octobre 25, 2020

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le couvre-feu pour essayer de sauver le système de suivi des cas de contact

C’est devenu une mission presque impossible pour les brigades chargées de retracer les cas de contact des personnes infectées par le SRAS-CoV-2. Le 15 octobre, plus de 30 000 cas positifs ont été dénombrés, soit un doublement en quinze jours. Avec une moyenne de 2,8 cas de contact par «patient zéro», cela représente plus de 110 000 appels à effectuer par les agents de Medicare dans les 24 heures. Face à ces listings qui se multiplient de jour en jour, le traçage risque rapidement de perdre du terrain: selon les données publiées ce mardi 13 octobre par Medicare, déjà 19% des cas de contact ne sont pas atteints en temps et en heure.

Ce chiffre est d’autant plus inquiétant qu’une grande partie des cas de contact échappe déjà au radar de Medicare. La moyenne de 2,8 est sans doute très sous-estimée, et s’explique par le fait que «zéro patient» – par oubli ou par omission – ne répertorie pas tous ses contacts au moment de l’enquête. Résultat: malgré les efforts des brigades, la plupart des chaînes de contamination ne sont pas détectées. Selon le point épidémiologique de Santé publique France du 15 octobre, près de 75% des nouveaux cas identifiés ne sont liés à aucun cas connu.

L’efficacité du traçage varie fortement d’une région à l’autre: en Ile-de-France, près de 80% des nouveaux cas n’ont aucun lien avec des cas connus, alors qu’en Pays-de-la-Loire, ils ne sont «que» 60% à échapper au radar. Parmi ces cas «sortis de nulle part», certains peuvent être des contacts de patients connus de Medicare, qui ont préféré alerter leur entourage en marge de l’enquête officielle. D’autres peuvent apparaître lors d’opérations de dépistage, ou à la suite d’une chaîne de contamination qui n’a pas été interrompue (un cas de contact non testé, non isolé).

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Les enquêtes autour des “clusters” marquent le pas

Les enquêtes autour des «grappes» sont également en panne. “Le nombre de grappes identifiées est probablement largement sous-estimé”, note Santé publique France dans son point épidémiologique. «La forte activité observée ces dernières semaines entraîne un retard dans la validation et la notification des clusters. La dynamique du nombre de rapports hebdomadaires n’est donc plus un indicateur pertinent dans le suivi de l’épidémie », est-il spécifié.

Même s’ils ne représentent que la pointe de l’iceberg, ces grappes sont déjà difficiles à suivre pour les enquêteurs des agences régionales de santé responsables des enquêtes communautaires. En Ile-de-France, où l’incidence est désormais supérieure à 300 cas pour 100000 habitants (plus de 400 à Paris), le nombre de cas à traiter a été multiplié par dix au cours des deux derniers mois, passant de vingt déclarations par jour à la fin d’août à plus de 200 fin septembre. Conséquence: début octobre, plus de 800 étaient en attente de soins, notamment à Paris et en Seine-Saint-Denis.

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