septembre 21, 2020

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Froid ou Covid-19? Le “puzzle” des parents et des médecins

21 h 32, 12 septembre 2020

Mardi matin, le fils d’Anaïs s’est réveillé avec un nez qui coule et une fièvre de 38 ° C. Par précaution, elle préfère le garder à la maison. “On ne sait jamais, ça pourrait être le Covid,” dit-elle. Après la sieste, Emile, 9 ans, «se remet en forme» et n’a plus de fièvre. Sa mère a informé le directeur le lendemain matin, mais elle a répondu que l’école ne reprendrait pas son fils sans un certificat de non-contagion. «Je ne pensais pas que l’école allait me donner un tel protocole pour un peu de froid», confie Anaïs.

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Cette situation est vécue par de nombreux parents depuis le début de l’année scolaire. Car le rhume, l’amygdalite et d’autres virus ont également fait leur retour sur les bancs de l’école le 1er septembre. Dans le contexte de la pandémie de coronavirus, il est difficile pour les parents de distinguer un nez qui coule de Covid-19. Les écoles, pour leur part, ne préfèrent pas prendre de risques. Plus d’une trentaine d’entre eux ont déjà fermé en France, ainsi que plus de 500 cours. Si l’élève présente des “symptômes”, il ne doit pas retourner à l’école “en attendant un avis médical”, selon le protocole du ministère de la Santé. Mais la définition des «symptômes» ne semble pas claire, tant pour les parents que pour les écoles.

L’angoisse du “moindre copain”

“Les parents sont inquiets car au moindre symptôme, le Covid est la première chose à laquelle ils pensent”. Bénédicte Bon Nguyen, secrétaire générale de l’Union nationale des associations autonomes de parents d’élèves (Unaape), ne compte plus les retours de parents inquiets. Ils ne savent plus quoi faire: doivent-ils s’occuper de leurs enfants pour un mal de ventre ou un peu de fièvre?

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Des questions qu’ils ne se poseraient pas en temps normal, puisque les viroses reviennent à chaque rentrée. Les parents ne doivent s’alerter qu’en cas de “fièvre supérieure à 38 ° C au-delà de 48 heures, fatigue intense, toux et troubles digestifs”, rappelle le président de la branche générale de la Confédération des syndicats médicaux de France (CSMF), Luc Duquesnel.

Mais en fait, certaines écoles appliquent le protocole sanitaire de l’Éducation nationale de manière beaucoup plus stricte. «Le moindre bruit, le moindre nez qui coule, et les écoles refusent l’enfant quand il n’a même pas de fièvre», explique Bénédicte Bon Nguyen.

Pour les parents, “c’est la course aux laboratoires”

Une fois l’enfant retiré de l’école, un autre «puzzle» commence pour le président de la Fédération des Conseils de Parents (FCPE) à Paris. Vous devez prendre rendez-vous avec le médecin, puis, si ce dernier juge le test PCR nécessaire, rendez-vous dans un laboratoire d’analyses. «Les parents ne trouvent parfois pas de centres qui testent les enfants, ou font la queue pendant 4 heures avec eux. Et derrière, il faut attendre les résultats qui tombent 3 ou 4 jours plus tard», déplore Ghislaine Morvan Dubois.

C’est ce qui est arrivé à Anaïs. Son médecin a ordonné à son fils de passer un test PCR sans le recevoir, “pour se protéger”, a-t-elle dit. Elle se rend dans un centre de dépistage gratuit “pour ne pas attendre 5 heures dans un laboratoire”. Là, on lui dit que les résultats seront disponibles dans 5 jours. «Je me retrouve confiné avec lui alors qu’il a juste le nez qui coule, déplore la mère d’Emile. Heureusement je peux faire du télétravail; mais les jours sont longs, et j’ai dû lui acheter un carnet de vacances pour qu’il ne perde pas trop le rythme “.

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Pour éviter ce genre de situation, Ghislaine Morvan Dubois souhaite mettre en place un dépistage en mairie et des files d’attente prioritaires dans les laboratoires. En d’autres termes, «un accès plus facile aux tests pour les enfants auxquels l’école les demande». «Parce que c’est la course aux laboratoires, et que les parents ne peuvent pas tous s’arrêter du jour au lendemain, ni télétravailler», souligne le président du FCPE75.

Les cabinets de médecins pris d’assaut

Quant aux médecins généralistes, la situation n’est pas forcément plus simple: les pratiques sont tout simplement prises d’assaut. Dans un communiqué publié jeudi, SOS Médecins déclare avoir observé une “augmentation des consultations pour les enfants d’âge scolaire peu symptomatiques, à la demande des établissements” depuis début septembre, et “encore plus ces derniers jours”.

Un phénomène que le médecin généraliste Luc Duquesnel note dans son propre cabinet, qui compte sept médecins. “Depuis lundi, ça a été infernal. Nous avons été assaillis d’appels de parents d’élèves désemparés parce que les institutions leur demandent de reprendre leur enfant parce qu’il a le nez qui coule”, a déclaré le président du CSMF.

D’autant que certains établissements exigent des certificats de non-contagion, sinon ils n’accepteront pas le retour des étudiants. Un certificat “difficile à établir sans test PCR”, selon le communiqué de SOS Médecins. Et une demande qui “ne repose sur aucune obligation législative ou réglementaire”, rappelle le Conseil national des ordres médicaux, dans un communiqué publié ce vendredi sur la base du protocole sanitaire du ministère.

Manque d’instructions claires pour les praticiens

Au-delà du certificat, il est parfois difficile de faire le choix entre un virus saisonnier et Covid-19, même pour un professionnel de santé. “Pour être sûr à 100%, nous avons besoin d’un test PCR. Sachant qu’on nous demande d’éviter les tests PCR sur les enfants de moins de six ans, car ce sont des procédures invasives”, souligne le secrétaire général de SOS Médecins, Serge Smadja. Alors que faire: commander un test PCR à chaque fois, en cas de doute?

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Selon lui, le comportement à adopter pour les professionnels de santé doit être clarifié et normalisé. “Est-ce un test PCR pour tout le monde, même les moins de six ans? Ou au cas par cas, en fonction des preuves cliniques? Parce que c’est flou, et tout le monde en parle. Bullet”, regrette-t-il .

Mais le secrétaire général de SOS Médecins est conscient que la première option serait problématique, compte tenu de la congestion des laboratoires d’analyses. “Si les médecins pouvaient faire des tests avec lecture immédiate, ce serait une solution pour rendre le circuit plus fluide”, estime-t-il. D’autant que cette situation n’est pas vouée à s’améliorer, puisque la grippe est imminente.