décembre 5, 2020

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Reconfinement: un plan injuste, selon le patron des patrons

Avec la recomposition annoncée ce mercredi soir par Emmanuel Macron, Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, craint une vague de faillites parmi les commerçants si des mesures ne sont pas prises dans les quinze jours pour leur réouverture. «Il y a un sentiment d’injustice très fort chez les entrepreneurs: la contamination a lieu dans la sphère privée et ce sont les entreprises, et donc les salariés, qui sont pénalisées», déplore le patron des employeurs.

Approuvez-vous la stratégie de lutte contre la deuxième vague présentée par Emmanuel Macron?

GEOFFROY ROUX DE BÉZIEUX. Je ne suis pas médecin et donc je n’ai pas d’avis médical sur le sujet. Ce que je peux vous dire, c’est que ces mesures de confinement sévères provoqueront un choc économique important. Avec la fermeture des magasins et des restaurants, et «l’effet de halo» sur le reste de l’économie, on devrait perdre en novembre entre 50 et 75 milliards de PIB en novembre. L’impact sera très fort. Quel que soit le niveau de l’aide gouvernementale, il y aura beaucoup de faillites, notamment parmi les 330 000 entreprises du commerce qui exercent l’essentiel de leur activité entre le 1er novembre et le 15 décembre. Les dégâts seront très importants.

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Le président de la République a parlé d’un équilibre entre la lutte pour la santé et la protection de notre économie. Cet équilibre a-t-il été atteint?

Non. Le pendule s’incline vers la santé. C’est un choix que je peux comprendre mais qui n’est pas équilibré. Dans l’ordre des priorités fixées par le président de la République, la protection de l’économie passe en dernier.

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Les mesures de soutien aux entreprises, y compris le renouvellement du chômage partiel, soutiennent jusqu’à 10 000 euros par mois de perte de chiffre d’affaires, sont-elles suffisantes?

Les mesures d’accompagnement sont à la hauteur de la tâche. Mais, dans l’hôtellerie et la restauration, les gens n’ont plus d’espoir, plus d’avenir. Ils vont simplement laisser tomber. Ce qui manquait dans le discours du président, c’est de nous expliquer ce qui se passera après le 1er décembre. Je suis prêt à croire que l’enfermement arrêtera l’épidémie et que nous allons déconfiner avant les vacances de Noël, mais nous reconfigurerons en mars pour faire face au troisième vague. Nous ne pouvons pas confiner et déconfiner de façon permanente, sinon des centaines de milliers d’entreprises disparaîtront. Nous avons hâte qu’un vaccin arrive l’été prochain. Ce qu’il faut maintenant, c’est discuter avec les professionnels pour voir comment fonctionner le plus normalement possible avec le Covid.

Appelez-vous à la réouverture de toutes les entreprises?

Le président de la République a ouvert une porte en affirmant que la situation de fermeture d’entreprises non essentielles sera examinée au bout de quinze jours. Tous les secteurs fermés à partir de jeudi soir doivent avoir l’occasion, ce qui n’a pas été fait sérieusement jusqu’à présent, de discuter pour rouvrir. Il y a un sentiment d’injustice très fort chez les entrepreneurs: la contamination a lieu dans la sphère privée et ce sont les entreprises, donc les salariés, qui sont pénalisées. Trouvons des solutions pour rouvrir les entreprises d’ici 15 jours. Sur ce point, le premier ministre ne nous a pas entendus. Le conseil scientifique ne dit pas que les contaminations ont lieu dans les magasins, bien au contraire. Les masques sont portés, les clients se lavent les mains en entrant et en sortant.

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Le président a appelé chacun à son niveau à participer à l’effort. Appelez-vous également les banques, les assureurs et les donateurs à faire preuve de solidarité?

Les banques, elles ont énormément joué le jeu et on discute déjà de l’échéance de mars et d’une forme de délai supplémentaire pour le remboursement des prêts garantis par l’Etat, le PGE. Les assureurs s’engagent à mieux contribuer à l’économie. Enfin, sur les loyers, on attend du ministre de l’Économie une mesure de crédit d’impôt qui permettrait aux loueurs de faire un geste sur les loyers. Mais, vous savez, les entreprises ont joué le jeu de la solidarité, y compris vis-à-vis de leurs salariés. 82% d’entre eux se sentent protégés par leur entreprise. Je le répète, la contamination a lieu dans la sphère privée, les entreprises ne sont pas responsables de la situation.