Le patron d’Engie veut vendre rapidement ses 32% à Suez

Le conseil d’Engie se réunira bien le mercredi 30 septembre et “Il faudra que[il] décide quelle attitude, quelle position il prend vis-à-vis de l’offre ” de Veolia, qu’il compte améliorer dans les prochaines heures, a annoncé mardi le président du groupe de l’énergie lors d’une audition à l’Assemblée nationale.

Dans le même temps, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, a cependant rappelé sur France Inter que “L’Etat ne cédera pas[it] sans pression ni précipitation ” et cela’«Nous ne sommes pas dans une semaine, quinze jours ou trois semaines. “ Le gouvernement a en effet son mot à dire puisqu’il est actionnaire d’Engie (23,6%) et détient un tiers des droits de vote.

Un projet «solide»

Jean-Pierre Clamadieu, le président de la compagnie énergétique, a donc accepté le calendrier très serré fixé par Antoine Frérot, président-directeur général (PDG) de Veolia, qui a annoncé le 30 août son intention de racheter 29,9% les 32% d’Engie dans la capitale de Suez. Dès le début, il avait été plutôt favorable à l’exploitation de la nle 1 société mondiale des eaux, qui envisage alors de déposer une intention d’offre publique d’achat (OPA) sur le reste du capital pour un prix supérieur au montant initial proposé de 15,50 euros par action. Ce qui valorise la part d’Engie à plus de 3 milliards et l’ensemble de Suez à environ 11 milliards.

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Le président Engie a fait l’éloge du personnage “Solide” le projet industriel porté par Veolia, qui consiste à vendre Suez Eau France à Meridiam, un fonds français de gestion d’infrastructures, pour répondre aux inévitables exigences de l’Autorité de la concurrence en France et des services antitrust de la Commission européenne. Il considère également que Veolia a su donner des garanties solides aux salariés de Suez, avec un engagement ferme et écrit de maintien des avantages sociaux et de l’emploi jusqu’à fin 2023.

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En revanche, M. Clamadieu a critiqué avec des mots à peine couverts la stratégie du président et du directeur général de Suez, Philippe Varin et Bertrand Camus. «Ma déception est qu’au cours des quatre dernières semaines, nous n’avons pas vu une deuxième offre se présenter, il a déploré. Nous avons vu les dirigeants de Suez très actifs, mais je dirais plutôt sur le front médiatique, peut-être même dans cette assemblée », en ajoutant que “Malheureusement, rien de concret ne s’est produit” de Suez.

Il s’est également déclaré très “surpris” de leur décision d’héberger les activités eau du groupe en France dans une fondation aux Pays-Bas. Objectif: le rendre incessible et contraindre Veolia à vendre ses propres actifs français. Il a dénoncé la contradiction de “Remettre la clé d’actifs réputés absolument stratégiques et importants pour le pays entre les mains d’une fondation hollandaise opaque, dont on ne sait pas qui la dirigera”. Et ramenez le point à la maison: «Tout cela, entre nous, nous semble sortir de la relation commerciale normale entre une entreprise et ses actionnaires. “

Dividendes “déraisonnables”

Dernière critique du président d’Engie: les promesses des dirigeants de Suez de verser 1 milliard, voire 2 milliards d’euros de dividendes supplémentaires en 2021-2022. Il les a jugés “Pas raisonnable”. Le groupe se porte bien, mais il a une dette de 10 milliards d’euros et, de son propre aveu, des capitaux pour investir dans des actifs technologiques.

Ces actions globales, prises en cas d’urgence, ont sans doute une raison, prononcée par M. Clamadieu: «Lors de notre dernier échange avec Philipe Varin, il nous a dit: ‘Non, je suis désolé, nous n’avons rien pour beaucoup de raisons.’ Il pense que l’environnement actuel ne lui permet pas de construire une offre sereinement. “ Et l’ancien patron de PSA lui a dit qu’il lui fallait encore trois mois.

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Il est vrai que l’agitation actuelle, qui a pris un virage politique avec la mobilisation de certains grands élus locaux, a de quoi refroidir les investisseurs potentiels, même intéressés, comme le fonds Antin. D’autres n’ont pas suivi, comme Ardian ou EQT, le fonds suédois qui possède déjà Saur, le nle 3 eaux françaises.

Le désir du patron d’Engie de ne pas traîner est expliqué. Dans l’immédiat, son groupe court le risque de ne pas voir émerger d’autres offres s’il laisse échapper celle de Veolia, a-t-il expliqué aux députés. En outre, Engie souhaite restructurer ses activités et a besoin de liquidités. En particulier, il prévoit d’augmenter ses investissements dans les infrastructures gazières et la production d’électricité à partir de l’énergie éolienne et solaire; et de vendre ou de faire entrer en bourse une société regroupant les deux tiers de ses services énergétiques.

Reste à voir comment les 13 membres du conseil d’Engie voteront, réunis mercredi au siège de la Défense. Un seul est directement nommé par l’Etat, et deux autres sont élus en assemblée générale sur proposition du gouvernement.

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