Mike Pence pourrait surprendre dans le débat de Kamala Harris

Le vice-président américain, Mike Pence, arrivera, mercredi soir 7 octobre, au premier débat contre son rival démocrate Kamala Harris, fort de ses bonnes performances passées. Le candidat à la vice-présidence des États-Unis devrait lancer des attaques virulentes contre l’administration Trump pour sa gestion de la pandémie Covid-19. D’autant que Mike Pence dirige l’unité de crise des coronavirus.

Au cours du débat, le vice-président américain et son rival seront séparés par un mur de plexiglas, a expliqué lundi un responsable de l’équipe de campagne démocrate, décision prise après l’annonce que Donald Trump souffrait de Covid-19. Le colistier du candidat démocrate à la Maison Blanche Joe Biden et le républicain seront placés à près de quatre mètres l’un de l’autre, au lieu des environ deux mètres initialement prévus. Ils ont tous deux été testés négatifs pour le nouveau coronavirus.

  • Mike Pence, anti-avortement, anti-mariage pour tous

Vice-président Mike Pence, dans le Maryland le 5 octobre.

Fervent chrétien, cheveux blancs soigneusement peignés, le style de Mike Pence, 61 ans, s’oppose en tout point à celui plus controversé et coloré de Donald Trump. Mais derrière son image effacée, presque grise, se cache un orateur discipliné dont les performances passées tant démocrates que républicaines soulignent. Et qui avait déjà pu surprendre en 2016 lors du débat vice-présidentiel contre Tim Kaine.

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Avocat de formation, ancien animateur de radio, il connaît les mystères de Washington et y est apprécié des républicains après avoir été membre de la Chambre des représentants de 2001 à 2013, et numéro trois de son groupe parlementaire de 2009 à 2011 Nommé par le président à la tête de la cellule de crise en février, il a collé au sujet avec des remarques mesurées, loin des dérapages, approximations et provocations du locataire de la Maison Blanche. Tout en veillant toujours à ne jamais contredire ce dernier de front.

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Les deux n’étaient initialement pas particulièrement proches jusqu’à ce que le milliardaire républicain le nomme son vice-président en 2016. Mais le président a récompensé la loyauté de Mike Pence et ses liens étroits avec les Blancs chrétiens plus âgés, qui ont joué un rôle clé dans sa victoire dans les Blancs. Maison il y a quatre ans. «Il est solide comme un roc. C’était un fantastique vice-président », avait lancé le milliardaire républicain en août. «Il est respecté par tous les groupes religieux. Que ce soit des évangéliques ou d’autres. “

Très actif à la campagne, notamment dans le Midwest, l’ancien gouverneur de l’Indiana se décrit comme “Un chrétien, un conservateur et un républicain, dans cet ordre”. En tant que gouverneur, il s’est distingué comme un fervent défenseur des valeurs familiales traditionnelles, anti-avortement, anti-mariage pour tous et hostile à l’installation de réfugiés syriens dans son État. Mike Pence a notamment signé des lois rendant l’avortement plus difficile dans l’Indiana. Et il avait été largement critiqué pour avoir défendu, en 2015, une loi sur “Liberté de religion”, perçue par ses détracteurs comme un moyen de discriminer la communauté LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres).

Des postes qui ont pu aider Donald Trump en 2016 auprès des conservateurs traditionnels et en particulier des évangéliques, initialement réticents face à la personnalité du milliardaire imprévisible. Le soutien de cet électorat religieux pourrait à nouveau s’avérer décisif pour l’élection du 3 novembre.

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  • Kamala Harris, un atout jeunesse

La vice-présidente démocrate américaine, la sénatrice Kamala Harris, le 2 octobre à Las Vegas, Nevada.

La démocrate Kamala Harris espère déployer le répertoire de son ex-procureur contre le républicain Mike Pence mercredi soir. Elle devra montrer qu’elle peut apporter vitalité et pugnacité à la campagne du candidat démocrate à la Maison Blanche. A 55 ans, le sénateur californien offre à Joe Biden, 77 ans, un atout jeunesse. Fille d’un père jamaïcain et d’une mère indienne, cette Américaine de première génération pourrait aussi mieux attirer la part d’un électorat plus diversifié qui a soif d’une meilleure représentation à l’apogée du pouvoir.

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Au Michigan, en Caroline du Nord, au Nevada ou en Floride, États clés qui joueront un rôle déterminant lors de l’élection présidentielle du 3 novembre, elle a offert ces dernières semaines une image plus dynamique que son colistier. Masquée contre le coronavirus et respectant les distances de précaution comme Joe Biden, elle a dansé dans les rues au rythme des groupes. Et c’est avec ses baskets Converse aux pieds qu’elle a rencontré la famille de Jacob Blake, un homme noir grièvement blessé par la police, au milieu d’une vague de colère historique contre le racisme aux États-Unis.

Avec une brillante carrière, digne du meilleur rêve américain malgré des chapitres controversés, la sénatrice, qui rêvait de devenir la première présidente noire des États-Unis, espère enfin devenir la première femme vice-présidente. Mais toujours, sans aucun doute, avec un œil sur l’élection présidentielle de 2024 et l’espoir de briser l’ultime plafond de verre.

Candidate à la primaire démocrate, elle avait promis de “Conduire l’acte d’accusation” contre Trump. C’est enfin avec son bras droit que la sénatrice pourra tirer ses flèches en direct, mercredi soir à Salt Lake City. Lors de la primaire démocrate, elle avait fait des étincelles en attaquant… Joe Biden. Surprenant le public et sa rivale, elle avait vivement critiqué ses positions passées concernant les politiques de déségrégation raciale dans les années 1970. Racontant comment, petite fille, elle était dans l’un des bus transportant des écoliers noirs dans les quartiers. blanche, elle s’était déplacée, et avait sauté dans les sondages. Mais Kamala Harris a rapidement reculé, luttant pour définir clairement sa candidature. Avant de jeter l’éponge en décembre 2019.

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Ses expériences dans les pouvoirs législatif, judiciaire et exécutif du pouvoir, son image moderne de femme se présentant «Momala», fière de sa famille recomposée, ont néanmoins convaincu son ex-rival Biden de la choisir comme colistière. Pourtant, elle ne pouvait que suspendre cette bonne performance à son record lors des débats démocrates. Et que rien n’est réglé contre Mike Pence.

“Permettez-moi de vous dire une chose. Il est bon en débat », a-t-elle souligné lors d’une réunion en ligne avec les donateurs fin septembre. Et d’ajouter, en riant, comme pour mieux tempérer les attentes sur sa performance: «Je suis donc vraiment inquiet car je ne peux que décevoir. “

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Le monde avec l’AFP

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