février 28, 2021

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La thèse du viol sapé, la confrontation avec les beaux-parents attendue

Jonathann Daval, mari d’Alexia, le jogger tué, le 5 novembre 2017. – SEBASTIEN BOZON / AFP

Devant les assises de Haute-Saône, la thèse d’un viol post mortem d’Alexia Daval par
son mari Jonathann, avancé par les parties civiles, a été mis à mal mardi par un expert, alors qu’une confrontation cruciale entre l’accusé et
ses beaux-parents doit avoir lieu.

Portée par les parties civiles, la piste du viol n’a jamais été retenue par l’enquête. Devant les assises de Haute-Saône, Jonathann Daval apparaît exclusivement pour «meurtre entre conjoints», est passible de la réclusion à perpétuité.

Sexe trois jours avant le meurtre

Interrogé par l’un des avocats de l’accusé, Me Randall Schwerdorffer, sur l’existence de “preuves de rapports sexuels post-mortem” impliquant sa cliente et Alexia, Antoine Tracqui, l’un des médecins légistes, a répondu par la négative: “Non seulement Je n’ai aucune preuve d’un rapport post mortem, mais je n’ai aucun argument positif dans ce sens “. Cette hypothèse est désormais “complètement retirée des discussions”, saluée lors d’une pause Me Schwerdorffer, appelant à “recentrer sur le dossier”.

Pour étayer la thèse du viol, les avocats des parties civiles avaient signalé lundi la présence de sperme dans le corps et sur les vêtements de la victime, Jonathann Daval assurant avoir eu un rapport sexuel trois jours avant le meurtre commis le nuit du 27 au 28 octobre 2017. “Il n’est pas du tout anormal que l’on retrouve encore du sperme trois jours après” un constat, a encore jugé Antoine Tracqui, qui n’a pas non plus détecté de “signes de violences sexuelles avérées” sur le corps d’Alexia . Ce dernier a reçu «cinq à dix coups» au visage et à la tête et l’étranglement, qui a duré «cinq à six minutes», est la cause du décès, a-t-il rappelé.

Une confrontation “décisive”

Les parents d’Alexia, Isabelle et Jean-Pierre Fouillot, ont quitté la pièce un instant pour ne pas entendre les détails de son rapport, qui traitait également de l’incinération du corps. Jonathann s’est bouché les oreilles à plusieurs reprises. Les parties civiles soupçonnent également Jonathann Daval, 36 ans, d’avoir prémédité son action et cherché à empoisonner sa femme en lui administrant des médicaments pendant une longue période et à son insu. Là encore, ces hypothèses n’ont pas été retenues à l’issue de l’enquête. Mardi après-midi, Jonathann Daval sera confronté à ses anciens beaux-parents, bien décidés à demander des comptes à l’accusé, qui a longtemps joué les veufs en deuil.

«Je sais que c’est un jour très important, que c’est le jour ou jamais où je pourrai lui parler» et lui dire «ce que j’ai sur le cœur», a déclaré à son arrivée au tribunal la mère . Alexia, Isabelle Fouillot. Elle attend cette audition qui s’annonce décisive et intense que Jonathann «craque encore une fois». Le rôle d’Isabelle Fouillot a été “décisif” lors de l’enquête: “A chaque fois qu’elle rencontrait (Jonathann), il se passait quelque chose”, a souligné son avocat, Me Gilles-Jean Portejoie, comme lorsqu’elle s’est arraché un nouvel aveu lors d’une audition choquante en décembre 2018.

Renversements multiples

Lundi, premier des cinq jours de ce procès, les Fouillot avaient annoncé leur volonté de défier leur ancien gendre, qu’ils considéraient comme un fils. Souvent au bord des larmes le lundi, la trentenaire, qui a multiplié les versions pendant l’instruction, à nouveau supposé avoir tué sa femme, un employé de banque de 29 ans retrouvé mort le 30 octobre 2017 dans un bois près du domicile conjugal à Gray-la-Ville (Haute-Saône). Il avait sonné l’alerte en affirmant qu’elle n’était pas revenue d’un footing.

Arrêté en janvier 2018, il avait reconnu le meurtre après de multiples annulations, admettant in fine avoir également mis le feu au corps. Selon lui, le drame faisait suite à une vive dispute, alors que le couple luttait pour avoir un enfant. Il a indiqué au cours de l’enquête qu’il l’avait «étranglée pour qu’elle se taise», assurant que sa femme «l’avait humiliée» mais qu’il n’avait pas voulu la tuer. Un temps accusé par Jonathann d’avoir tué Alexia, son beau-frère Grégory Gay sera également appelé au barreau ce mardi, tout comme son épouse Stéphanie, la sœur d’Alexia. Le verdict est attendu vendredi.



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