janvier 20, 2021

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Que savons-nous des «longs Covid», ces patients qui vivent l’enfer depuis plusieurs mois?

DÉCRYPTION

Ils sont appelés le “long Covid”. Ces patients ont contracté coronavirus parfois il y a neuf mois et toujours dans la douleur. Si au départ les médecins ne les ont pas pris au sérieux, une étude de l’Hôtel-Dieu de Paris estime qu’ils représentent jusqu’à 30% des patients. Des patients qui souffrent, toujours par poussées, de fatigue écrasante, de troubles neurologiques ou de toux intense, même s’ils ont été infectés en mars. Parmi eux, Alice, rencontrée par Europe 1, vit une véritable épreuve.

“C’est tellement douloureux qu’on ne peut pas dormir dessus”

«La fatigue est écrasante, vraiment», témoigne cet ancien marathonien de 47 ans qui courait jusqu’à 60 kilomètres par semaine. «J’ai des rechutes si je fais trop d’activité. C’est une gêne respiratoire, une douleur cutanée et une inflammation. C’est tellement douloureux que tu ne dors pas. Des mois après son infection, Alice a donc besoin, en plus de son médecin généraliste, d’être suivie par «un dermatologue, un pneumologue, un endocrinologue», voire un gynécologue. Car le coronavirus a provoqué dans ses «hallucinations hormonales des bouleversements». L’ancien athlète a également dû subir une intervention chirurgicale il y a deux semaines “de cet endroit”.

Un «trouble physique» donc, mais aussi une souffrance psychologique: «on a l’impression d’être emprisonné dans un corps que l’on ne reconnaît plus. Cela crée beaucoup de chagrin, des moments de solitude et c’est surtout stressant. douleur “. Une souffrance qu’Alice vit au quotidien depuis huit mois maintenant.

Un phénomène qui affecte les patients avec une forme légère au printemps

Afin de comprendre pourquoi des patients comme Alice ont subi le martyre pendant des mois, une équipe de l’hôpital de l’Hôtel-Dieu à Paris a mené une étude sur 70 de ces patients. Et les soignants ont notamment pu dresser un portrait robotique du “long Covid”: ce sont généralement des jeunes, principalement des femmes, qui ont contracté une forme bénigne du virus, sans se rendre donc à l’hôpital. Mais des mois après leur infection, ils continuent de présenter trois types de symptômes.

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«D’abord une fatigue souvent accablante, qui les obligeait parfois à interrompre à nouveau leur travail quand ils l’avaient repris», indique au micro d’Europe 1 le professeur Dominique Salmon-Céron, qui a coordonné l’étude. “Ensuite, nous avons des signes neurologiques de problèmes de concentration, des problèmes de mémoire, des maux de tête aussi. Enfin, nous avons des signes cardiothoraciques, c’est-à-dire toux, douleurs, variations de la fréquence cardiaque”. Les symptômes s’ajoutent parfois à une nouvelle perte d’odorat, à des problèmes digestifs ou à des problèmes de peau.

Des causes encore floues et un virus toujours présent dans l’organisme

Si le profil type d’un «long Covid» est donc relativement précis, les causes de la durée des symptômes restent encore assez floues. Les chercheurs en sont encore au stade de l’hypothèse, mais l’étude a révélé que 10% des 70 patients avaient encore le virus dans leurs sécrétions nasales quatre mois après leur infection. Preuve que le Covid peut durer plusieurs semaines dans l’organisme. Pour 90% des autres patients, les soignants tentent de déterminer si le coronavirus aurait pu survivre autrement, ailleurs dans le corps.

Mais ces avenues ne sont pas les seules, loin de là: réinfection possible, terreau génétique fertile pour Covid-19 … la recherche continue à comprendre le phénomène et, in fine, mettez-y un terme. Pendant ce temps, les autorités sanitaires commencent également à étudier le cas du «long Covid», mais cette fois pour développer un meilleur accompagnement de ces patients et aussi pour les reconnaître comme tels.

De leur côté, certains “longs Covid” n’ont pas attendu pour se regrouper. C’est ainsi que l’association “Après D20 Covid-long en France“, une association qui vise à fédérer et à mieux informer les patients et leurs familles sur cette forme longue du coronavirus. L’association travaille également à la mise en place d’un parcours de soins pluridisciplinaire.

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