Moscovici appelle à une enquête sur la catastrophe et à la transparence sur l’utilisation des dons

Saura-t-on jamais avec précision ce qui s’est passé le soir du 15 avril 2019, dans le cadre de Notre-Dame de Paris? Et à quoi attribuer le départ des flammes qui ont ravagé le bâtiment? Alors que l’instruction judiciaire est toujours en cours, le président de la Cour des comptes Pierre Moscovici a mis les pieds dans le plat mercredi. “Une enquête administrative aurait dû être ouverte immédiatement», A-t-il lancé, lors de la présentation d’un rapport sur la conservation et la restauration de la cathédrale.

Et, toujours selon lui, il n’est pas trop tard et l’enquête peut encore être ouverte. «La gestion d’une cathédrale est très compliquée, il y a un partage des responsabilités entre le clergé, la Ville de Paris et les monuments nationaux, il a indiqué. La conséquence est que la responsabilité de la cathédrale résulte de procédures et de contrats peu clairs, avec des moyens assez faibles et des responsabilités totalement imbriquées.»

L’enquête, même tardive, ne viserait pas tant à trouver d’éventuels coupables, mais à “éviter que cela ne se reproduiseDans les 86 autres cathédrales d’État. Selon les premiers résultats de l’enquête révélés à l’été 2019, l’incendie ne serait probablement pas d’origine criminelle mais accidentel: court-circuit, bout laissé sur le site. Mais un mauvais entretien des installations électriques et une série de dysfonctionnements humains le soir de la catastrophe auraient contribué à rendre l’incendie plus grave qu’il n’aurait dû l’être.

“Marge de progrès sur la transparence”

La Cour des comptes s’est également penchée sur la gestion des dons et la création de l’établissement public chargé de la réalisation des travaux. Au 31 décembre 2019, la levée de fonds s’élève à 824 millions d’euros et mobilise 338086 donateurs. “ Il y a place à l’amélioration de la transparence de l’utilisation de ces fonds»Soulignez les magistrats. Le coût de cette levée de fonds est d’environ 500 000 euros pour certains organismes, dont la Fondation Notre-Dame. Qu’est-ce que c’est classique, aux yeux de la Cour, puisque les fondations ont toujours des frais de gestion. La Fondation du Patrimoine a toutefois renoncé à ces frais.

Nous ne sommes pas convaincus que les bailleurs aient eu l’intention de financer des salaires et des loyers sans rapport avec le site.

Pierre Moscovici, président de la Cour des comptes

La Cour des comptes soulève, plus largement, la question de l’utilisation des dons par les différentes fondations et notamment par l’établissement public chargé de superviser les travaux et dirigé par le général Georgelin. Doté d’un budget annuel de 5 millions d’euros, il emploie 39 personnes et loue des locaux de 476 m² dans le 7ème arrondissement de Paris, pour un loyer d’environ 260 000 euros, charges comprises. «Pour faire simple, nous ne sommes pas convaincus que les bailleurs de fonds visaient à financer des salaires et des loyers sans rapport avec le site.», Souligne Pierre Moscovici.

Afin de “ne les décevez pas “, la Cour réclame le financement de l’établissement public par le ministère de la Culture, dont il dépend. Et promet de faire un deuxième bilan, en 2022.

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