L’hommage émouvant d’Elie Semoun à son père mort de la maladie d’Alzheimer

TÉMOIGNAGE – Elie Semoun a récemment perdu son père des suites de la maladie d’Alzheimer. L’humoriste s’est confié ce dimanche devant les caméras de sept à huit, livrant l’histoire poignante de la lente dégradation à laquelle cette maladie, “un vrai salaud”, l’a contraint à assister.

Un humoriste parfois grinçant, couplé à un acteur caméléon, c’est ce que l’on sait de lui. Mais aujourd’hui, Elie Semoun est avant tout un fils désemparé qui vient de perdre son père bien-aimé des suites de la maladie d’Alzheimer. Depuis deux mois, il n’a toujours pas réussi à se rendre compte qu’il n’est plus là, alors qu’il l’a soutenu jusqu’au bout.

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Pour mieux raconter l’histoire de ce combat qu’ils ont mené ensemble, Elie Semoun a donc décidé de mettre cette lente dégradation des images dans un documentaire émouvant, qui sera bientôt diffusé et dont Sept à huit dévoile de grands extraits ce dimanche 29 novembre. Comment son père a commencé à perdre ses repères, à perdre la raison, puis à ne plus le reconnaître, détaillant en même temps la souffrance insupportable de voir progressivement disparaître l’être cher.

C’était il y a quatre ans. Les premiers symptômes de la maladie commencent à apparaître. Paul Semoun a 84 ans. «Ça a commencé de façon presque drôle. Il était à la campagne et il imaginait que quelqu’un venait chez lui pour emprunter sa voiture, conduisant avec la nuit et venant la remettre le matin. Alors on lui disait: «Papa, ce n’est pas possible, ça n’existe pas.» Au début on en riait, et j’ai beaucoup ri avec mon père parce qu’il avait beaucoup d’humour “, raconte l’artiste devant les caméras de Sept à huit.

“Mais plus ça va, moins c’est drôle”, il continue, alors que la colère prend progressivement le dessus sur l’humour. “Je n’arrêtais pas de recevoir des appels de sa part me disant qu’il y avait quelqu’un chez lui. Je devais aussi rentrer chez moi de toute urgence parce qu’il avait perdu ses clés et qu’on les avait volées”, il a dit. Devant lui, son père, imperturbable, joue aussi la gêne en lui répétant: “Vous me prenez pour un imbécile, puisque je vous dis que c’est arrivé. Et bien, je ne suis pas fou de toute façon!”

C’est vrai que c’est sans espoir, c’est triste, il n’y a pas d’autres mots. C’est une petite mort qui s’en vient, c’est ce qui est triste en fait.– Elie Semoun

Difficile en effet d’admettre la maladie. Elie Semoun décide donc de ramener son père là où il est né, au Maroc. “Nous voulons nous dire: ‘hé, si je fais ça, peut-être que ça cliquera dans son cerveau, et peut-être qu’il reviendra à la raison”, il espère alors. Malheureusement, l’effet attendu n’est pas là. “J’aurais pu lui en parler deux mois plus tard, je ne pense pas qu’il s’en serait souvenu, alors nous nous sommes dit avec ma sœur qu’il y avait vraiment un problème”, il admet.

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Et ce calvaire va totalement changer le quotidien de l’artiste, qui décide de le ramener chez lui. Mais plus les jours passent, plus la cohabitation devient difficile. Son père se fâche, et répète inlassablement les mêmes questions, se demandant où il est et ce qu’il fait là-bas. “C’est vrai que c’est sans espoir, c’est triste, il n’y a pas d’autre mot. C’est une petite mort qui s’annonce, c’est ce qui est triste en fait”, se lamente Elie, insistant aussi sur l’énorme impuissance qui en résulte.

Mais dans ces moments difficiles que traversent père et fils, il y a aussi des moments de grâce: “Des moments que je n’oublierai jamais quand nous allons faire un feu de bois au fond du jardin, où nous rions tous les deux, où il me fait sa salade marocaine, qu’il sait faire”, se souvient-il. Elie Semoun prétend également avoir été relativement préservé: son père ne l’a pas oublié. «C’est arrivé une fois, il a ouvert un œil, il m’a regardé et m’a dit: ‘qui es-tu?’. Et là, ça m’a frappé, je me suis dit ‘oh non ce n’est pas vrai, tant que je n’ai pas d’expérience il ‘, il admet.

“Il y a deux morts, sa mort physique et puis la mort de sa mémoire, si peu à peu on s’estompe dans son esprit. C’est terrible de penser que j’ai vécu cinquante ans avec lui, je l’ai embrassé, je lui ai dit que je l’aimais , et maintenant je lui suis étranger, c’est terrible “, il ajoute.

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Le placement en maison de retraite médicalisée, un choix difficile

Les mois passent et la maladie prend de plus en plus le dessus. L’heure n’est plus à la légèreté. Elie Semoun se souvient des paroles de son père à l’époque: “J’ai honte”, ou “il vaut mieux que je meure parce que je vous dérange”. Des mots qui déchirent le cœur. “C’est vraiment une merde cette maladie, ce n’est pas possible. Quand elle affecte le cerveau, elle affecte tout, son intégrité intellectuelle, physique. C’est vraiment un sacré naufrage”, Il analyse, reconnaissant qu’il était parfois injuste avec son père, lui criant un peu dessus, exaspérant rapidement son incompréhension. “J’étais en colère contre lui pour être comme ça, comme si vous blâmez quelqu’un qui est malade, mais comment pouvez-vous lui en vouloir?”, se demande-t-il.

Au fur et à mesure que la maladie progresse, Elie Semoun doit se résoudre à placer son père en maison de retraite, mais ce dernier a beaucoup de mal à l’admettre. “A ce moment-là, je me suis dit que ça n’allait pas être facile. D’ailleurs, l’une des premières choses qu’il a dites quand il est allé à cet Ehpad était: ‘il n’y a que des personnes âgées là-dedans?'”, avoue-t-il. Un choix difficile, mais le seul possible lorsque vous avez un parent atteint de cette maladie.

L’inévitable chute aura lieu le 12 septembre mais pour Elie, une chose est sûre, c’est l’enfermement qui a accéléré la mort de son père. “Quelqu’un qui a la maladie d’Alzheimer, qui ne sait pas où il est, et qui en plus ne reçoit pas de visite de sa famille, pour lui il a été abandonné. C’est ce qu’il a dit aux infirmières. Malgré le fait que nous ayons pu le voir en vidéo, et qu’on l’a appelé sur Facetime Je ne dis pas que mon père serait encore en vie maintenant mais en tout cas, on n’aurait pas perdu un mois d’amour à échanger, et ça a été décisif dans son état. C’est sûr et certain “, il se lamente, amer.

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Elie ira au lit de son père une dernière fois avant de disparaître. “Au moins, nous pensions que nous nous aimions, c’est la chose la plus importante, vraiment. Nous avons réussi jusqu’à la fin”, conclut-il. Il reste aujourd’hui ce film-hommage, témoignage éhonté bien sûr, mais essentiel, car ce qu’Elie Semoun a vécu, plus d’un million de familles accompagnant un patient atteint d’Alzheimer, vit désormais en France. Le nombre de cas devrait doubler d’ici 2040.

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