septembre 23, 2020

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Reprise de Courtepaille: les salariés divisés

Dans le hall du tribunal de commerce d’Evry-Courcouronnes (Essonne), Stéphanie, 33 ans, assistante gérante au restaurant d’Orléans (Loiret), est impatiente. Alors que l’avenir de Courtepaille se joue à quelques mètres de là, ce lundi 14 septembre, dans la salle d’audience où les trois candidats au rachat détaillent à leur tour leur offre, cette déléguée syndicale CGT est là pour soutenir sa préférée. «D’un point de vue social, la proposition de Buffalo Grill est la plus intéressante», assure-t-elle, en soutenant des chiffres: «sur les 187 restaurants en succursale, ils prendraient 145 plus huit établissements qui passeraient en franchisés. Contre 140 et 131 pour les deux autres », dit-elle, tandis que les trois proposent également de conserver les 92 restaurants franchisés.

Placée en redressement judiciaire fin juillet, Courtepaille a subi de plein fouet la crise sanitaire de Covid-19, avec un chiffre d’affaires en baisse sur l’année. Quatre acquéreurs ont déposé une offre le 24 août: Buffalo Grill, donc, le groupe Bertrand (Burger King, Hippopotamus…), le fonds d’investissement Butler Capital et Naxicap, qui s’est depuis retiré. «Nous aurions évidemment préféré un projet de reprise totale des activités», regrette Pascal Zoublir, délégué central CGT, également présent au tribunal. “Mais avec Buffalo Grill, on limite la casse”, ajoute-t-il, tandis que Jocelyn Olive, le directeur général du chef de la restauration à table, s’engage, au Parisien – Aujourd’hui en France, à “Préserver 85% des emplois” . “Sans compter que ses propositions de reclassement sont également plus intéressantes et précises”, précise le syndicaliste.

“J’ai peur que nous revivions bientôt la même histoire”

Cependant, l’offre de Buffalo Grill ne fait pas l’unanimité. D’autant que le groupe Bertrand a revu à la hausse, passant d’une proposition de 127 à 140 restaurants en succursales reprises (en plus des 92 franchisés). «Personnellement, j’ai tendance à favoriser Olivier Bertrand. Il a plus d’expérience dans le redressement des affaires et a une meilleure solidité financière. C’est plus rassurant sur le long terme », plaide Yan Dubaele, assistant de direction au restaurant du Stade de France (Seine-Saint-Denis) et délégué central CFTC. «Sur le papier, l’offre de Buffalo semble plus intéressante. Mais n’oublions pas qu’ils appartiennent à un fonds d’investissement anglais. Ils souhaitent également transférer 35% du parc à des franchisés d’ici deux ans et déplacer le siège social. J’ai peur que nous revivions bientôt la même histoire », ajoute-t-il.

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Selon Stéphanie Dayan, secrétaire nationale à la fédération des services – CFDT, l’offre du groupe Bertrand serait également «soutenue par les représentants du personnel»: «C’est un groupe français aux épaules solides qui propose d’acheter une entreprise française et qui a plutôt une culture du dialogue social. Donc, pour nous, il n’y a pas trop d’hésitation à avoir », dit-elle.

Le nom du futur acheteur ne devrait être connu que dans dix jours, a priori le 25 septembre. Et les employés ont hâte. «Ce climat d’incertitude pèse sur nous. D’autant que beaucoup d’entre nous sont encore en activité partielle, avec une perte de revenus donc, parce que certains restaurants sont toujours fermés ou tournent au ralenti, soupire Laëtitia, table d’hôtes au restaurant de Villiers-en-Bière (Seine-et-Marne) et a élu CGT. Nous avons hâte que cela se termine, pour enfin savoir. “