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les coupes ne sont pas exclues cet hiver

, publié le dimanche 08 novembre 2020 à 10h46

Des tensions pourraient apparaître à partir de fin novembre en cas de froid précoce.

Si l’hypothèse reste improbable, les coupures d’électricité ne peuvent être exclues cet hiver, a averti EDF. Mais le reconditionnement devrait réduire la consommation alors que de nombreux réacteurs nucléaires ont été remis en service.

“La continuité de l’approvisionnement électrique pour les mois de décembre 2020, janvier et février 2021 n’est pas assurée et ne dépendra que des conditions climatiques », a alerté cette semaine le comité central social et économique (CSE) d’EDF.

«Face à une politique de réduction des moyens de production d’électricité contrôlable, il sera impossible en cas de période froide (simplement comparable aux hivers 2018 et 2012) d’assurer l’équilibre du réseau électrique», juge-t-il.

La politique ciblée est notamment de réduire la part du nucléaire dans la production d’électricité, ce qui a conduit à la fermeture des deux réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim cette année, que les syndicats n’ont pas digérée. La France s’est également engagée à fermer ses centrales à charbon très polluantes d’ici 2022, un jalon confirmé par le gouvernement. Cependant, le pays l’a utilisé cette année en septembre, en raison d’une moindre disponibilité de l’énergie nucléaire mais aussi d’une énergie éolienne réductrice de haute pression.

Pour cet hiver, le gestionnaire de réseau de RTE a longtemps prévenu qu’une «vigilance» serait de mise. En cause: la pandémie Covid-19, qui a perturbé le calendrier de maintenance des réacteurs nucléaires au printemps. RTE a prévenu que la saison hivernale sera notamment marquée par “une probabilité de forte tension fin novembre – début décembre en cas de froid précoce”.

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Mais le recentrage a probablement changé la donne. On note a priori “moins de consommation sur le réseau” même si “l’effet exact est encore peu connu”, remarque Nicolas Goldberg, du cabinet Colombus Consulting. «Si la consommation française baisse demain, cela crée des marges», a noté Xavier Piechaczyk, président de RTE en octobre, qui mettra à jour ses modèles au cours du mois de novembre. Pendant le confinement printanier, la consommation d’électricité est tombée à 15-20%, reflétant le net ralentissement de l’activité économique.

Côté production, EDF s’est dit en octobre “relativement confiant” dans sa capacité à produire suffisamment d’électricité cet hiver. Le groupe espère approcher 42 ou 43 réacteurs nucléaires en fonctionnement en novembre, sur les 56 du parc. Un objectif toujours en place malgré le report de la remise en service des deux réacteurs de l’usine de Flamanville (Manche), dont l’un ne devrait redémarrer que fin janvier. “Nous sommes actuellement à 41 réacteurs connectés au réseau électrique”, nous avons dit vendredi à EDF.

Cependant, des mesures sont toujours à l’étude en cas de déséquilibre entre l’offre et la demande d’électricité. Certaines sont indolores, comme une légère diminution de la tension sur le réseau, ce qui ferait par exemple briller les ampoules un peu moins.

“Vigilant mais pas alarmiste”

RTE dispose également de mécanismes lui permettant de réduire sa consommation à 3 gigawatts (GW), soit l’équivalent de trois réacteurs nucléaires. D’une part, il existe un mécanisme dit «d’effacement», qui a été doublé, sous forme de contrats conclus par appel d’offres avec des entreprises ou des particuliers qui acceptent temporairement de réduire ou de reporter une partie de leur consommation. Un autre dispositif dit d ‘«interruptibilité» permet également d’arrêter immédiatement l’alimentation en courant de 18 sites de gros consommateurs d’électricité sous contrat avec RTE.

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En dernier recours, il est enfin prévu le recours au «délestage», c’est-à-dire au coupures organisées et tournantes de l’alimentation électrique d’environ 200000 foyers à la fois pendant 2 heures. Une mesure extrême mais destinée à éviter le black-out – un échec généralisé et incontrôlé.

“Il n’y aura pas de délestage cet hiver”, parie pour sa part Nicolas Goldberg. «Nous sommes dans une période de sous-consommation, le nucléaire s’est redressé, la demande de réponse a répondu à un appel d’offres exceptionnel lancé cet été», résume-t-il.

Nous sommes vigilants mais pas alarmistes non plus “, dit-on aussi dans l’entourage de la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili. “Nous avons pris toutes les dispositions possibles”, selon cette source.