novembre 1, 2020

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Les Chypriotes turcs élisent leur chef au milieu des tensions en Méditerranée orientale

C’est une élection sur laquelle plane l’ombre des tensions en Méditerranée orientale. Les habitants de la République turque autoproclamée de Chypre du Nord (RTCN), reconnue uniquement par la Turquie, élisent leur chef le dimanche 18 octobre. Un second tour pour lequel la ” Président “ sortant, Mustafa Akinci, part favori face au protégé d’Ankara, Ersin Tatar.

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M. Akinci, en désaccord avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, est arrivé deuxième au premier tour avec près de 30% des voix, derrière le nationaliste Ersin Tatar (32%). Mais il devrait, sauf surprise, gagner contre le ” Premier ministre “ partant grâce au soutien du candidat arrivé troisième dimanche dernier.

Les 738 bureaux de vote ont ouvert à 8 heures du matin, heure locale, et fermeront à 18 heures. 199 000 personnes sont appelées à voter, pour une population totale d’environ 300 000 habitants. À 13 h 00, la participation était de 30,17%.

L’élection s’inscrit dans un contexte de fortes tensions autour de l’exploitation des hydrocarbures en Méditerranée orientale entre la Turquie et la Grèce, principal allié de la République de Chypre, membre de l’Union européenne (UE) depuis 2004, qui exerce son autorité sur la les deux tiers sud de l’île.

Après le forage du TRNC, le retour cette semaine d’un navire d’exploration turc dans les eaux revendiquées par la Grèce a suscité la discorde et conduit à la condamnation par les dirigeants de l’UE du «Provocations» de la Turquie.

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Social-démocrate de 72 ans, M. Akinci défend la réunification de Chypre sous la forme d’un État fédéral et n’a jamais caché son intention de desserrer les liens avec Ankara. M. Tatar, 60 ans, défend une solution à deux États.

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Après le vote, Akinci a déclaré qu’il espérait que les Chypriotes turcs se souviendraient de l’élection “Pour célébrer la volonté du peuple” tandis que son rival a souligné l’importance de maintenir de bonnes relations avec la Turquie.

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Dépendance

“La bonne solution est la solution fédéraliste”, dit Said Kenan devant un bureau de vote au nord de Nicosie. Vanter la localisation “Stratégique” de l’île, ce cardiologue de 76 ans explique que Chypre pourrait se débrouiller seule grâce aux hydrocarbures qui attirent d’autres pays dans ses eaux.

Considérant la RTCN comme un élément majeur de sa stratégie de défense de ses intérêts en Méditerranée orientale, Ankara suit de près les élections et a intensifié ses coups de coude à M. Tatar.

L’inauguration en grande pompe d’un aqueduc sous-marin entre le RCTN et la Turquie et la réouverture partielle d’une ancienne station balnéaire célèbre, abandonnée et bouclée par l’armée turque après la partition de l’île, ont suscité des accusations d’ingérence de la Turquie et en ont irrité de nombreuses Chypriotes turcs, M. Akinci en tête.

“Les Chypriotes turcs ne sont pas heureux d’être considérés comme dépendants d’un autre”, estime Umut Bozkurt, politologue à l’Université de la Méditerranée orientale. Selon le chercheur, les interventions d’Ankara ont transformé le scrutin en référendum sur leur “dignité” pour les Chypriotes turcs.

Mais afficher une ligne indépendante d’Ankara est difficile car la TRNC est sous l’influence économique turque depuis sa création en 1983. La crise économique, amplifiée par la pandémie Covid-19, n’a pas aidé: c’est Ankara qui a eu un hôpital (100 lits) construits en TRNC pour y faire face.

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Chypre a obtenu son indépendance du Royaume-Uni en 1960, mais les troupes turques ont envahi le nord de l’île en 1974 en réaction à un coup d’État tentant de rattacher l’île à la Grèce. Avec son élection en 2015, Akinci a ravivé les espoirs d’un accord de paix, mais les dernières négociations officielles se sont échouées en 2017.

“Nous ne pouvons rien faire sans la Turquie, l’histoire a montré que les Chypriotes grecs n’accepteront jamais que nous soyons égaux dans la République”, proteste Dilek Ertug, agent immobilier de 60 ans.

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Samedi, les Chypriotes grecs se sont rassemblés près de la zone tampon pour exiger le retour des territoires du nord, affirmant que Chypre était “Grec”.

La question de la réunification divise également au sein des familles chypriotes turques. Condamnant le ” interventions “ de Turquie, le frère de Mmoi Ertug, Asaf Senol, retraité de 64 ans, affirme que ses compatriotes “Peut utiliser son cerveau pour choisir” leur président et est en faveur du fédéralisme. “Des difficultés attendent Akinci à ce sujet s’il est élu”, anticipe le politologue Umut Bozkurt. «Ankara semble désormais préférer une ligne dure qui exclut une fédération. “

Le monde avec l’AFP