pourquoi la Suisse veut prendre son temps avant de vacciner sa population

La Suisse avance prudemment face au Covid-19. Contrairement à de nombreux autres pays occidentaux, les Helvètes ne devraient pas commencer à vacciner la population du pays pendant plusieurs mois. “La Suisse n’a pas de procédure d’autorisation d’urgence, même en cas de pandémie”, explique à l’AFP Claire-Anne Siegrist, directrice du centre de vaccinologie des Hôpitaux universitaires de Genève.

En Suisse, l’autorité de régulation des produits thérapeutiques, Swissmedic, exige plus de données pour les nouveaux vaccins que celles qui peuvent être considérées comme suffisantes pour une autorisation d’utilisation d’urgence dans d’autres pays. “Pour être clair, les agences européennes et américaines demandent deux mois de suivi. En Suisse, nous gardons la règle habituelle qui est de dire: nous suivons plus de deux mois., détaille celui qui est surnommé “la popesse du vaccin” par les médias suisses. Habituellement, c’est jusqu’à la fin de l’essai de phase 3, qui dure par définition six mois. “

Le pays a déjà commencé à anticiper la suite en commandant 16 millions de doses aux laboratoires Oxford-AstraZeneca, Pfizer-BioNTech et Moderna. Cela permettra aux 8,6 millions d’habitants du pays de se faire vacciner, puisque ces vaccins sont injectés en deux doses. Les trois vaccins sont actuellement examinés par Swissmedic, comme détaillé heidi.news.

Mais il n’est donc pas question de sauter les étapes. “Quand on a quatre-cinq mois de suivi, on est beaucoup plus paisible que quand on n’a que deux mois. C’est une sécurité supplémentaire qui, en Suisse, répond à la demande d’une grande partie de la population.” information “, réexpliquer Claire-Anne Siegrist. Comme en France, la population suisse n’est pas encore convaincue par le vaccin. Près de la moitié (47%) de la population hésite à se faire vacciner et un quart refuse catégoriquement, selon un sondage dirigé par la Société suisse de radiodiffusion.

“Il y a une grande partie de la population qui est dans le doute complet pour une raison simple que je partage: nous n’avons eu que des communiqués de presse.”

Claire-Anne Siegrist

à l’AFP

Le directeur du centre de vaccinologie des Hôpitaux Universitaires de Genève explique qu’ilcette partie de la population “Peut-être pense que oui, peut-être non. Son choix dépendra de la qualité des informations que nous pouvons lui donner et de la confiance qu’elle aura dans ces informations”. D’autre part, le la proportion d’anti-vaccins, bien qu’elle soit très active sur les réseaux sociaux, n’est pas plus importante en Suisse qu’ailleurs, selon Claire-Anne Siegrist. “Elle est beaucoup plus faible qu’en France.”

“Aujourd’hui, cette prudence est justifiée car, en Suisse, nous ne sommes pas dans la situation catastrophique des Etats-Unis”, réexpliquer Claire-Anne Siegrist. La Suisse a réussi à redescendre, selon les derniers chiffres, en dessous de 5 000 cas quotidiens de contamination. “Nous avons le même virus partout, mais nous avons réussi à le limiter avec des mesures restrictives pour la vie individuelle, pour l’économie, etc.”, ajouter le “papesse du vaccin”.

Claire-Anne Siegrist espère toujours une campagne de vaccination dans un délai raisonnable. «Dans deux mois, j’aimerais beaucoup que nous puissions commencer à vacciner car nous aurons les données, et cela m’ennuierait beaucoup si, pour des raisons bureaucratiques, nous devions attendre et encore attendre une autorisation., prévient-elle. Pouvoir se donner un ou deux mois de plus, voir s’accumuler les données à prélever dans les pays qui commenceront à vacciner plus tôt et voir que tout va bien, cela me semble aujourd’hui raisonnable dans la situation en Suisse. “

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