Les manifestants envahissent le siège du pouvoir et libèrent l’ancien président

Manifestation à Bichkek au Kirghizistan, le 5 octobre 2020. – Vladimir Voronin / AP / SIPA

La crise politique en Kirghizistan prend l’apparence d’une révolution. Les manifestants ont envahi le siège du pouvoir à Bichkek, la capitale du pays tôt mardi. Ils contestent les résultats des élections législatives de dimanche et sont même allés jusqu’à libérer l’ancien président de prison Almazbek Atambaev.

“Allégations crédibles d’achat de voix”, selon l’OSCE

Les manifestants demandent la démission du président Sooronbay Jeenbekov et la tenue de nouvelles élections législatives. Les accusations de fraude, y compris l’achat de voix, ont terni celles tenues dimanche. Le chef de missionOSCE Thomas Boserup est venu observer le scrutin, jugeant que les élections s’étaient «généralement bien déroulées» mais que «des allégations crédibles d’achat de voix suscitent de vives inquiétudes».

Les manifestants ont donc libéré l’ancien président Atambayev de prison “sans utiliser la force ni les armes”, a déclaré l’un de ses partisans, Adil Turdukuov, qui a déclaré avoir été témoin de la scène. La cellule de l’ancien dirigeant, qui purgeait une peine de onze ans de prison, se trouvait dans le bâtiment du Comité de la sécurité nationale et les gardiens n’ont offert aucune résistance, a-t-il dit.

Plus de 120 personnes hospitalisées

Un témoin qui a participé à l’entrée au Parlement mais a demandé l’anonymat a déclaré que les manifestants avaient pénétré de force dans le bâtiment. «Personne n’essayait de le protéger lorsque la foule est arrivée», a-t-il déclaré. “Nous nous sommes arrêtés, nous avons chanté l’hymne national et nous sommes entrés dans le bâtiment sans (rencontrer) de résistance”, a-t-il ajouté.

Lundi, “plus de 120 personnes ont été hospitalisées, plusieurs dans un état grave”, a annoncé le ministère de la Santé, précisant qu’environ la moitié étaient des “représentants de la police”, après des affrontements entre la police et des manifestants qui ont contesté les résultats des élections législatives dominées par deux partis proches du pouvoir. le police a utilisé des grenades assourdissantes puis des gaz lacrymogènes pour disperser les centaines de manifestants rassemblés dans le centre-ville.

Vers une nouvelle élection?

La manifestation a été organisée à l’appel de cinq partis politiques qui n’ont pas atteint le seuil de 7% requis pour entrer au parlement. Pour tenter d’apaiser les tensions, le bureau de Sooronbay Jeenbekov a annoncé lundi soir que le président de 61 ans, élu en 2017, rencontrerait les dirigeants de 16 partis ayant participé aux élections mardi. Dans la soirée, le parti pro-présidentiel Birimdik, arrivé en tête avec 25% des voix, a même annoncé qu’il acceptait l’idée d’une nouvelle élection, appelant tous les autres partis ayant dépassé les 7% à faire de même.

Entouré de régimes autoritaires, le Kirghizistan, pays montagneux pauvre, est une exception démocratique en Asie centrale, même si les transitions politiques ont toujours été orageuses.

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