octobre 20, 2020

Mercatoshow.com

Monde des nouvelles complet

Les défaillances d’entreprises au plus bas, mais l’inquiétude au plus haut

Image drôle celle des échecs commerciaux. Le nombre de procédures est en baisse depuis janvier: les tribunaux ont prononcé 24 000 ouvertures de procédures collectives, niveau le plus bas depuis plus de trente ans, selon les données d’Altarès, publiées jeudi 15 octobre. Au troisième trimestre, 6 702 entreprises ont été placées. en procédure de sauvegarde, de redressement ou de liquidation, soit plus d’un tiers de moins qu’au troisième trimestre 2019. Ce paradoxe s’explique depuis le début de la crise, à travers des mesures de soutien aux entreprises qui les protègent: fonds de solidarité, activité partielle, report des charges, etc.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Le rythme de la reprise économique française devient plus incertain

«En réalité, si l’économie n’a pas encore cicatrisé toutes ses plaies, c’est plutôt au premier semestre 2021, lorsque les entreprises devront rembourser leurs premières échéances de prêt (PGE) et que la reprise d’activité absorbera la liquidité, qui l’heure de vérité pourrait sonner », met en garde Thierry Millon, directeur des études à Altarès. Les économistes de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), qui ont présenté leurs prévisions mercredi 14 octobre, partagent ce constat. Ils craignent une augmentation des défauts de paiement allant jusqu’à 80% par rapport à l’année dernière.

“Pertes historiques”

La perte totale de revenus des entreprises sur l’ensemble de l’année est estimée à 56 milliards d’euros, soit 44% du total essuyé par l’économie. “Face à ces pertes historiques, de nombreuses entreprises, en manque de fonds propres, font face à une perte de solvabilité qui pourrait conduire à la faillite”, note l’OFCE. Certes, un mécanisme de renforcement de l’équité a été mis en place par le gouvernement dans le cadre du plan de relance. Mais il semble sous-dimensionné par rapport aux besoins: “Il faudrait 10 à 15 milliards d’euros”, évalué Xavier Timbeau, le directeur de cet organisme indépendant.

READ  L'aller-retour sera bientôt inférieur à 500 €!

Autre sujet d’inquiétude, l’endettement des entreprises ne cesse d’augmenter: le report des cotisations sociales représente 25 milliards d’euros depuis le début de l’enfermement, les échéances fiscales, 3 milliards. Le PEM a été octroyé pour un montant de plus de 121 milliards d’euros, au 2 octobre, au profit de près de 600 000 entreprises. C’est un total de plus de 150 milliards de dettes bancaires et fiscales que les entreprises ont accumulées depuis le début de l’endiguement. Un poids considérable qui pose la question du remboursement des échéances, un point “ crucial “ selon Mathieu Plane, directeur adjoint du service prévisions de l’OFCE.

Lire aussi Covid-19: le fonds de solidarité bénéficiera à 75000 entreprises supplémentaires

Dans ce contexte, la prévention des difficultés commerciales est essentielle. Cependant, en raison du report des délais, environ 13% des entreprises n’ont pas encore déposé leur bilan auprès des tribunaux de commerce. Cependant, leur examen par le greffe permet de détecter ou d’anticiper les difficultés en déclenchant les procédures nécessaires. “C’est un indicateur d’avertissement de moins” M. Millon note. Ainsi “Les entreprises ne vont pas devant les tribunaux: cependant, chaque jour qui passe est un jour de dette supplémentaire”.