septembre 23, 2020

Mercatoshow.com

Monde des nouvelles complet

non, une mutation n’a pas rendu le virus moins virulent qu’avant

Certains articles partagés sur les réseaux sociaux suggèrent que le nouveau coronavirus est désormais moins virulent qu’il ne l’était au moment du pic de l’épidémie après avoir muté. Ce n’est pas ainsi. L’erreur découle d’une mauvaise interprétation de plusieurs hypothèses scientifiques.

Nouvelles particules de coronavirus. © AFP / KTS / SCIENCE PHOTO LIBRARY

Le spécialiste des maladies infectieuses a été très clair. “L’histoire d’un virus qui serait moins transmissible ou moins grave est une histoire totalement construite, on ne sait encore rien”, explique Karine Lacombe, chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital Saint-Antoine à Paris, lundi matin sur France Inter. A l’origine de cette petite musique, plusieurs études dont celui publié dans “Cell”, extrêmement relayé ces derniers jours, évoquant une mutation de Sars-CoV-2, le virus à l’origine du Covid-19. Cette mutation l’aurait fait “moins agressif” plus “plus contagieux”. Certains pensaient y voir un indice expliquant la faiblesse actuelle de l’épidémie ces dernières semaines, ces derniers mois. Cependant, l’étude ne détaille pas l’état actuel du virus en circulation et n’analyse pas non plus la virulence développée cet été.

Plus un article des Echos, sur la base de ces études, est particulièrement partagée depuis quatre jours (des milliers de fois sur Facebook et Twitter), alimentant parfois le discours anti-masque ou anti-barrière aux gestes. L’article souligne donc que le virus est “devenant tout à la fois plus contagieux mais moins dangereux”. Sauf que l’étude, telle que déchiffrée Le Monde (article réservé aux abonnés) ou franceinfo, suggère en effet que cette mutation – la souche porte le nom D614G – a eu lieu il y a plusieurs mois et appelle surtout à la prudence quant aux conséquences potentielles sur la contagiosité et la gravité des cas liés à cette forme du virus.

READ  Coronavirus: le "Rehab-Covid" sur la piste du traitement des symptômes persistants

La mutation n’est pas nouvelle

Parce qu’en fait, ce n’est pas un changement récent. Elle est même “majoritaire depuis mars en France et identifiée en Allemagne”, Note Twitter le médecin breton Yvon Le Flohic, très actif sur le réseau social et irrité par la diffusion de cette information erronée.

Ceci est confirmé, après vérification, Le magazine Arrêt sur images (article payant) : “La mutation D614G était déjà majoritaire chez les patients en Europe depuis début mars”. Et si la publication date de juillet, les données remontent au moins à avril, comme l’a souligné le professeur Karine Lacombe sur Inter ou comme expliqué dans ce “fil” de l’immuno-oncologue Eric Billy, également très actif sur la question.

Le mirage de la comparaison

Mais alors, comment expliquer que fin août le nombre de personnes positives pour le Covid augmente sans que les hospitalisations ne montent en flèche? Si beaucoup ont très vite voulu voir un lien entre cette étude et la situation actuelle en France, ce n’est pas le cas.

“La courbe épidémique, si elle est moins violente maintenant, c’est d’abord parce que nous sommes en été et que le coronavirus a une base saisonnière – nous risquons d’y revenir quand nous sommes de nouveau en hiver”, précise Olivier Bouchaud, responsable de service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Avicenne de Bobigny (Seine-Saint-Denis), au téléphone de France Inter. “Mais l’autre raison est principalement que le virus affecte les jeunes car ils se protègent moins et ils sont souvent asymptomatiques.”