octobre 29, 2020

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Progression du coronavirus: frisson ou emballement?

Depuis plusieurs semaines, les indicateurs montrent une circulation accrue du coronavirus en France, alors que la situation reste relativement stable dans les hôpitaux. Comment expliquer ce paradoxe? Cependant, sommes-nous à l’abri d’une nouvelle fugue de l’épidémie de Covid-19?

Mise à jour sur la situation

Plus de 4500 nouveaux cas positifs de coronavirus ont été détectés quotidiennement jeudi et vendredi, chiffres inédits depuis mai, selon Santé publique France (SpF).

Depuis plusieurs semaines, cet indicateur ne cesse de croître (+ 43% la semaine dernière, + 39% la semaine précédente), alors que le taux de dépistage est “stable”, observe l’agence de santé, qui rapporte dans son dernier bulletin d’un doublement de cas tous les 17 jours.

Autres marqueurs de la “forte progression de la circulation du virus”: le nombre de nouveaux foyers de cas groupés (“clusters”) est “toujours en augmentation” et le taux de reproduction (appelé “R”) est d’environ 1, 3 puisque le fin juillet. Ce nombre indique le nombre moyen de personnes infectées par chaque porteur du virus. Lorsqu’il est supérieur à “1”, l’épidémie se développe.

Résultat: sept départements sont désormais considérés comme «très vulnérables» à l’épidémie et 31 «modérés».

Raisons de ne pas dramatiser

Le nombre de cas détectés la semaine dernière (environ 16 800) est plus élevé qu’il ne l’était à la mi-mars, lorsque la garde a commencé. Cependant, il est difficile de comparer: peu de tests ont été réalisés à l’époque, et principalement sur des patients atteints de formes sévères, alors qu’aujourd’hui près de 700 000 tests sont réalisés par semaine et plus de la moitié des tests positifs concernent des personnes sans symptômes.

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Autre argument optimiste: le nombre de nouvelles contaminations augmente depuis plusieurs semaines, mais il n’y a pas eu d’évolution notable du nombre de personnes hospitalisées ou en réanimation. Depuis le pic atteint le 8 avril, avec 7 148 patients en réanimation, ce chiffre a continué de baisser jusqu’à fin juillet et a peu évolué depuis (379 ce week-end).

Pour l’épidémiologiste Antoine Flahault, c’est l’essentiel. “Nous n’avons pas d’augmentation des hospitalisations ou des décès, ce qui serait un signal d’alarme beaucoup plus inquiétant.” «Nous profitons d’un merveilleux répit estival en Europe de l’Ouest», ajoute-t-il, alors que ce n’est pas le cas ailleurs (Israël, Afrique du Sud ou Australie).

Plus de cas positifs détectés mais pas d’impact majeur sur les hôpitaux: le virus «semble circuler préférentiellement pour le moment dans des populations peu fragiles, peu sensibles aux formes graves d’infection: populations jeunes ou personnes qui n’ont pas de facteur de risque» , a récemment estimé le virologue Vincent Maréchal sur France 2.

Peut-être parce que les moins de 65 ans ont repris leurs interactions sociales plus que leurs aînés, avec moins de respect pour les gestes barrières (salutation sans baiser, distance physique, lavage des mains, etc.), selon les dernières enquêtes des autorités sanitaires.

«Des changements de comportement tels qu’une meilleure hygiène des mains et une« distanciation physique »signifient que les personnes infectées sont infectées avec« une dose virale plus faible que dans la période précédant l’accouchement, ce qui entraîne une forme moindre. maladie grave », suggère également Brendan Wren, professeur à la London School of Hygiene and Tropical Medicine.

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Un article publié récemment dans la revue Cell a également relancé l’hypothèse d’une mutation du virus ce qui l’aurait rendu plus contagieux mais moins mortel. Mais de nombreux commentateurs soulignent que cette souche du virus porteur de la mutation a été identifiée depuis avril et circulait en Europe lors de la première vague. Ils considèrent donc qu’il est peu probable que ce soit la cause du taux de mortalité plus faible actuellement observé.

Les points qui inquiètent

“La situation est préoccupante”, juge cependant Renaud Piarroux, chef de service à La Pitié-Salpêtrière (AP-HP). Plus le nombre de nouveaux cas progresse, “plus les besoins en tests, en échantillonneurs de laboratoire, en traçage augmentent”, et “plus le risque d’être dans une situation où il sera difficile d’identifier tous les cas” et où nous perdrons le contrôle du virus, explique-t-il.

Pour d’autres médecins, la propagation aux populations à risque (personnes âgées ou présentant un facteur de fragilité comme le diabète ou l’obésité) de l’augmentation de la circulation du virus n’est qu’une question de temps. «Une augmentation» de la proportion de nouveaux cas, certes moins forte que dans les autres tranches d’âge, est déjà «observée chez les personnes de plus de 65 ans», précise la SpF.

“L’épidémie recommence, c’est assez sûr”

Et même si les chiffres dans les hôpitaux n’ont rien à voir avec ce qu’ils étaient au printemps, il y a une «tendance à la hausse des nouvelles hospitalisations et des admissions en réanimation», prévient l’agence de santé.

Les nouvelles hospitalisations de patients Covid-19 ont franchi la barre des 1000 la semaine dernière contre 780 la semaine précédente, en hausse de quatre semaines, et les nouvelles admissions en soins intensifs sont passées à 128, contre 122 début août et 105 fin juillet.

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Alors qu’en moyenne 10 patients par jour entraient en réanimation mi-juin-début juillet, «nous en avons atteint une vingtaine» actuellement, souligne l’épidémiologiste Catherine Hill. “L’épidémie recommence, c’est assez sûr.” Elle déplore une politique de dépistage encore trop centrée sur les personnes présentant des symptômes et leurs cas de contact.