septembre 23, 2020

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“L’idée est d’offrir une assurance vie à l’humanité” en apprenant à dévier les astéroïdes

La mission Hera et ses trois satellites doivent apprendre à dévier efficacement un astéroïde – Cette

  • En 2024, trois satellites de la mission européenne Hera analyseront un astéroïde qui a été frappé par une machine de la NASA.
  • Le but de l’opération est de développer des moyens de défense pour dévier leur trajectoire et protéger la Terre.
  • Le responsable scientifique de la mission, l’astrophysicien français Patrick Michel, détaille ses attentes.

C’est la menace naturelle la moins probable Terre mais c’est aussi le seul… que l’on puisse prévoir. Anticipez, mais pas encore évitez. Apprenez à dévier le cours d’un
astéroïde, qui irait droit vers la planète bleue, c’est précisément le but de la mission «Hera» que
Agence spatiale européenne (Esa) validé mardi.

Un contrat pour la construction de trois satellites à 130 millions d’euros a été signé. «Nous travaillons sur ce projet depuis quinze ans. Et nous entrons dans sa phase vraiment active », explique Ian Carnelli, responsable de mission pour l’ESA.

Et c’est l’astrophysicien Patrick Michel, directeur de recherche au CNRS, à l’observatoire de la Côte d’Azur, qui a pris les rênes scientifiques de cette épopée.

En quoi consiste cette mission?

Nous avons travaillé pendant des années pour tenter de déterminer, en laboratoire, quels moyens seraient nécessaires pour changer la trajectoire d’un astéroïde. L’idée est d’analyser cela directement dans l’espace. Et pour cela, la mission européenne Hera sera basée sur celle de la NASA appelée Dart. Lancé fin 2021, leur satellite entrera en contact avec un double astéroïde, qui représente 15% de l’ensemble des astéroïdes. Il frappera Dimorphos, la “lune” de Didymos pour la détourner. C’est ce qu’on appelle un impacteur cinétique. Les trois satellites d’Hera, lancés en 2024, arriveront sur les lieux du crime trois ans plus tard pour l’analyser.

Pourquoi Dimorphos a-t-il été choisi?

Car au moment de l’impact, il sera très proche de la Terre, à 15 millions de kilomètres, et nous pouvons déjà commencer nos calculs avec des télescopes.

Qu’espérons-nous trouver?

A terme, cela devrait nous permettre de créer des dispositifs de défense validés à utiliser en cas de menace. Et pour cela, il faut tout savoir sur ces corps. Nous verrons comment le choc a modifié son orbite. Quels sont les dommages. L’un des satellites doit également effectuer un sondage radar de l’intérieur de l’astéroïde. Ce sera complètement nouveau.

La menace est donc réelle?

Les dinosaures pourraient en témoigner. Aujourd’hui, nous savons prédire les trajectoires des astéroïdes pour les 50, voire 100 prochaines années. S’il n’y a pas de risque identifié pour cette période, rien ne dit que ce ne sera pas le cas plus tard. Le montage de cette mission a été compliqué. Le financement était difficile à sécuriser, mais au final, 300 millions d’euros, ce n’est pas vraiment cher à payer pour une assurance vie pour toute l’humanité.

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