La peur du confinement fait rechuter les actions


LES ÉCHANGES EUROPÉENS CRÉENT LEURS PERTES À MI-SESSION

par Marc Angrand

PARIS (Reuters) – Wall Street devrait fortement reculer et les Bourses européennes creuser leurs pertes à la mi-séance lundi, s’interroge sur le risque d’un recentrage dans plusieurs pays face à la résurgence des cas d’infection à coronavirus qui replongent à nouveau marchés dans le climat général d’aversion au risque qui prévaut au printemps.

Les contrats à terme sur les principaux indices new-yorkais indiquent une ouverture de Wall Street en baisse d’environ 1,3% pour le Nasdaq, plus de 1,5% pour le Standard & Poor’s 500 et près de 2% pour le Nasdaq. le Dow Jones.

A Paris, le CAC 40 perd 3,14% à 4 821,66 points vers 11h00 GMT, le plus bas depuis le 3 août. A Londres, le FTSE 100 cède 3,44% et à Francfort, le Dax recule de 3,25%.

L’indice EuroStoxx 50 est en baisse de 3,02%, le FTSEurofirst 300 2,7% et le Stoxx 600 2,73%.

Ce dernier, comme le CAC 40, se dirige vers sa pire performance depuis juin.

Trois jours après l’entrée d’un nouvel endiguement total en Israël, premier pays à recourir à nouveau à une mesure de cette ampleur, le gouvernement britannique étudie la même possibilité, expliquant que le pays est à un «tournant» de l’épidémie. Et même si un retour à l’endiguement généralisé semble peu probable pour le moment, les investisseurs craignent un nouveau resserrement des restrictions sur les déplacements et les rassemblements.

En Espagne, plusieurs quartiers de Madrid dans lesquels vivent 850 000 personnes au total sont soumis à des restrictions de voyage pendant quelques heures.

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L’indice de volatilité EuroStoxx 50, qui la semaine dernière est revenu à son plus bas niveau depuis fin février, a bondi de 26,35% à 28,62.

VALEURS EN EUROPE

Tous les grands secteurs de la côte européenne sont dans le rouge et les chutes sont spectaculaires pour beaucoup d’entre eux. L’indice Stoxx du tourisme et des loisirs, l’un des plus sensibles aux craintes liées à la crise sanitaire, a ainsi perdu 5,27%, sa plus forte baisse depuis le 11 juin.

Le compartiment bancaire a gagné 5,43%, les nouvelles révélations du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) sur les flux d’argent sale dans le secteur s’ajoutant au climat général défavorable lié à la crise sanitaire.

Parmi les institutions citées dans les dossiers publiés dimanche par de nombreux médias, HSBC cède 5,92% et Deutsche Bank 8,11%.

A Paris, Société Générale (-6,33%), BNP Paribas (-5,62%) et Crédit Agricole (-5,34%) figurent parmi les pires performances du CAC 40. Suez (+ 0,14%) surperforme le marché en attendant un éventuel plan alternatif à l’offre de reprise de Veolia qui baisse de 2,85%.

TAUX

La forte baisse des actions a conduit à une baisse marquée des rendements obligataires de référence: sur le marché américain, le marché des bons du Trésor à 10 ans perd 3,5 points de base à 0,6577% et son équivalent allemand, l’indice de référence de la zone euro, revient à -0,525% , en baisse de près de quatre points et le plus bas depuis un mois.

CHANGEMENTS

L’aversion au risque domine également l’évolution du marché des devises, avec entre autres un pic de près de six mois et demi contre le dollar pour le yen, qui bénéficie à nouveau de son statut de valeur refuge et affiche désormais un gain de près de 2% en six séances.

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Le billet vert a gagné près de 0,5% contre un panier de référence contre l’euro qui est retombé à 1,1780.

PÉTROLE

Le marché pétrolier souffre à la fois des craintes de demande alimentées par l’évolution de la pandémie de coronavirus et du possible retour du brut libyen sur le marché international, même si l’éventuelle arrivée de la tempête tropicale Beta dans le golfe du Mexique. lui apporte un soutien.

Le Brent a chuté de 2,11% à 42,24 $ le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) de 2,31% à 40,16 $.

Goldman Sachs a confirmé sa prévision de Brent short à 49 $ d’ici la fin de l’année et 65 $ d’ici la fin de septembre 2021 et Barclays a révisé la leur à 43 $ d’ici la fin de 2020 et 53 $ par an.

(édité par Patrick Vignal)

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