décembre 2, 2020

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Google veut proposer la fibre optique sans fibre optique

En gestation depuis quelques années, le projet Taara de Google prend forme. L’idée? Utilisez des faisceaux lumineux pour transporter Internet sur de grandes distances. Fibre optique, mais sans câbles.

Google a eu plusieurs idées pour fournir un accès Internet ces dernières années. En 2010, la société a proposé un service Google Fiber, pour déployer la fibre optique aux États-Unis (mais le projet suspendu depuis 2016). En 2013, la firme de Mountain View a lancé le projet Google Loon, qui utilise des ballons stratosphériques pour transporter des liaisons sur de longues distances.

Et aujourd’hui c’est le Projet Taara que le groupe américain entend mettre en avant.

Sur le site de son laboratoire dédié aux projets au futur incertain (Aile pour la livraison par drone, Loon, Waymo pour la conduite autonome, En vérité dans le domaine de la santé, Verre pour lunettes connectées, la chronique pour la cybersécurité ou Brain in intelligence artificielle), une nouvelle initiative est présentée. Comme Loon et Fiber, il s’agit de la connexion à Internet.

Le projet Taara de fourniture de fibre optique “sans fil”

Concrètement, l’idée avec Taara est d’amener les débits qu’offre actuellement la fibre optique dans des régions mal desservies par les infrastructures de télécommunications, mais sans fibre optique. Comment? ‘Ou quoi ? En installant des pylônes qui communiquent entre eux grâce à des faisceaux de lumière invisibles à l’œil nu. Comme la fibre optique, par conséquent, qui utilise également la lumière pour transmettre des données.

Concrètement, Taara cible avant tout les pays les moins bien équipés en télécoms. Dans une image animée, Google imagine par exemple le scénario où un premier pylône situé dans une grande ville enverrait son faisceau lumineux vers un autre pylône, qui se trouverait dans un village. Ce pylône émettrait alors des ondes pour fournir une liaison sans fil à tous les appareils à portée.

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Techniciens manœuvrant pour installer une liaison FSOC. // Source: Google

« C’est comme la fibre, mais sans les câbles “, Résume Alphabet, la société mère de Google. ” Taara utilise la lumière pour transmettre des informations à très grande vitesse dans l’air sous la forme d’un faisceau très étroit et invisible. En théorie, cette approche peut couvrir des distances de plus de 20 kilomètres (si le temps est clair) et fournir des vitesses allant jusqu’à 100 Gbit / s.

Habituellement, il faut plutôt s’attendre à une vitesse de 20 Gbit / s, pour lire Google: ” Avec une ligne de vue dégagée, ces communications peuvent transmettre des données sans fil à des vitesses élevées allant jusqu’à 20 Gbps “. Cela suffit à des milliers d’internautes pour regarder YouTube en même temps. Et c’est une solution pour étendre le réseau de fibre optique dans les derniers kilomètres à connecter.

« C’est comme la fibre, mais sans les câbles »

La technologie utilisée par Google n’est pas nouvelle. C’est ce qu’on appelle la communication optique en espace libre (FSOC). Ses racines remontent à 1880, avec la technique de la téléphonie optique inventée par Alexander Graham Bell, baptisée photophone. À l’époque, nous utilisions un miroir et la portée ne dépassait pas 200 mètres.

Quant à l’idée de relier les pylônes entre eux, ce n’est pas non plus quelque chose de révolutionnaire. Comme le rappelle Régulateur français des télécoms, il existe des sites mobiles qui sont reliés aux réseaux des opérateurs par des liaisons en fibre optique, mais aussi par des liaisons sans fil (appelées «hyperfréquences») et parfois même par une liaison satellite.

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Taara FSOC
Détail d’un lien FSOC. // Source: Google

Un projet en devenir depuis quelques années

Quoi qu’il en soit, Google trouve cette piste prometteuse. L’entreprise l’avait déjà mentionné en décembre 2017, mais il ne s’appelait pas encore Taara, juste un projet FSOC. Près de trois ans plus tard, la société s’est séparée le 10 novembre deun article de blog pour évoquer son partenariat avec Econet, l’opérateur Liquid Telecom, mais aussi et surtout le déploiement annoncé au Kenya.

Taara aidera à fournir une connectivité à haut débit dans les endroits où il est difficile de poser des câbles à fibre optique, ou où le déploiement de la fibre optique pourrait être trop coûteux ou dangereux – par exemple au-dessus des rivières, à travers les parcs nationaux ou dans les zones post-conflit », Détaille Mahesh Krishnaswamy, en charge du projet.

Des bénéfices en termes de coût sont donc à prévoir, puisque les travaux seront moins importants et pourront également bénéficier de certaines infrastructures déjà en place (antennes relais pour les liaisons mobiles par exemple). L’empreinte devrait également être plus petite, car il ne sera pas nécessaire de creuser, par exemple, une tranchée pour enterrer un câble à fibre optique.

Les communications optiques en champ libre, tout en encourageant, ont aussi à voir avec des contraintes: les appareils doivent avoir une vue directe les uns des autres pour communiquer. Ensuite, la météo peut affecter la qualité des liaisons, comme la pluie, la neige ou le brouillard. Si la première contrainte est facile à contourner en s’installant sur les points hauts, il sera plus difficile de contrer les caprices de la météo.

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Crédit photo de celui-ci: Google

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