décembre 5, 2020

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Les signes d’une vie possible sur Vénus s’estompent

Ainsi va la science. Un jour, une équipe de chercheurs a annoncé un résultat étonnant. Leurs collègues la mettent en mouvement et la contestent, la défendent mais surtout tentent de la confirmer. Quelques semaines plus tard, de nouveaux travaux arrivent et… dégonflent l’enthousiasme initial.

C’est ce qui se passe avec l’histoire de la présence dans les nuages ​​de la planète Vénus d’un gaz inattendu, la phosphine, avec la formule PH3 (un atome de phosphore, trois atomes d’hydrogène). Cette annonce a fait 14 septembre à Astronomie de la nature par une équipe internationale dirigée par Jane Greaves, de l’Université de Cambridge (Royaume-Uni), était intrigante. Après avoir éliminé les scénarios physico-chimiques habituels pour expliquer leur origine, l’hypothèse restante était de considérer que ces molécules pourraient être créées par des organismes vivants. Bref, ce serait l’indice de la vie extraterrestre.

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Mais très vite, avant de saisir cette conclusion extraordinaire, de nombreux chercheurs ont mis en doute la présence même de phosphine. Deux articles, l’un publié, l’autre en cours d’évaluation, viennent de confirmer ces doutes. le Premier article est co-écrit par… Jane Greaves elle-même (et deux autres co-auteurs de septembre). Accepté pour publication dans Astronomie et astrophysique (A&A) Le 14 octobre, il a estimé qu’il y aurait quatre fois moins de phosphine que ce qui était annoncé dans l’article original. Et ce n’est qu’un maximum théorique car, en fait, rien n’a été détecté. L’article de septembre avait repéré la phosphine à l’aide d’ondes radio captées par deux télescopes.

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Signaux surestimés

Ce nouvel article se concentre sur les longueurs d’onde infrarouges. Thérèse Encrenaz, de l’Observatoire de Paris, co-auteur de l’article, avait, il y a plusieurs mois, cherché comment identifier la phosphine dans cette partie du spectre électromagnétique car il était prévu, avec Jane Greaves, d’observer l’instrument. Textes, au printemps, au Mauna Kea (Hawaii). Mais l’épidémie de Covid-19 a annulé l’opération. La Française et ses collègues ont donc analysé les «anciennes» données de mars 2015 dans l’infrarouge pour voir si la phosphine était là. Sans rien trouver.

«Cela reste compatible avec nos mesures, Jane Greaves croit. Soit la concentration de phosphine change avec le temps et elle n’aurait pas pu être présente lors des mesures infrarouges. Soit la phosphine se trouve dans une fine couche de l’atmosphère que seules les ondes radio peuvent voir. “ En effet, les deux types de rayonnement ne sondent pas les mêmes altitudes. Les ondes radio permettent d’observer des couches à une altitude de 80 kilomètres, alors qu’elle est plutôt de 60 kilomètres pour l’infrarouge. “Ces résultats me rendent plus sceptique quant à la présence de phosphine”, estime Thérèse Encrenaz. Même si la chimie et la circulation atmosphérique de Vénus sont encore mystérieuses, des scénarios permettant l’existence de ce «réservoir» de phosphine en altitude semblent très improbables.

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