janvier 24, 2021

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huit distributeurs de bitcoins placés sous scellés par la police judiciaire

C’est un distributeur automatique de bitcoins de ce type qui a été installé à Lille (illustration). – Omar Marques / SOPA Images / Sipa

  • La police judiciaire a placé sous scellés huit distributeurs de bitcoins, une monnaie virtuelle dont la valeur continue de battre des records.
  • Ils ont été installés dans plusieurs grandes villes de France par une société polonaise visée par une enquête de blanchiment d’argent.
  • Les enquêteurs s’interrogent en effet sur le caractère illicite des fonds contenus dans ces machines.

«Il s’agit de la première opération de ce type en France», explique à 20 minutes Commissaire Anne-Sophie Coulbois, responsable de l’OCRGDF (Office central de répression des grands délits financiers). Les enquêteurs de la
police fédérale mis sous scellés, vendredi dernier, huit distributeurs de
bitcoins qui avait été installée à Lille, Marseille, Cannes, Nice, Grenoble, Rouen et Paris par ATS, une société polonaise visée par une enquête pour blanchiment d’argent aggravé. L’argent qu’ils contenaient, environ 191 000 euros, a été saisi. A ce stade, l’enquête n’a pas donné lieu à des arrestations.

En janvier dernier, ATS a installé l’un de ces guichets automatiques, vous permettant d’acheter ou de vendre des bitcoins, dans le quartier populaire de Fives à Lille. “Cependant, les crypto-monnaies peuvent être des vecteurs importants de blanchiment d’argent”, remarque le commissaire Coulbois. Une enquête, confiée à la direction interrégionale de la police judiciaire de Lille, a été ouverte par le parquet de la ville, qui s’est depuis dessaisi au profit du juge national chargé de la lutte contre la criminalité organisée. La police a d’abord découvert que ces appareils n’étaient pas enregistrés auprès de l’AMF (Autorité des marchés financiers) comme le prévoit la loi.

Fonds d’origine douteuse

Vendredi, des enquêteurs des services territoriaux de la PJ, et ceux de l’OCRGF, ont donc placé sous scellés huit distributeurs lors d’une opération coordonnée sur l’ensemble du territoire. Au-delà de ce délit réglementaire, les policiers de la direction centrale de la police judiciaire, qui ont récupéré le reste des enquêtes, s’interrogent également sur le caractère illicite des fonds qu’ils contenaient. En effet, le douane a vérifié, à la frontière franco-belge, les salariés de cette entreprise polonaise qui transportaient un peu plus de 40 000 euros d’origine douteuse. Ces guichets automatiques étaient-ils utilisés pour blanchir de l’argent sale? “L’enquête est toujours en cours, notamment sur cet aspect”, a déclaré le commissaire Coulbois.

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