novembre 26, 2020

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Le comédien Michel Robin est mort

Avec lui disparaît un acteur-poète, et un homme aussi merveilleux que discret: l’acteur Michel Robin est décédé, mercredi 18 novembre, à l’âge de 90 ans, des suites du Covid-19. Il est né à Reims, le 13 novembre 1930. Il s’était illustré à la télévision et au cinéma dans de nombreux seconds rôles, notamment dans Les aventures de Rabbi Jacob (1973), La chèvre (1981) ou Le fabuleux destin d’Amélie Poulain (2000), mais c’est le théâtre qui a été son royaume, tout au long de plus de soixante ans d’une carrière dans laquelle il a mis son art de funambule au service des plus grands auteurs.

Mais ce royaume du théâtre lui avait d’abord paru inaccessible, dans son enfance tranquille et bourgeoise à Reims. «Je pensais que ce n’était pas pratique, il nous a dit dans une interview, en avril 2003. D’abord, j’étais trop moche: dans ma jeunesse, au début des années 50, l’acteur était Gérard Philipe… » Michel Robin commença tout de même, arrivant à Paris en 1956, à l’âge de 26 ans, pour entrer à l’école du Théâtre National Populaire (TNP), puis installé au Théâtre de Chaillot et dirigé par Jean Vilar.

Roger Planchon, qui se voit confier en 1957 le Théâtre de la Cité de Villeurbanne, l’engage six mois plus tard. “Au début, je tenais les hallebardes, puis je suis resté dix ans …”se souvient Michel Robin. Il joue dans une vingtaine de spectacles du maître, George Dandin à la Trois Mousquetaires à travers toute une collection de Shakespeare, Richard III à Falstaff.

La révélation Beckett

En 1970 a lieu la grande rencontre théâtrale de sa vie, celle de Samuel Beckett, qui restera son auteur préféré jusqu’au bout, avec Tchekhov. Roger Blin l’engage pour jouer Lucky dans En attendant Godot, qu’il a créée en 1953 et pour laquelle il propose une nouvelle mise en scène. Pour Michel Robin, c’est une révélation. Dix ans plus tard, en 1980, il retrouve Beckett pour Jeu terminé, dans lequel il incarne Clov, sous la direction de Guy Rétoré.

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Il reprendra la pièce en 1986, avec Marcel Maréchal, et, en 2011, avec Alain Françon. Le rôle et le jeu de sa vie. « Jeu terminé, pour moi c’est encore plus magnifique que Godot, plus simple, moins bavard. Cela peut sembler très prétentieux, mais chez Beckett, je suis chez moi. C’est si drôle et si affreux à la fois. Il aborde des choses si mystérieuses, si sérieuses, qu’il suffit d’en rire. Il n’y a rien à comprendre chez Beckett, il faut se laisser emporter, comme par la mer, par l’émotion … “

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