décembre 5, 2020

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L’absence du président Tebboune plonge l’Algérie dans la léthargie

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La première vague de Covid-19 a mis fin aux manifestations en Algérie; le second plonge le sommet de l’Etat algérien dans la léthargie. Vingt-huit jours après son admission à l’hôpital militaire d’Ain Naadja, près d’Alger, puis son évacuation vers l’Allemagne le 28 octobre, le président Abdelmadjid Tebboune n’a toujours pas réapparu. Sa dernière apparition publique a eu lieu le 15 octobre et le plus grand secret – celui de l’État – entoure sa santé.

Des rumeurs orchestrées sur son “Retour imminent” ont jusqu’à présent disparu. il “Je reviendrai sain et sauf, bientôt, en Algérie”, assure Slimane Chenine, le président islamiste de l’Assemblée nationale. On sait juste qu’il aurait été contaminé par le coronavirus, selon des communiqués laconiques de la présidence. Ce qui réveille, en Algérie, le spectre d’une vacance au pouvoir telle que le pays avait connu lors des hospitalisations à l’étranger de son prédécesseur, Abdelaziz Bouteflika.

“Sommes-nous condamnés à n’être gouvernés que par des personnes clouées au lit ou malades?”, s’est interrogé Mohcine Belabbas, président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), un parti d’opposition, à l’annonce de l’évacuation de M. Tebboune vers l’Allemagne. L’Algérie serait-elle renvoyée à la situation politique qui prévalait en décembre 2005, lorsque Abdelaziz Bouteflika a été envoyé pour la première fois à l’hôpital parisien du Val-de-Grâce, comme l’inquiète l’opposant? Ou même dans une configuration encore plus difficile?

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“Mur administratif”

Cette absence du nouveau chef de l’Etat s’inscrit dans un contexte de crise protéiforme. La santé d’abord: l’Algérie, plutôt épargnée par la première vague de Covid-19 au printemps, est désormais durement touchée par la résurgence de la pandémie. Financier donc: le pays, dont les revenus proviennent principalement du prix des hydrocarbures en pleine période de marasme, attend toujours les réformes structurelles promises à plusieurs reprises qui le sortiraient de sa dépendance à la richesse volatile de son sous-sol.

“Sauf qu’à l’image de la santé du président, dont je souhaite évidemment et humainement une reprise rapide, tout est suspendu”, dit à un chef d’entreprise, qui dit qu’il a suffisamment de liquidités à investir mais qui se heurte à un “Mur administratif”. «Un an après l’élection de M. Tebboune et les promesses d’une reprise économique encourageant les opérateurs nationaux et productifs, c’est toujours la même histoire. L’administration est une coquille vide. Nous ne répondons même pas à votre courrier. C’est un État rentier qui comprend qu’il ne peut plus continuer ainsi, mais reste prisonnier de sa nature. Il est maintenant en train de procrastiner. Comme si un printemps hypothétique arriverait après l’hiver. “

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