septembre 23, 2020

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Loukachenko met son sort entre les mains de Poutine

Alexandre Loukachenko a effectué son premier voyage à l’étranger en Russie le lundi 14 septembre depuis sa réélection contestée le 9 août. Rien ne dit que sa rencontre avec Vladimir Poutine aura un effet décisif sur son maintien au pouvoir. Mais au moins, le président biélorusse a pu montrer qu’il était plus qu’un autocrate enfermé dans son palais assiégé, kalachnikov à la main. Comme si tout revenait à la normale, M. Loukachenko s’est même permis, dans les échanges préliminaires diffusés par la télévision russe, d’évoquer la gravité de la deuxième vague de Covid-19, lui qui s’était distingué en niant l’existence de la pandémie.

L’image que M. Loukachenko aura donnée est avant tout celle de sa déférence. Reçu à Sotchi, le sort réservé aux amis ou aux connaisseurs, il a été accueilli sur le tarmac par un simple gouverneur régional. Au cours de leur bref échange devant les caméras, le chef de l’Etat biélorusse a remercié à six reprises son homologue russe, par tous les moyens, et a réitéré l’amitié de son peuple pour la ” grand frère “ Russe, une formule bien usée mais qui ne peut que sonner douce aux oreilles de Vladimir Poutine.

A Sotchi, Alexandre Loukachenko a pu présenter une fois de plus sa vision très personnelle de la crise: «Avec nous, le week-end, les gens sortent dans la rue et nous leur libérons une partie de Minsk pour qu’ils puissent se déplacer. ” Malgré cette présentation de bonne humeur, qui oublie d’évoquer la répression impitoyable des manifestations, leur nature massive ou les tortures commises en prison, le Biélorusse continue de voir dans ces «sorties» le résultat d’un complot hachuré par l’OTAN, un visage de manœuvre auquel il convient de “Ne pas répéter les erreurs de la Seconde Guerre mondiale en essayant d’apaiser l’ennemi” – une autre gentillesse adressée à M. Poutine.

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Pour les observateurs, cette visite mérite une confirmation: c’est à Moscou et seulement à Moscou que M. Loukachenko voit son salut. Oublié donc les accusations d’ingérence russe qui avaient précédé le scrutin du 9 août, oublié les tentatives de concilier les bonnes grâces des Européens et les années passées à éviter de se mettre entre les mains du Kremlin. La reddition est totale, sans que son prix soit exorbitant pour Moscou.

“Ne soyez pas du côté des perdants”

Le président biélorusse a eu droit aux encouragements rigoureux de M. Poutine: “Je suis convaincu qu’avec votre expérience politique, vous atteindrez de nouveaux horizons dans le développement du pays”, a déclaré le président russe. Pour le reste, la partie russe avait prévenu qu’aucun accord ne serait signé et qu’aucune conclusion ne serait rendue publique. Au titre des annonces concrètes, Vladimir Poutine n’a annoncé qu’un prêt de 1,3 milliard d’euros, qui pourrait s’accompagner d’une restructuration de l’importante dette biélorusse. Les négociations entamées la semaine dernière autour d’une reprise des livraisons d’hydrocarbures à prix réduits, qui depuis des années ont permis à la Russie de subventionner son voisin et d’acheter sa fidélité, aller dans le même sens.

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