaines demandes aux autorités compétentes pour obtenir leur feu vert concernant l’opération, notamment l’Union européenne ou Taïwan. Dénonçant la «mauvaise foi» de la marque américaine, concernant notamment l’Union européenne, Jean-Jacques Guiony nous assure que Tiffany sait que les procédures sont dans une «situation extrêmement classique en matière de concurrence».

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Le joaillier affirme vouloir “obtenir une décision” du tribunal du Delaware “avant le 24 novembre, obligeant LVMH à remplir ses obligations et à conclure la transaction dans les conditions convenues”.

Les mesures de confinement, qui ont conduit Tiffany à fermer ses magasins, lui ont coûté 65 millions de dollars entre février et avril, contre un bénéfice de 125 millions de dollars un an plus tôt. Son patron Alessandro Bogliolo a toutefois assuré mercredi que l’activité était “clairement solide”, soulignant que “le groupe est déjà revenu à la rentabilité après seulement un quart de pertes”.