octobre 31, 2020

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La Turquie a ordonné d’arrêter ses “provocations” en Méditerranée

Deux des principaux alliés occidentaux de la Turquie, les États-Unis et l’Allemagne, ont accru mardi la pression sur Ankara pour qu’elle arrête sa “provocationsEn Méditerranée, où la fragile détente avec la Grèce est déjà menacée.

«Nous exigeons que la Turquie mette fin à cette provocation délibérée et entame immédiatement des pourparlers préliminaires avec la Grèce.», A déclaré la porte-parole du département d’Etat américain Morgan Ortagus, alors que les autorités turques viennent de rendre dans une zone litigieuse un navire d’exploration gazière, au risque de raviver la crise avec Athènes. “La coercition, les menaces, l’intimidation et les manœuvres militaires ne résoudront pas les tensions en Méditerranée orientale», A-t-elle ajouté, dans un communiqué. Selon Washington, qui «déplore“La décision turque, l’envoi de ce navire”complique délibérément la reprise des discussions préliminaires essentielles entre la Grèce et la Turquie», Deux pays voisins alliés au sein de l’OTAN malgré leur rivalité historique.

«La critique exprimée par les États-Unis, qui avaient néanmoins déclaré que la carte de Séville (…) n’avait aucune valeur juridique pour les activités sismiques de la Turquie sur son plateau continental, constitue une grave incohérence.», A réagi le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué. Ankara estime qu’une carte préparée par l’Université de Séville est utilisée par la Grèce pour justifier ses revendications maritimes.

Athènes et Ankara ont connu de fortes tensions diplomatiques et militaires depuis le déploiement par la Turquie, du 10 août à la mi-septembre, d’un bateau d’exploration sismique, escorté par des navires de guerre, pour réaliser des études au large des îles grecques, dans une zone potentiellement riche au gaz naturel. Fin septembre, les deux voisins, sous la pression internationale, avaient finalement accepté de commencer “discussions exploratoiresSur leurs disputes méditerranéennes, ouvrant la voie à une phase de détente.

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Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo s’est ensuite rendu en Grèce où il a insisté sur la nécessité de trouver “solutions“Et un”fortement“A soutenu le principe d’un dialogue, appelant à”reprendre les discussions sur ces questions dès que possible».

«Recul majeur»

Mais la marine turque a annoncé lundi que le navire Oruc Reis reprendrait ses opérations dans la région jusqu’au 22 octobre, suscitant la colère grecque. Le chef de la diplomatie grecque Nikos Dendias a dénoncé une “escalade majeure“Et”une menace directe pour la paix et la sécurité». «La Grèce ne participera à aucun des pourparlers tant qu’Oruc Reis et ses navires d’escorte sont en placeLe ministre d’État George Gerapetrite a ajouté mardi.

Du côté européen, ce nouvel incident a également déclenché une mobilisation renouvelée, d’autant plus que la Turquie reste sous la menace de sanctions des Vingt-Sept. “S’il y avait effectivement de nouvelles explorations pour le gaz turc dans les zones maritimes les plus controversées de la Méditerranée orientale, ce serait un revers majeur pour les efforts de désescalade.», A déclaré mardi dans un communiqué le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas, qui s’est justement rendu en Grèce et à Chypre pour évoquer ces tensions. “Ankara doit mettre fin au cycle de détente et de provocation si le gouvernement est intéressé par des pourparlers – comme il l’a assuré à plusieurs reprises», A insisté le ministre. Berlin demande toujours à la Turquie “que la fenêtre de dialogue qui vient de s’ouvrir avec la Grèce n’est pas fermée en raison de mesures unilatérales».

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Au cours de ce semestre, l’Allemagne préside l’Union européenne, qui se réunit jeudi et vendredi lors d’un sommet à Bruxelles et doit notamment faire face à ces nouvelles tensions. Ankara a décidé d’envoyer son navire dans la zone contestée quelques jours à peine après un précédent sommet de l’UE au cours duquel la Turquie était menacée de sanctions. “Si Ankara poursuit ses actions illégales, nous utiliserons tous les instruments à notre disposition», A prévenu la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Des sanctions économiques ont été élaborées et elles sont prêtes à l’être “utilisé immédiatementElle avait martelé.