octobre 29, 2020

Mercatoshow.com

Monde des nouvelles complet

Pourquoi le virus circule-t-il plus activement dans la ville rose?

Sur les bords de Garonne, le masque est obligatoire, comme partout à Toulouse. (Illustration) – B. Colin / 20 minutes

  • En Occitanie, 351 cas positifs ont été détectés chaque jour la semaine dernière, contre 279 cas quotidiens la semaine précédente.
  • Le virus circule activement, en particulier à Toulouse où le taux d’incidence est de 77 pour 100 000 habitants, au-dessus du seuil d’alerte de 50/100 000 habitants.
  • Plus de personnes présentes cet été à Toulouse, plus de rejets peuvent aussi expliquer la circulation importante du virus, notamment chez les jeunes.

En milieu de semaine dernière, le préfet de la Haute-Garonne, en accord avec le maire de Toulouse et les autorités sanitaires, a pris la décision d’imposer le port d’un masque obligatoire dans l’ensemble
Ville rose se battre contre
coronavirus.

Une première dans une grande agglomération, où jusqu’à présent, seuls certains secteurs étaient concernés par cette obligation. Mais les mauvais chiffres de la quatrième plus grande ville de France ont décidé les autorités à passer à la vitesse supérieure.

Le taux d’incidence a triplé en moins d’un mois

Le seuil d’alerte de 50 cas positifs détectés pour 100 000 habitants, le fameux taux d’incidence, a en effet été dépassé au cours de la semaine du 10 août, alors qu’il était de 20 cas pour 100 000 habitants fin juillet. Le 17 août, il avait atteint 64,2, «et nous avons atteint le taux de 77 pour 100 000 vendredi dernier», note François Chollet, conseiller municipal délégué chargé de coordonner la lutte contre le Covid-19.

De quoi mettre sur les dents tous les responsables locaux, d’autant plus que jusqu’à présent, la Haute-Garonne avait été plutôt épargnée par la pandémie. Il est difficile d’expliquer cette augmentation des cas par un seul facteur. “Nous n’avons pas de vraies explications, il y avait plus de monde à Toulouse cet été que d’habitude, cela a également été observé aux urgences où il y avait plus de passages toutes pathologies confondues”, souligne Muriel Alvarez, responsable de la locomotrice d’immunologie de l’inflammation et de l’infection
CHU de Toulouse.

Il y a eu également d’autres projections, les autorités ayant décidé de mettre le paquet sur les tests. En Occitanie, la semaine dernière, plus de 60 000 tests ont été réalisés, 5 000 de plus que la semaine précédente. Et chaque jour, plus de 351 cas positifs ont été détectés, contre 279 la semaine précédente.

A Toulouse, entre le 7 et le 22 août, 12 021 personnes sont passées par les quatre lecteurs «publics» qui ont été créés sur les ruelles Jules-Guesde, à Borderouge, Bellefontaine et les Argoulets. En une demi-heure, avec ou sans ordonnance médicale, malade ou non, chacun peut avoir droit à un prélèvement nasal gratuit. Un autre essai routier sur voie publique devrait voir le jour dans le quartier Saint-Cyprien.

Mais pour les spécialistes, ce n’est pas le nombre de tests effectués qui montre que le virus circule davantage. “Il y a une augmentation du nombre de cas, mais aussi une augmentation du taux de positivité des tests, en juillet il était de plus de 1% dans la région, aujourd’hui il est de plus de 3%”, poursuit l’infectiologue.

Les jeunes les plus touchés

Et ce sont les 20-30 ans qui sont les plus touchés. «Sur les réseaux sociaux, nous avons vu des vidéos de fêtes de famille, ou dans certains bars. Nous avons eu l’impression qu’il y avait des excès. Et on appréhende très clairement le retour à l’école et à l’université, car d’ici quelques jours, il y a une réalité, Toulouse aura 110 000 étudiants de retour sur le campus », insiste François Chollet. Une détente, notamment chez les plus jeunes, qui incite les responsables politiques et sanitaires à les cibler.

Un drive-test sera donc installé à la station Université Paul-Sabatier dans les prochains jours.

Ce jeudi, un dispositif temporaire de prélèvement PCR sera également ouvert sur la place Saint-Pierre. La semaine dernière, en soirée, près de 430 personnes ont été testées lors d’une campagne similaire organisée dans ce haut lieu festif de la Ville Rose.

«On sait que dans 99% des cas, les jeunes ne développent pas de pathologie grave, ils sont peu ou asymptomatiques. Le fait qu’ils soient testés est un signe positif, cela signifie qu’ils sont conscients de la possibilité d’infecter leur famille. C’est très citoyen », note Muriel Alvarez.

“Un test n’est pas un chèque en blanc”

Cette jeunesse des personnes testées positives explique certainement qu’il n’y a «que» 28 patients hospitalisés au CHU de Toulouse, dont quatre en réanimation.

«Quand il y a un tsunami, la mer recule avant qu’il y ait une vague. On pourrait donc craindre les signes avant-coureurs d’un tsunami, mais on ne sait pas ce que demain nous réserve », reconnaît Jean-Michel Mansuy, virologue au service de biologie du CHU de Toulouse. Pour ce spécialiste, une chose est cependant certaine, “un test n’est pas un chèque en blanc”. «Les biologistes doivent constamment expliquer que c’est une photo en ce moment, on peut être négatif un jour et positif le lendemain matin. L’important est de bien faire passer le message pédagogique sur les modes de transmission », insiste-t-il.

READ  Tour de France - Chris Froome et Geraint Thomas absents du Tour!