Nicolas Sarkozy entendu par les juges d’instruction

Nicolas Sarkozy a de nouveau été entendu mardi 6 octobre à Paris par les juges d’instruction chargés de l’enquête sur les soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007, a appris l’AFP d’une source judiciaire, confirmant des informations de Mediapart.

L’ancien président de la République n’avait pas été entendu par les juges depuis juin 2019, interrogatoire au cours duquel Nicolas Sarkozy avait dit être “totalement innocent dans cette affaire», A dénoncé un«conspiration», A ensuite refusé de répondre aux questions des juges, le temps de l’examen d’appel visant à annuler l’instruction.

Mis en examen pour “corruption passive»,«dissimulation de détournement de fonds publics“Et”financement de campagne illégal»

Dans cette affaire, Nicolas Sarkozy a été mis en examen en mars 2018 pour “corruption passive»,«dissimulation de détournement de fonds publics“Et”financement de campagne illégal“. Il est également placé sous contrôle judiciaire. Les juges d’instruction anticorruption du tribunal de Paris, Aude Buresi et Marc Sommerer, qui a succédé à Serge Tournaire dans cette affaire, pourraient interroger Nicolas Sarkozy sur des paiements en espèces qui auraient été effectués via l’un de ses anciens collaborateurs, Thierry Gaubert, mis en examen le 31 janvier pour “conspiration».

Les enquêteurs se demandent si un tel transfert aurait pu être utilisé in fine pour alimenter en numéraire le budget de la campagne victorieuse de Nicolas Sarkozy. Contacté, l’entourage de l’ancien président n’a pas répondu aux demandes de l’AFP. Cet interrogatoire intervient après un arrêt de la cour d’appel de Paris du 24 septembre, qui a largement validé l’enquête.

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Saisie par l’ancien chef de l’Etat et ses anciens ministres Claude Guéant, Eric Woerth et Brice Hortefeux, ainsi que l’homme d’affaires Alexandre Djouhri, qui a soulevé toute une série de nullités, la chambre d’instruction a validé les enquêtes lancées il y a huit ans dans ce cas aux multiples ramifications. Nicolas Sarkozy a interjeté appel en cassation le 28 septembre contre ce jugement, tout comme Eric Woerth, Claude Guéant et Alexandre Djouhri, a déclaré à l’AFP une source judiciaire.

Des indices inquiétants

L’enquête a été ouverte après la publication par Mediapart en 2012, entre les deux tours présidentiels, d’un document censé prouver que la campagne victorieuse de Nicolas Sarkozy avait été financée par le régime de Mouammar Kadhafi.

Témoignages de dignitaires libyens, notes des services secrets de Tripoli, accusations d’un intermédiaire … En sept ans de travail, les magistrats ont rassemblé une somme d’indices inquiétants qui ont donné corps à cette thèse. En novembre 2016, l’homme d’affaires Ziad Takieddine – mis en examen dans cette affaire et en fuite depuis sa condamnation en juin dans le volet financier de l’affaire Karachi – affirmait avoir remis cinq millions de dollars entre fin 2006 et début 2007. euros à Nicolas Sarkozy, puis ministre de l’Intérieur, et à son chef de cabinet Claude Guéant. Cependant, aucune preuve matérielle n’a encore été trouvée, même si des mouvements de fonds suspects ont conduit à neuf mises en accusation à ce jour.

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