«Je ne comprends pas… mais y a-t-il quelque chose à comprendre?

“Je ne comprends pas … mais y a-t-il quelque chose à comprendre?”

Marie habite depuis trois ans une chambre de 18 m² dans la résidence universitaire du Crous à Pont-de-Bois, un quartier de Villeneuve-d’Ascq (Nord). Et, comme lors du premier accouchement, elle sait que le moral en prendra un coup. «Nous avons une pièce dans laquelle nous mangeons, dormons, travaillons, lisons. C’est compliqué. Surtout quand vous devez dormir au rythme du bruit des gouttes d’eau des fuites d’eau dans la pièce au-dessus de sa maison. “Depuis deux ans, c’est de la torture.”
Cette étudiante psycho de cinquième année ne voulait pas retourner à Arras avec ses parents, “personnes à risque”. Cependant, elle poursuit son dernier stage en protection de l’enfance, pendant un mois. Et cela l’interroge. “Ce n’est pas grave si je prends le métro très fréquenté pour aller en stage, mais c’est sérieux si je veux aller boire une bière avec mes amis …? Je ne comprends pas … mais y a-t-il … quelque chose à comprendre? “
A 23 ans, ce futur psychologue pense surtout aux autres. «Nous sommes des êtres sociaux, nous avons besoin d’interactions sociales. Qu’en est-il des bébés qui vont connaître un développement atypique en grandissant autour de visages masqués? Et puis je pense aussi à tous ces gens seuls, qui ruminants, qui ne peuvent pas partager.

Moustoifa Abalkini, 20 ans, vit seule. Ses proches sont loin de lui. Arrivé de Mayotte il y a quelques semaines, ce jeune étudiant en sciences exactes de l’ingénieur avait déjà passé le premier confinement seul dans ses 18 m² à Pont-de-Bois. “Je travaillerai à distance, ça ira”, dit-il, maintenant habitué à être seul.

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Au cinquième étage de la résidence universitaire, les chercheurs turcs partagent une superficie de 36 m². “Nous avons de la chance d’être deux, donc pour l’instant, ça se passe bien”, déclare Hakan Yuksel, un chercheur en communication de 44 ans. Son compagnon, Tugce Oklay, enseignant-chercheur, regrette juste un manque de cohérence entre toutes les mesures prises par le gouvernement français. Pour ce couple, la reconfiguration ajoute à d’autres inquiétudes, notamment à la suite des déclarations du président turc Erdogan. Il leur est difficile de ne pas penser à leurs familles et amis en Turquie. Et comme si la nouvelle n’était pas assez lourde, un tremblement de terre vient de frapper leur pays d’origine.

Marie, 23 ans, étudiante de cinquième année en psychologie, devant la résidence universitaire Pont-de-Bois à Villeneuve-d’Ascq, le 30 octobre. AIMEE THIRION POUR “LE MONDE”

De notre correspondante à Lille Laurie Moniez

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