décembre 1, 2020

Mercatoshow.com

Monde des nouvelles complet

La pro-européenne Maia Sandu remporte l’élection présidentielle

La candidate Maia Sandu a remporté l’élection présidentielle en Moldavie le 16 novembre 2020. – Sergei GAPON / AFP

Loin devant les sortants pro-russe, l’ancien Premier ministre
pro-européen, Maia Sandu, a remporté le deuxième tour de l’élection présidentielle
en Moldavie, ce dimanche, après le dépouillement de plus de 99% des votes.

Face à Igor Dodon (43%), visé par des accusations de corruption au cours de son mandat de quatre ans, Maia Sandu, qui promet une lutte sans merci contre la corruption, a remporté 57% des voix.

Ancienne Banque mondiale

La victoire de Maia Sandu, 48 ans, première femme à prendre la présidence de cette ancienne république soviétique équilibrée depuis des années entre ambitions européennes et rapprochement avec Moscou, risque d’être mal vue par la Russie, qui craint de perdre son influence dans la région. Alors que les résultats complets sont attendus d’ici lundi matin, des célébrations ont éclaté devant le siège des élections du candidat dans le centre de Chisinau. Igor Dodon, 45 ans, ne s’est pas encore prononcé sur le résultat du vote, mais a “appelé au calme”. Sa conférence de presse était attendue dans la matinée.

La victoire de Maia Sandu annonce “un net déclin de l’influence russe”, a noté Iulian Groza pour le directeur exécutif de l’Institut pour la politique européenne et les réformes à Chisinau. Ce dernier, qui a la réputation d’être incorruptible, “fera avancer les réformes” et “pourra défendre les intérêts nationaux en dialoguant avec la Russie”, a-t-il ajouté. Economiste de formation, Maia Sandu a travaillé pour la Banque mondiale (BM) à Chisinau de 1998 à 2005, puis à Washington de 2010 à 2012. Avant son bref passage en tant que Premier ministre, elle avait également dirigé le ministère de l’Éducation.

L’un des pays les plus pauvres d’Europe

La Russie, confrontée cette année à des mouvements de contestation en Biélorussie et au Kirghizistan, qu’elle considère comme sa zone d’influence après avoir rompu ses liens avec l’Ukraine depuis 2014, a ouvertement soutenu le président Dodon. Son président Vladimir Poutine l’a reçu au Kremlin et a annoncé une aide financière à la Moldavie, dont l’économie très agricole a été frappée par la sécheresse cette année. Moscou a également accusé Washington d’avoir orchestré “un scénario révolutionnaire pour la Moldavie en novembre”.

Bucarest, qui a des liens historiques forts avec ce pays de langue roumaine, a pour sa part soutenu Maia Sandu. Amputée d’une partie de son territoire, la Transnistrie, contrôlée par des séparatistes pro-russes, la Moldavie, pays de 3,5 millions d’habitants, est parmi les plus pauvres d’Europe. On estime que jusqu’à 40% de sa population est partie à l’étranger pour échapper à la pauvreté.

Un scandale d’un milliard de dollars

Coincée entre l’Ukraine pro-occidentale et la Roumanie, membre de l’Union européenne, la Moldavie a été secouée en 2015 par un énorme scandale de corruption, concernant la disparition d’un milliard de dollars – l’équivalent de 15% du PIB – des fonds provenant de trois banques nationales. “Aujourd’hui, vous avez le pouvoir de punir ceux qui vous ont volé, qui vous ont réduit à la misère et vous ont forcé à quitter votre domicile”, a déclaré dimanche Maia Sandu après avoir voté à Chisinau, dans une allusion claire à sa rivale.

Maia Sandu avait créé la surprise en arrivant à la tête du premier tour de l’élection présidentielle grâce au soutien sans précédent de la diaspora. Au second tour, les Moldaves vivant à l’étranger se sont de nouveau rendus en grand nombre aux urnes. Près de 258 000 Moldaves ont voté à l’étranger, un record, contre 150 000 au premier tour. À la présidence, la marge de manœuvre de Maia Sandu pourrait néanmoins être limitée faute d’une majorité parlementaire fidèle. “Il y aura un bras de fer” avec le Parlement “mais des chances et des espoirs de changement sont tout de même apparus”, estime l’expert Viktor Tchobanu, cité par le site Newsmaker.md

Moldavie: en Transnistrie pro-russe, un “pays qui n’existe pas”

READ  Covid-19: décès d'un volontaire pour un test de vaccin à Oxford au Brésil